Eni et Mercuria s'allient dans le négoce d'énergie
(Zonebourse.com) - Le géant italien des hydrocarbures Eni et Mercuria (groupe suisse spécialisée dans le négoce de pétrole et de produits pétroliers) ont signé un accord pour créer une coentreprise dédiée au trading de matières premières énergétiques sur les marchés mondiaux de l'énergie. La finalisation de la transaction reste soumise aux approbations réglementaires habituelles et à d'autres conditions suspensives. Aucun détail financier n'a filtré sur cette transaction.
Une structure indépendante à parts égales
Détenue à 50/50, cette coentreprise fonctionnera de manière indépendante et non consolidée via une structure de holding dotée de plateformes de négoce internationales. "Elle couvrira certaines activités de commercialisation et de négoce incluant, sans s'y limiter, des matières premières telles que le pétrole, les biocarburants, le gaz, le GNL ainsi que les droits logistiques et d'infrastructure associés", indique Eni dans un communiqué publié ce matin.
Pour Stefano Pujatti, directeur du trading mondial (Global Trading) chez Eni, "la logique stratégique de cette coentreprise est d'élargir l'empreinte du groupe dans le négoce, d'améliorer la rentabilité des deux partenaires et de générer de la valeur à long terme grâce à l'efficacité opérationnelle et à une gestion rigoureuse des risques."
Les deux entreprises sont convaincues que cette coentreprise créera d'importantes opportunités de croissance, permettant aux partenaires de dégager des synergies et de mener des initiatives de développement conjoint, tout en s'appuyant sur leurs portefeuilles d'actifs et leurs capacités de trading pour bâtir un acteur de premier plan mondial dans le négoce.
Cette initiative s'inscrit dans la transformation du modèle de négoce d'Eni qui cherche à améliorer la gestion des actifs, accélérer la génération de flux de trésorerie issus des activités de trading, tout en s'appuyant sur l'expertise de la société de négoce mondiale Mercuria.
AlphaValue mitigé
Tout en reconnaissant que cette coentreprise comble un véritable manque pour le groupe italien, Frédéric Lorec, analyste pétrole chez AlphaValue, affiche un certain scepticisme face à ce modèle.
Premièrement, il souligne qu'"Eni a arrêté le trading pour compte propre (proprietary trading) en 2019. Le groupe italien repart donc de zéro sur cette activité, alors que ses pairs européens l'ont maintenue et développée en interne durant toutes ces années".
L'analyste relève ensuitequ"au premier trimestre 2026, la flambée liée à la guerre entre l'Iran et les États-Unis a généré environ 4,75 milliards de dollars de bénéfices cumulés supplémentaires chez BP, Shell et TotalEnergies, selon le Financial Times. Alors que cette marge est restée à 100 % au sein de ces trois majors, la moitié de la marge générée sur les barils d'Eni reviendra ici à Mercuria. Le rattrapage d'Eni sera donc structurellement plafonné.
Frédéric Lorec soulève aussi un risque d'asymétrie d'information : "Mercuria aurait accès aux détails des volumes, des coûts et des positions de couverture (hedging) d'Eni. Offrir un tel niveau de transparence à un trader indépendant, qui négocie également pour son propre compte et pour d'autres clients, crée un risque de conflit d'intérêts difficile à surveiller pour un investisseur extérieur".
Le partage de la marge et le risque lié aux prix de transfert (c'est-à-dire le prix auquel Eni vend ses barils à la coentreprise avant que Mercuria ne les revende sur le marché) plafonnent le potentiel de hausse (upside) pour Eni par rapport à ses pairs. Alphavalue est mitigé sur cette opération : "Nous n'attendons pas de catalyseur haussier à court terme."
Suite à l'annonce de cette coentreprise, Eni enregistre l'une des plus fortes baisses du FTSE MIB, cédant 1,09% à 20,40 euros.
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source : AOF
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