La valeur du jour à Paris Kering bondit, les résultats 2025 suscitent l'espoir en attendant le point stratégique d'avril
L'action Kering signe, de loin, la plus forte hausse de l'indice CAC 40 mardi matin à la Bourse de Paris dans le sillage de résultats annuels 2025 ressortis un peu au-dessus des attentes, qui relancent les espoirs d'un redressement du groupe de luxe français en perspective du point stratégique très attendu de son nouveau directeur général Luca de Meo, prévu le 16 avril prochain.
Peu avant 11h00, le titre s'adjuge plus de 11% dans des volumes particulièrement soutenus, ce qui permet au CAC 40 (+0,4%) d'afficher l'une des meilleures performances des marchés d'actions européens en fin de matinée.
Dans un communiqué publié tôt ce matin, Kering a annoncé que son chiffre d'affaires au quatrième trimestre s'était inscrit en retrait de 9% en données publiées et de 3% sur une base comparable, reflétant l'amélioration progressive de son activité enregistrée au cours de l'année.
A titre de comparaison, le consensus visait une baisse de 5% de ses ventes sur les trois derniers mois de l'année en données comparables.
Sur le quatrième trimestre, le chiffre d'affaires de Gucci - sa marque principale - a reculé de 10% en comparable, alors que les analystes anticipaient un repli de 11%, traduisant une nouvelle amélioration séquentielle de sa dynamique commerciale.
Sur l'ensemble de l'exercice 2025, le chiffre d'affaires de Kering totalise 14,7 milliards d'euros, en retrait de 13% en données publiées et de 10% en données comparables.
C'est un peu mieux que la prévision moyenne des analystes, qui s'était établie à 14,6 milliards.
Côté résultats, le bénéficie opérationnel courant a atteint 1,6 milliard d'euros, en baisse de 33% en comparaison de 2024, donnant une marge opérationnelle courante de 11,1% en 2025, contre 14,5% en 2024. Le cash-flow libre opérationnel de 2025 s'établit à 4,4 milliards d'euros.
Le groupe indique qu'il prévoit par ailleurs le paiement d'un dividende ordinaire en numéraire de 3 euros par action, dont un acompte de 1,25 euro par action a déjà été versé le mois dernier, ainsi qu'un dividende exceptionnel d'un euro par action au titre de la cession de Kering Beauté à L'Oréal, dont la finalisation est attendue dans le courant du premier semestre.
Au-delà des résultats dégagés sur l'année écoulée, tous les regards se tournent surtout vers les perspectives pour 2026, un exercice qui doit marquer, à en croire le propriétaire des marques Yves Saint Laurent, Bottega Veneta ou Boucheron, le retour à la croissance et à une amélioration des marges.
"Les performances affichées en 2025 ne reflètent pas le véritable potentiel du groupe", a assuré ce matin Luca de Meo, son directeur général depuis septembre dernier, qui prévoit de présenter une nouvelle feuille de route stratégique le 16 avril prochain à l'occasion de la prochaine journée d'investisseurs du groupe.
D'après l'ex-patron de Renault, l'objectif va consister à relancer la croissance grâce à des stratégies de marque redéfinies, à la mise en place d'une organisation plus efficace et à une discipline financière rigoureuse, autant de leviers qui devraient avoir pour effet de créer un Kering "plus agile et réactif" bénéficiant d'un positionnement renforcé lui permettant de restaurer ses marges et de doper sa génération de trésorerie.
Pour 2026, le consensus anticipe une croissance organique proche de 5% pour une marge opérationnelle de 13,4%, soit une amélioration de 2,3 points par rapport à 2025.
Au sein de la communauté financière, la publication d'aujourd'hui suscitait un espoir réel mais mesuré, dans l'attente de la présentation des détails du nouveau plan stratégique.
"Le bilan est désormais assaini avec une dette nette réduite de 2,5 milliards d'euros à huit milliards d'euros et la cession de Kering Beauté à L'Oréal (pour quatre milliards d'euros), restaurant la flexibilité stratégique nécessaire pour la phase de redressement", réagit Sarah Thirion, chez TPICAP.
D'autres spécialistes font valoir qu'avec un gain de 17,5% sur les 12 mois écoulés, le cours de Bourse intègre déjà le scénario d'un redressement réussi, laissant peu de potentiel haussier supplémentaire à court terme.
"Kering se négocie actuellement à 34 fois le PER estimé pour 2026, à 22 fois la Valeur d'entreprise/EBIT et 2,9 fois la Valeur d'entreprise/CA, ce qui représente une prime par rapport à sa moyenne historique et à celle du secteur, en partie en raison d'une base de résultats déprimée à l'heure actuelle", souligne Piral Dadhania, chez RBC, qui renouvelle ainsi son opinion "performance en ligne avec le secteur".
source : AOF
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