Paris se contracte, le luxe ne scintille plus
(Zonebourse.com) - Après l'enthousiasme des derniers jours lié au sentiment de désescalade au Moyen-Orient, les marchés semblent vouloir temporiser en attendant des avancées plus concrètes sur le dossier. Dans ce contexte teinté d'incertitudes, Francfort grappille péniblement 0,14% devant Londres (-0,36%). Paris recule plus franchement (-0,64%, à 8 274 points), plombée par le luxe.
Les marchés ont été réconfortés en début de semaine par la déclaration de Donald Trump affirmant que Téhéran cherchait "vraiment à parvenir à un accord".
Cette parole rassurante, qui aurait presque un parfum de promesse, n'a pourtant rien de très convaincant. En effet, comme le rappelle Alexandre Baradez, responsable de l'analyse marché chez IG France, le président américain n'a eu de cesse de multiplier les promesses depuis le début du conflit : "nous avons gagné la guerre" (début mars), "la guerre va bientôt s'achever" (10 mars), "Il n'y a plus rien à cibler" (11 mars), "la guerre est sur le point de finir" (24 et 28 mars). Ou encore d'évoquer la fin des hostilités dans "deux à trois semaines" (31 mars), ou "bientôt, très bientôt" (1er avril). Au total, le président a prophétisé plus d'une douzaine de fois la fin imminente du conflit.
Ormuz : les marchés naviguent à vue
La dernière annonce en date semble toutefois avoir convaincu les marchés, d'autant que des signes de détente ont été observés hier du côté d'Ormuz. Aujourd'hui, les données partagées par les sites de suivi du trafic maritime appellent toutefois à la prudence : seuls trois navires ont franchi le détroit au cours des 24 dernières heures.
La hache de guerre semble ainsi loin d'être enterrée : "si les Etats-Unis, pays agressif et terroriste, persistent dans leur action illégale d'imposition d'un blocus maritime dans la région, l'Iran bloquera toutes les opérations d'exportation et d'importation dans le golfe Persique, la mer d'Oman et la mer Rouge", a prévenu le général de division Ali Abdollahi.
Par ailleurs, des responsables américains et iraniens ont démenti aujourd'hui les allégations selon lesquelles les deux pays avaient atteint un "accord de principe" sur la prolongation du cessez-le-feu. Toutefois, "les discussions se poursuivent entre les États-Unis et l'Iran en vue de parvenir à un accord", a précisé un haut responsable américain à CNN.
Dans ce contexte déjà opaque, Donald Trump a ajouté une once de confusion à travers un message un brin énigmatique dans lequel il assure que la Chine est ravie de l'ouverture définitive du détroit d'Ormuz.
"Je le fais aussi pour elle, et pour le monde entier. Cette situation ne se reproduira plus jamais. Ils ont accepté de ne pas envoyer d'armes à l'Iran. Le président Xi me fera une accolade chaleureuse quand j'arriverai dans quelques semaines".
Entre blocus et ouverture définitive, les intervenants comprendront donc ce qu'ils pourront...
Malgré ces doutes, le stress à l'oeuvre sur les marchés est largement redescendu, comme en témoigne le recul du VIX vers 18 points (-2%), tandis que les cours de l'or noir évoluent désormais largement sous les 100 USD le baril, plus précisément à 92,5 USD pour le WTI ( 2,6%) et 95 USD ( 0,3%) pour le Brent.
Paris, plombée par le luxe
Sur les marchés, l'indice parisien a résisté grâce à Publicis ( 3,1%) et Stellantis ( 1,9%) mais est resté largement pénalisé par la forte contraction du luxe avec notamment -9,3% pour Kering. Le groupe doit toujours composer avec les difficultés de Gucci, son principal centre de profits, qui peine toujours à se relancer. Kering voit ainsi son CA reculer de 6% en publié au 1er trimestre, à 3 568 millions d'euros.
De son côté, Hermès abandonne 8,2% après avoir enregistré un CA consolidé de 4,1 MdsUSD au 1er trimestre, en hausse de 6% quand le consensus tablait sur 7%. DZ Bank a d'ailleurs annoncé aujourd'hui avoir abaissé sa valeur intrinsèque sur le titre, la ramenant à 2 100 euros contre 2 600 euros précédemment, suite aux ventes trimestrielles inférieures aux attentes publiées dans la matinée par la maison de luxe parisienne.
Ailleurs en Europe, Adyen et Wolters Kluwer signent les plus fortes hausses du Stoxx 50 avec respectivement 4,1% et 3,2% loin devant ASML (-4,2%) et Safran (-2,7%) qui rejoignent Hermès sur le podium des lanternes rouges du Stoxx 50.
Outre-Atlantique, la saison des résultats s'est poursuivie avec Morgan Stanley qui gagne 4,4% après avoir dévoilé un bénéfice net part du groupe en croissance de 29% à près de 5,57 MdsUSD pour le 1er trimestre 2026, soit 3,43 USD par action, un BPA battant d'environ 13% l'estimation moyenne des analystes.
Par ailleurs, Bank of America ( 1,7%) a publié un BPA en hausse de 25% à 1,11 USD au titre du 1er trimestre 2026, dépassant ainsi d'environ 10% le consensus de marché, grâce notamment à une croissance de 7% de ses revenus nets d'intérêts, à 30,3 MdsUSD.
Des statistiques contrastées à digérer
Sur le front des statistiques, dans l'Hexagone, les prix à la consommation en France ont augmenté de 1,7% en mars 2026, après 0,9% en février, d'après l'INSEE qui confirme ainsi son estimation provisoire pour le mois dernier (tout en rehaussant de 0,1 point son estimation en rythme séquentiel, à 1%).
Dans la zone euro, entre janvier et février 2026, la production industrielle corrigée des variations saisonnières a augmenté de 0,4% tant dans la zone euro que dans l'UE, selon les premières estimations d'Eurostat, l'office statistique de l'Union européenne. En janvier 2026, la production industrielle avait reculé de 0,8% dans la zone euro et de 0,9% dans l'UE.
Enfin, outre-Atlantique, l'indice Empire State de la Fed de New York, qui mesure le niveau de l'activité manufacturière dans cette région, a vivement rebondi en avril. Attendu en très légère amélioration de -0,20 à 0,30 point, il s'est finalement installé à 11 points, son plus haut niveau depuis novembre 2025.
Toujours aux USA, les prix à l'importation se sont accrus de 2,9% en rythme séquentiel, tandis que les prix à l'importation des Etats-Unis ont augmenté de 0,6% le mois dernier.
De leur côté, les prix à l'import et à l'export ont augmenté en mars de respectivement 2,1% et 5,6% en rythme annuel.
Enfin, les données publiées par l'Agence américaine d'information sur l'énergie (EIA) montrent que les stocks de pétrole brut aux Etats-Unis s'élevaient à 463,8 millions de barils lors de la semaine du 6 avril, signalant une baisse modérée de 0,9 million de barils par rapport à la semaine précédente. Ce chiffre constitue une surprise alors que les analystes tablaient sur une hausse de 2,1 millions de barils.
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source : AOF
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