Les marchés sous-estiment l'ampleur des hausses de taux à venir, dit Deutsche Bank
(Zonebourse.com) - Deutsche Bank estime que les marchés financiers pourraient ne pas avoir totalement intégré l'ampleur des hausses de taux à venir, rappelant que l'histoire montre qu'à chaque fois les banques centrales finissent par relever leurs taux plus haut et plus fort que ce que les investisseurs anticipaient au départ.
"La Fed, la BCE et la BoJ ayant toutes rehaussé leurs taux au cours des deux dernières semaines, il est clair que nous sommes de retour dans un cycle de hausse des taux globalement synchronisé, ce qui conduit les marchés à intégrer d'autres relèvements à venir", indique Henry Allen, l'un des stratèges vedettes de la banque d'affaires allemande.
"Si le resserrement monétaire est en cours, il existe des raisons crédibles pour lesquelles les investisseurs risquent de sous-estimer l'ampleur des mouvements à venir", explique l'analyste.
"D'abord, le coup de chaud récent sur les matières premières va continuer de faire grimper l'inflation, même si ce n'est pas encore visible dans les statistiques ni les sondages d'opinion", prévient-il.
"Ensuite, les banques centrales ont tendance à corriger le tir de façon excessive par rapport à leurs précédents choix", rappelle-t-il. "En 2022, tout le monde leur reprochait d'avoir réagi trop lentement face à l'inflation, poursuit le professionnel. Résultat, elles adoptent une posture beaucoup plus dure cette fois-ci".
Selon Deutsche Bank, les conditions financières sont aujourd'hui nettement plus souples qu'elles ne l'étaient au début des hausses de 2022.
Il s'agit, de son point de vue, d'un élément capital : les marchés refusant de revenir eux-mêmes à la raison, les hausses de taux devront taper encore plus fort pour parvenir à maîtriser l'inflation.
Enfin, fait valoir Henry Allen, la grande leçon de l'histoire est que les marchés ont une tendance systématique à sous-estimer l'ampleur des cycles de hausses de taux au moment de leur démarrage.
Des hausses de taux qui semblent pourtant bien intégrées
Ces propos, qui suggèrent des tours de vis monétaires plus prononcés que prévu, interviennent alors que les rendements obligataires se détendent ce lundi.
Celui des Bunds allemands à 10 ans, véritable référence dans la zone euro, lâche 7 points de base à 3,45%, tandis que celui des OAT françaises à même échéance se tasse de 12 points à 4,45%, donnant un "spread" de 100 points, à comparer à un pic de 104 points vendredi qui n'avait plus été observé depuis 2012.
La BCE a relevé au début du mois ses taux de 25 points de base et a laissé entendre qu'une hausse de même ampleur pourrait bien avoir lieu en octobre.
Les décisions pour la suite sont ouvertes mais les investisseurs semblent avoir intégré le scénario de deux autres hausses de taux d'ici à l'été 2027.
Quant à la Réserve Fédérale américaine, elle a procédé la semaine passée à son premier relèvement de taux depuis l'été 2023, alors qu'en janvier dernier les contrats à terme intégraient dans leurs anticipations près de deux baisses de taux de la Fed d'ici à la fin 2026.
Non seulement ces assouplissements ne se sont pas matérialisés, mais les marchés évaluent désormais à 90% la probabilité d'une nouvelle hausse de taux d'ici décembre.
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source : AOF
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