Les Bourses européennes perdent leur élan, le spread poursuit son ascension
(Zonebourse.com) - L'accalmie aura été de courte durée. Hier, la légère détente des rendements obligataires associée à un repli des cours du pétrole avait poussé les marchés à l'optimisme. Paris avait même gagné 0,9% tandis qu'outre-Atlantique, Wall Street opérait un véritable saut de cabri, avec 2,8% sur le Nasdaq 100 et 1,5% pour le Dow Jones. A l'approche de la mi-journée, la dynamique semble nettement retomber sur le Vieux Continent : Paris, Londres et Francfort grappillent entre 0,1 et 0,2%.
Les rendements obligataires relèvent en effet la tête : le 10 ans français évolue désormais autour de 4,50%, tandis que le Bund allemand de même échéance affiche un rendement de 3,45%. Autrement dit, le spread atteint désormais 105 pb et témoigne de l'exigence des investisseurs vis-à-vis de l'Hexagone, dont les incertitudes politiques alimentent la défiance à six mois de l'élection présidentielle. Un tel écart n'avait pas été observé depuis 2012, époque de la crise des dettes souveraines en Europe.
"Si cette prime semble excessive au regard de la notation actuelle de la France, elle reflète fidèlement la dynamique négative de sa signature et les craintes de dégradations futures", note François-Xavier Chauchat, économiste et stratégiste chez Dorval AM.
L'Hexagone fait en effet face à un déficit plus élevé que prévu, une impasse budgétaire et des sondages favorables aux candidats populistes. "Après les élections, les risques se focalisent sur de nouveaux dérapages budgétaires, une possible confrontation avec Bruxelles, une abrogation de certaines réformes, dont celle des retraites, etc.", poursuit l'expert.
Autre point de vigilance des marchés : les cours du pétrole.
Si l'or noir évolue toujours à haute altitude, une légère détente se dessine avec un Brent à 99 USD le baril (-0,9%) et un WTI à 91,5 USD (-0,7%). En l'absence d'avancée au Moyen-Orient, les investisseurs ne semblent toutefois guère miser sur une résolution rapide du conflit.
De son côté, Donald Trump fait mine d'oublier sa responsabilité dans la crise au Moyen-Orient et appelle plutôt à regarder du côté de Moscou : "La Russie a malheureusement perdu le contrôle de son industrie du diesel en raison de la guerre qu'elle mène contre l'Ukraine", a-t-il fait mine de déplorer.
"Un grand nombre de ses raffineries de diesel ont été détruites et sont, du moins temporairement, hors service. Il faut mettre un terme à cette guerre absurde et interminable contre l'Ukraine. Le monde entier en pâtit, alors que 25 000 personnes - pour la plupart des soldats - perdent la vie chaque mois. Quelle honte !", a-t-il ajouté.
Ce matin, l'indice parisien ( 0,15%, à 8 151 points) est tiré par Bureau Veritas ( 1,6%) et Capgemini ( 1,5%), mais freiné par AXA (-1,4%) et Orange (-1,3%).
La prudence reste de mise en Europe, avec un Stoxx Europe 600 qui gagne difficilement 0,2%.
Les valeurs en mouvement
VusionGroup s'enflamme à la Bourse de Paris ( 14%) et signe la meilleure performance du SBF 120 après la publication de ses résultats semestriels, marqués par une hausse de la rentabilité et le maintien des perspectives.
À l'occasion de sa journée investisseurs, Bureau Veritas fait part d'une mise à jour de ses ambitions LEAP | 28, avec un relèvement de son objectif de croissance totale du chiffre d'affaires à deux chiffres pour la période 2027-2028, contre une croissance élevée à un chiffre précédemment.
Ailleurs en Europe, Roche (-0,7%) annonce des résultats globaux positifs pour une étude clinique de phase II évaluant l'enicepatide chez des adultes atteints de diabète de type 2 (DT2) et présentant un surpoids ou une obésité.
Kingfisher bondit de 9% à Londres, dans le sillage d'une publication semestrielle de bonne facture, permettant à la chaîne de rénovation résidentielle de relever ses objectifs pour l'ensemble de son exercice 2026-2027.
TUI resserre sa guidance d'EBIT sous-jacent 2026 à 1,2-1,3 MdEUR, à taux de change constants. Le nouveau point médian reste toutefois inchangé et proche du consensus. Le marché se montre néanmoins prudent ce matin : le titre cède 0,2%.
Novo Nordisk poursuit sa baisse à la Bourse de Copenhague (-0,3%), au lendemain d'une chute de 7,65% consécutive à la journée investisseurs qui n'a pas convaincu.
Enfin, Volkswagen ne parvient pas à rebondir et se dirige vers une troisième baisse consécutive (-1%) ce mardi. Au cours des deux dernières séances, le titre du groupe s'est affaissé de 7,48%, pénalisé par un avertissement sur résultats inattendu, annoncé dans l'après-midi de vendredi.
Copyright (c) 2026 Zonebourse.com - All rights reserved.
source : AOF
■2026 Zonebourse.com - Tous droits de reproduction réservés par Surperformance. Surperformance collecte ses données auprès des sources qu'elle considère les plus sûres. Toutefois, le lecteur reste seul responsable de leur interprétation et de l'utilisation des informations mises à sa disposition. Ainsi le lecteur devra tenir Surperformance et ses contributeurs indemnes de toute réclamation résultant de cette utilisation.
- 0 news.votes.details.count
- 0 news.votes.details.count
- 0 news.votes.details.count
- 0 news.votes.details.count
- 0 news.votes.details.count