Le CAC 40 repasse au-dessus des 8 500 points
(Zonebourse.com) - En l'absence de Wall Street, fermée en raison de l'Independence Day samedi, les Bourses européennes ont achevé la dernière séance de la semaine dans le vert. Elles restent toujours suspendues à la moindre évolution des pourparlers indirects entre les Etats-Unis et l'Iran. Gagnant 0,48%, le CAC 40 a dépassé les 8 500 points (8 508,07), enchaînant une deuxième séance de hausse consécutive. L'indice phare parisien n'avait plus terminé au-dessus de ce seuil depuis le 27 février dernier (8580,75 points, soit la dernière séance avant le début des hostilités au Moyen-Orient). Sur l'ensemble de la semaine, il a porté ses gains à 1,47%, sa meilleure depuis la mi-juin.
Londres, Francfort et Amsterdam ont progressé respectivement de 0,19%, 0,85% et 1,03%.
Dans l'actualité géopolitique de cette semaine, des signes de progrès et d'apaisement sont apparus dans les discussions indirectes et techniques entre les États-Unis et l'Iran. Après des échanges de frappes le week-end dernier qui avaient fragilisé la trêve, Donald Trump a évoqué mercredi l'existence de "très bonnes " réunions à Doha au Qatar, où délégations américaine et iranienne ont mené des discussions sur leur protocole d'accord.
D'après l'agence officielle iranienne Irna, les négociations se sont achevées par un accord autorisant Téhéran à utiliser une partie de ses avoirs gelés au Qatar pour l'achat de marchandises. Par ailleurs, les signataires ont validé l'instauration d'un canal de communication consacré au recensement et au signalement des éventuelles violations de ce protocole.
En outre, au cours d'une réunion à Bahreïn, des responsables de la défense de 12 pays, principalement du Golfe, ont "souligné leur engagement commun en faveur de la libre circulation du commerce" dans le détroit d'Ormuz, a indiqué mercredi sur X le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom).
Pour J. Safra Sarasin, "l'accord conclu entre les États-Unis et l'Iran doit probablement être interprété avant tout comme un arrangement visant à permettre la réouverture du détroit d'Ormuz. Présenté sous la forme d'un protocole d'accord (memorandum of understanding), il constitue un cadre pour des négociations plus larges, dont l'issue demeure incertaine".
"Néanmoins, les marchés pétroliers sont passés d'un scénario dominé par les craintes sur l'offre à une phase de stabilisation prudente. Les exportations de pétrole restent nettement inférieures à leurs niveaux d'avant-guerre et les goulets d'étranglement devraient persister. Parallèlement, les efforts visant à reconstituer les réserves stratégiques et commerciales devraient soutenir la demande. Dans ce contexte, les prix du pétrole devraient s'établir autour de 75 à 80 dollars le baril au cours de l'année à venir, maintenant une trajectoire d'inflation plus élevée cette année, mais sans représenter un défi majeur pour les banques centrales", relève, de plus, la banque privée suisse.
Sur le marché des matières premières, les cours du pétrole poursuivent leur progression. Vers 17h45, le Brent gagne 0,41% à 71,85 USD. Le WTI avance de 0,03% à 68,50 USD.
Outre la géopolitique, l'actualité cette semaine a été aussi marquée par la réunion des présidents des grandes banques centrales à Sintra au Portugal : le Forum de la Banque centrale européenne. Cet événement s'est déroulé dans un contexte de découplage des politiques monétaires entre la Réserve fédérale américaine (Fed) et la BCE, après le rebond de l'inflation alimenté par la hausse des prix de l'énergie.
Les banquiers centraux américains prendront une décision sur une potentielle hausse des taux d'intérêt dans quatre semaines, a déclaré le président de la Réserve fédérale, Kevin Warsh, lors d'un débat.
"Le président de la Fed, Kevin Warsh, a rappelé lors de son intervention qu'il ne donnerait pas d'indication prospective sur l'orientation future de la politique monétaire américaine. Il a toutefois souligné un apaisement des tensions inflationnistes, porté par la fin du conflit au Moyen-Orient et la baisse consécutive des prix de l'énergie", a soulevé Jean-Patrice Prudhomme, directeur produits & solutions chez Milleis Banque Privée.
Même si Washington et Téhéran se sont accordés sur un cadre préliminaire de paix et que les prix de l'énergie se sont repliés après une flambée liée à ce conflit, les modèles de la BCE indiquent que l'inflation sur le Vieux continent ne devrait pas revenir à l'objectif de 2% avant 2027.
Lors de ce débat, Warsh a estimé que les prix de l'énergie ne sont pas les seuls moteurs de l'inflation et a fait savoir que l'essor de l'IA jouait aussi un rôle prépondérant : "Le choc lié à l'IA provoque un boom des dépenses d'investissement." Selon lui, il revient aux banquiers centraux d'évaluer si cette tendance est inflationniste ou non.
Pluxee en tête du SBF 120
Dans l'actualité des sociétés cotées, Pluxee ( 7,82%) a enregistré la plus forte progression du SBF 120, après le maintien de ses objectifs annuels, en dépit d'une activité en recul au troisième trimestre. Toutefois, sur les neuf premiers mois de l'exercice 2026, le spécialiste mondial dans le domaine des avantages sociaux, a réalisé un chiffre d'affaires de 967 millions d'euros, en croissance organique de 2,7%. Le chiffre d'affaires opérationnel s'établit à 843 MEUR sur neuf mois, en hausse organique de 2,5%. La société anticipe toujours un chiffre d'affaires stable en données organiques, une légère amélioration de sa marge d'Ebitda récurrent et un taux de conversion de la trésorerie récurrente d'environ 80 % en moyenne sur la période 2024-2026.
Michelin ( 0,35%) a progressé et enchaîné une quatrième hausse consécutive, porté par l'avis positif de Deutsche Bank. La banque allemande a confirmé sa recommandation à l'achat sur le titre du groupe clermontois, tout en relevant légèrement sa cible de cours de 34 à 36 euros. Le pneumaticien doit publier ses comptes semestriels le 27 juillet et Deutsche Bank table sur une croissance du chiffre d'affaires au deuxième trimestre, ce qui marquerait le premier trimestre de croissance après 11 trimestres consécutifs de baisse des revenus.
En Europe, Renk annonce que sa filiale détenue à 100%, Renk GmbH, a conclu un accord ferme pour acquérir David Brown Defence auprès de DB Defence Holdco SARL. Basée au Royaume-Uni, David Brown Defence est spécialisée dans les réducteurs de haute précision destinés aux secteurs de la défense navale et terrestre. Cette opération renforce le portefeuille naval de Renk et lui donne accès à plusieurs programmes navals à forte valeur ajoutée ainsi qu'à un carnet de commandes de long terme au Royaume-Uni, au Canada et en Australie, incluant des activités de service après-vente.
PMI Europe, emploi américain
Côté statistiques, au mois de juin, en France, l'activité dans le secteur des services a été décevante. L'indice PMI de S&P Global la mesurant est passé de 44,3 à 46,8 points, là où les analystes espéraient une hausse plus importante à 47,4 points. Il s'agit toutefois du premier redressement de cet indicateur depuis février. En parallèle, l'indice PMI Composite, qui fait la synthèse entre l'activité dans le secteur manufacturier et dans celui des services s'est installé à 47,2, contre 44,9 en mai, mais là aussi, il était attendu plus haut à 47,6 points. Il s'est néanmoins redressé par rapport au creux de 28 mois enregistré en mai (44,9).
Par ailleurs, dans la zone euro, l'activité dans le secteur des services a fait mieux que prévu au mois de juin, selon des données de S&P Global. L'indicateur s'est redressé de 47,7 à 49,4 points, alors qu'il était attendu en hausse à seulement 48,9 points. A 49,4 points, il est sur un plus haut de 3 mois, bien qu'en phase de contraction (sous le seuil des 50 points). De son côté, l'indice PMI Composite, qui fait la synthèse entre l'activité dans le secteur manufacturier et dans celui des services a atteint les 50 points, reflétant une stabilité de l'activité dans le secteur privé, après 48,5 en mai et des attentes à 49,5 points. Il s'agit là encore d'un niveau inédit depuis 3 mois.
Aux Etats-Unis, les données du rapport mensuel sur l'emploi du Département du Travail dévoilées jeudi ont montré que l'économie américaine avait créé 57 000 emplois non agricoles en juin, un chiffre nettement inférieur aux 110 000 attendus par les économistes. De plus, elle a affiché en juin un ralentissement bien plus prononcé que prévu du rythme de ses créations d'emplois, ce qui n'a pas empêché le taux de chômage de repartir en légère baisse.
Ce rapport recense seulement 57 000 emplois non-agricoles créés le mois dernier aux Etats-Unis, contre 129 000 (révisé de 172 000) en mai, alors que les économistes en prévoyaient en moyenne deux fois plus, autour de 110 000.
Le taux de chômage s'est quant à lui tassé à 4,2% en juin, contre 4,3% le mois précédent, alors que la prévision le donnait stable.
A la suite de cette publication, les investisseurs ont revu leurs anticipations concernant la politique monétaire de la Réserve fédérale. Un ralentissement du marché du travail pourrait en effet diminuer la nécessité pour la banque centrale de rehausser une fois de plus ses taux directeurs afin de contenir l'inflation. Selon l'outil FedWatch de CME Group, la probabilité d'une nouvelle hausse des taux était désormais estimée à 55%, contre 64,1% le 1er juillet dernier, soit avant la publication de ce rapport.
Sur ce sujet, Bastien Drut, responsable stratégie & analyse pur CPR AM considère que "le rapport sur l'emploi de juin n'est pas bon et insinue le doute sur les trois rapports précédents, qui avaient été nettement meilleurs que prévu. En particulier, le secteur privé hors secteur de la santé revient à la destruction d'emplois. Avec la décrue prévue de l'inflation, ce rapport sur l'emploi va permettre un peu plus à Kevin Warsh de sécuriser un statu quo lors du prochain FOMC".
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source : AOF
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