Bluebay sur le conflit au Moyen-Orient : "un accord négocié pourrait ramener le pétrole autour de 80 dollars avec une inflation modérée"
(Zonebourse.com) - "La hausse des prix du pétrole et du gaz a déjà un impact économique à l'échelle mondiale, les décideurs révisant à la hausse leurs prévisions d'inflation et à la baisse celles de croissance à mesure qu'ils évaluent les perspectives économiques dans un contexte de perturbations persistantes. Il convient également de noter les attaques ukrainiennes contre des ports russes, affectant jusqu'à 40% du potentiel d'exportation de pétrole, alors que l'Ukraine cherche à éviter que la Russie ne sorte gagnante à un moment où la hausse des prix du brut pourrait renflouer ses caisses", observe Mark Dowding, directeur des investissements pour les fonds obligataires de la société de gestion d'actifs britannique BlueBay.
Par ailleurs, avec l'activation de clauses de force majeure sur divers contrats, il existe un risque de mise en place de politiques nationalistes visant à limiter les exportations afin de protéger les intérêts domestiques, ce qui signifie que la douleur économique à venir pourrait ne pas être ressentie de manière uniforme d'un pays à l'autre.
Pour Mark Dowding, il existe deux scénarios divergents, dans ce contexte de tensions géopolitiques continues entre les Etats-Unis et l'Iran : un accord négocié pourrait ramener le pétrole autour de 80 dollars, avec une inflation modérée, tandis qu'une escalade pourrait propulser le Brent au-delà de 150 USD et déclencher une récession en Europe.
De plus, des récoltes plus faibles, dues notamment à des approvisionnements insuffisants en engrais, suggèrent également un risque de hausse des prix alimentaires dans les mois à venir.
Dans le même temps, une pénurie d'hélium pourrait perturber la production de puces haut de gamme, entraînant des pénuries qui se traduiraient également par une croissance plus faible et des prix plus élevés.
"Face à un flot d'informations contradictoires, tenter de distinguer la vérité des mensonges et des diversions n'est pas aussi simple qu'on pourrait le penser à ce stade. Par exemple, il est tout à fait possible que les affirmations de Trump sur les progrès des négociations ne soient qu'un écran de fumée destiné à gagner du temps, alors même qu'il rassemble des troupes en vue d'une offensive. Il est également possible que l'Iran soit en réalité plus engagé dans la recherche d'un accord et la fin du conflit qu'il ne le laisse entendre actuellement", souligne Mark Dowding.
Dans ce contexte, il est compréhensible que les marchés donnent l'impression d'évoluer sur le fil du rasoir. Bien sûr, l'histoire en jugera, mais il est révélateur que même des commentateurs américains se montrent sceptiques face aux déclarations de leur propre commandant en chef, en pleine guerre.
"Les réponses claires semblent difficiles à discerner, mais tout devrait se clarifier au cours des prochains jours. Il paraît donc logique de rester en retrait d'ici là. Cela dit, en guise de remarque finale, un élément nous frappe : les marchés de taux ont été bien plus rapides à intégrer un choc inflationniste que les actifs risqués ne l'ont été à intégrer le choc de croissance, à ce stade. Cela pourrait bien s'inverser dans un scénario plus défavorable à partir de maintenant", explique, en outre, Mark Dowding.
Copyright (c) 2026 Zonebourse.com - All rights reserved.
source : AOF
■2026 Zonebourse.com - Tous droits de reproduction réservés par Surperformance. Surperformance collecte ses données auprès des sources qu'elle considère les plus sûres. Toutefois, le lecteur reste seul responsable de leur interprétation et de l'utilisation des informations mises à sa disposition. Ainsi le lecteur devra tenir Surperformance et ses contributeurs indemnes de toute réclamation résultant de cette utilisation.
- 0 news.votes.details.count
- 0 news.votes.details.count
- 0 news.votes.details.count
- 0 news.votes.details.count
- 0 news.votes.details.count