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L'Arabie saoudite nie toute implication dans l'affaire de chantage aux 'nudes' visant Jeff Bezos

| Boursier | 195 | Aucun vote sur cette news

Alors que le patron d'Amazon n'a pas cédé aux pressions

L'Arabie saoudite nie toute implication dans l'affaire de chantage aux 'nudes' visant Jeff Bezos
Credits Reuters

L'Arabie saoudite a nié tout lien avec l'affaire de chantage aux photos intimes visant le dirigeant d'Amazon, Jeff Bezos. Ce dernier avait médiatisé les menaces du journal américain 'National Enquirer' dans une intervention sur la plateforme medium.com. Bezos, aussi propriétaire du Washington Post, soutient qu'American Media (AMI) et son journal l'Enquirer ont donc essayé de le faire chanter afin qu'il mette un terme à l'enquête les concernant. D'après le dirigeant d'Amazon, le tabloïd pro-Trump aurait menacé de dévoiler des photos intimes s'il n'affirmait pas publiquement que les informations de l'Enquirer à son sujet n'avaient pas d'objectif politique. Dans sa réponse, Bezos insinue que l'Arabie saoudite serait particulièrement mécontente de la couverture faite par le 'WaPo' de l'assassinat de son journaliste Jamal Khashoggi le 2 octobre dernier au consulat d'Arabie à Istanbul. Bezos s'interroge au sujet des liens entre AMI et l'Arabie saoudite. Les autorités saoudiennes ont affirmé hier dimanche n'avoir "absolument rien à voir" avec les accusations de Bezos, explique l'agence Reuters. AMI a également vigoureusement démenti le chantage présumé.

Jeff Bezos, patron d'Amazon et premier homme à franchir, selon Forbes, les 150 milliards de dollars de 'valeur nette' (sur trois décennies de suivi des plus riches Américains par Forbes), n'a pas cédé aux pressions du 'National Enquirer', qui l'aurait menacé de dévoiler des photos coquines que lui et son amante s'étaient adressées. Jeudi, Bezos a livré sa réponse sur medium.com, dans une longue intervention détaillant par ailleurs les messages que le National Enquirer s'était procurés, échangés avec l'ex-présentatrice de télévision Lauren Sanchez.

Le National Enquirer avait déjà publié des informations détaillées au sujet de la relation entre Sanchez et Bezos, qui avait annoncé en janvier sa rupture avec MacKenzie Bezos (née Tuttle) - romancière qui était son épouse depuis 1993.

Bezos soutient donc, dans la tribune publiée la semaine dernière sur medium.com, qu'il a fait l'objet d'un chantage du tabloïd, qui se tenait prêt selon lui à dévoiler des photos intimes s'il n'abandonnait pas son enquête sur la manière dont le National Enquirer s'était précédemment procuré des renseignements sur sa relation extra-conjugale (enquête dont le 'volet saoudien' aurait particulièrement inquiété l'Enquirer aux dires de Bezos).

"Quelque chose d'inhabituel m'est arrivé hier. En fait, pour moi ce n'était pas seulement inhabituel - c'était une première. On m'a fait une offre que je ne pouvais pas refuser. Ou du moins, c'est ce que pensaient les dirigeants du National Enquirer. Je suis heureux qu'ils aient pensé cela, parce que cela les enhardissait de tout mettre par écrit. Plutôt que de capituler devant l'extorsion et le chantage, j'ai décidé de publier exactement ce qu'ils m'ont envoyé, malgré les dommages personnels et l'embarras que cela risque de provoquer", dit Bezos dans sa tribune, titrée "Non merci, Mr. Pecker" - Pecker étant le PDG d'American Media, éditeur du National Enquirer.

"AMI, le propriétaire du National Enquirer, dirigé par David Pecker, a récemment conclu un accord d'immunité avec le ministère de la Justice en raison de son rôle dans le soi-disant processus 'Catch and Kill' (ndlr : 'attraper et tuer') pour le compte du président Trump et dans le cadre de sa campagne électorale. M. Pecker et son entreprise ont également fait l'objet d'une enquête pour diverses actions qu'ils ont entreprises pour le compte du gouvernement saoudien", attaque Bezos, visiblement très remonté contre le tabloïd à scandale.

Le patron d'Amazon constate que son contrôle du Washington Post lui complique les choses. "Il est inévitable que certaines personnes influentes qui font l'objet de reportages du Washington Post concluent à tort que je suis leur ennemi", résume Bezos, selon lequel "le président Trump est l'une de ces personnes, ce qui ressort clairement de ses nombreux tweets. En outre, la couverture essentielle et implacable du Post concernant le meurtre de son chroniqueur Jamal Khashoggi est sans aucun doute impopulaire dans certains milieux", indique le dirigeant du géant du commerce en ligne.

Bezos insinue donc que l'objectif du National Enquirer va au-delà de la simple recherche de révélations croustillantes. Il s'interroge en particulier sur les relations du magazine avec Donald Trump et l'Arabie saoudite.

"Si dans ma position, je ne peux pas résister à ce genre d'extorsion, combien de personnes peuvent le faire? (Sur ce point, de nombreuses personnes ont contacté notre équipe d'enquêteurs au sujet d'expériences similaires avec AMI et de la nécessité de capituler parce que, par exemple, leurs moyens de subsistance étaient en jeu)", déplore Bezos, dont la réponse éloquente lui a valu un grand succès sur les réseaux sociaux.

"Dans les lettres d'AMI que je rends publiques, vous verrez les détails précis de leur proposition d'extorsion : Ils publieront les photos personnelles à moins que Gavin de Becker et moi-même ne fassions une fausse déclaration publique spécifique à la presse selon laquelle nous 'n'avons aucune connaissance ni base pour suggérer que la couverture d'AMI était motivée par des raisons politiques ou influencée par des forces politiques", ajoute le patron d'Amazon.

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