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Boeing : le B-737 ukrainien abattu par erreur par Téhéran ?

| Boursier | 236 | Aucun vote sur cette news

Au lendemain du crash aérien qui a fait 176 morts à Téhéran, des responsables américains cités par la presse pensent que l'Iran a abattu par erreur le Boeing 737 ukrainien... Téhéran a démenti formellement cette hypothèse.

Boeing : le B-737 ukrainien abattu par erreur par Téhéran ?
Credits Boeing

Les questions se bousculent après le crash d'un Boeing 737 ukrainien, mercredi, peu après son décollage de Téhéran, tuant les 176 personnes à bord. Alors que les premiers éléments évoquaient un problème technique lié à la surchauffe d'un moteur, des responsables américains cités par la presse affirment jeudi que l'appareil pourrait avoir été abattu "par erreur" par l'Iran. Une hypothèse accréditée jeudi soir par Justin Trudeau, le Premier ministre canadien.

Les chaînes de télévision 'CNN' et 'CBS' et le magazine 'Newsweek' ont cité des responsables, sous couvert d'anonymat, qui sont convaincus que la défense anti-aérienne de Téhéran a abattu le vol PS752 d'Ukraine International Airlines juste après son décollage. La chaîne 'Fox News', elle, cite des responsables du Pentagone qui partagent cette opinion. Rappelons que la catastrophe aérienne est survenue peu après des tirs de missiles par Téhéran sur des bases utilisées par l'armée américaine en Irak.

Des tirs de missiles sol-air effectués par erreur ?

Cette hypothèse s'appuie sur une analyse continue des données des satellites, radars et autres données électroniques collectées par les services de l'armée et des renseignements américains. Les données satellites montrent des taches de chaleur caractéristiques de deux missiles sol-air qui auraient été tirés deux minutes après le décollage du B-737 de l'aéroport Imam-Khomeini. Une explosion a retenti peu après à proximité de l'appareil, précisent les responsables américains.

Jeudi, le Premier ministre canadien Justin Trudeau a jugé que la piste d'un tir de missile sol-air était "une possibilité très claire", en se basant sur la foi "d'informations de sources multiples" provenant des alliés du Canada et de ses propres services de renseignement. Selon Justin Trudeau, ce tir, s'il a bien eu lieu, a pu être effectué de façon "involontaire".

Depuis la Maison Blanche, le président américain Donald Trump a lui aussi fait part de ses "doutes" sur les raisons du crash du Boeing. "J'ai mes doutes. J'ai le sentiment que quelque chose de terrible s'est passé (...) Quelqu'un a pu faire un erreur (...) Je ne sais pas", a-t-il ajouté.

Jeudi, le Premier ministre britannique, Boris Johnson, et le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, ont demandé une enquête "complète" et "transparente" sur le crash. "Les informations que nous voyons sont très inquiétantes et nous les regardons en urgence", selon une source à Downing Street.

Boîtes noires : Téhéran pourrait faire appel à la France

Selon Kiev, l'appareil transportait 11 Ukrainiens, 82 Iraniens, 63 Canadiens, 10 Suédois, 4 Afghans, 3 Allemands et 3 Britanniques. Les autorités ukrainiennes ont de leur côté dit examiner plusieurs hypothèses : celles d'un missile antiaérien, de l'explosion d'une bombe à bord ou d'une collision avec un drone.

Selon les premiers éléments de l'enquête iranienne, l'appareil avait fait demi-tour après un "problème". L'Iran a immédiatement rejeté l'hypothèse d'un missile. "De telles rumeurs n'ont aucun sens", a ainsi réagi Ali Abedzadeh, président de l'Organisation de l'aviation civile iranienne (CAO) et vice-ministre des transports.

M. Abedzadeh a précisé au sujet des boîtes noires de l'appareil, que "l'Iran et l'Ukraine ont les moyens de télécharger informations" qu'elles contiennent. "Si des mesures plus spécialisées sont nécessaires pour extraire et analyser des informations, nous pouvons le faire en France ou dans d'autres pays", a-t-il dit. Mercredi, Téhéran avait affirmé qu'il n'était pas question de fournir les données des boîtes noires à des entités américaines.

Jeudi soir, la présidence ukrainienne a affirmé que "notre pays a tout intérêt à ce que la vérité soit établie. Voilà pourquoi nous appelons les partenaires occidentaux de l'Ukraine :si vous avez des preuves qui aideront l'enquête, nous vous demandons de les fournir".

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