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Ski alpin: Lake Louise, l'assurance du risque

| AFP | 218 | Aucun vote sur cette news
Le skieur français Adrien Théaux avec un cœur bleu-blanc-rouge et le sigle DP (pour David Poisson), le 24 novembre 2017 à Lake Louise
Le skieur français Adrien Théaux avec un cœur bleu-blanc-rouge et le sigle DP (pour David Poisson), le 24 novembre 2017 à Lake Louise ( DON EMMERT / AFP )

La mort brutale de David Poisson les a secoués, mais les cadors de la Coupe du monde de ski alpin sont repartis à pleine vitesse sur les pentes de Lake Louise, car la prise de risque fait partie de leur quotidien.

Il a beau avoir l'un des plus beaux palmarès parmi les "hommes fusées" en activité, Kjetil Jansrud ne cache pas qu'il a abordé l'étape de Coupe du monde de Lake Louise avec un peu d'appréhension.

"Quand des choses comme cela arrivent, cela vous rappelle qu'on a un métier à risques", admet le Norvégien, champion olympique en titre de super-G et N.1 mondial de la discipline l'hiver dernier.

"Mais quand je suis au départ d'une course ou d'un entraînement, je ne peux pas me permettre d'y penser, parce que, sinon, cela apporte peur et nervosité", balaye-t-il.

Comme Jansrud, tous les skieurs présents à Lake Louise ont encore le coeur lourd après le décès de David Poisson à 35 ans lors d'un stage d'entraînement le 13 novembre à Nakiska, non loin de Lake Louise.

Sur leur casque, ils ont collé un petit autocollant en forme de coeur aux couleurs du drapeau français frappé des initiales de David Poisson et ont signé une banderole installée dans l'aire d'arrivée avec la photo du Français.

- 'Personne à blâmer' -

La passion du ski et de la compétition a repris le dessus, en particulier à moins de trois mois des jeux Olympiques 2018 de Pyeongchang (9-25 février).

"On rentre dans la saison des courses, c'est comme si on mettait notre +tête ailleurs+", résume le Canadien Eric Guay.

L'accident a relancé le débat sur la sécurité des pistes d'entraînement utilisées en préparation de la saison.

A Nakiska, Poisson a traversé des filets de type B mesurant 2,5 m de haut avant de percuter un arbre: pour une descente de Coupe du monde, le dispositif comprend au moins deux filets B sur toute la longueur de la piste et sur les portions les plus exposées, un filet A, fixé à une potence et s'élevant jusqu'à quatre mètres, est déployé.

Mais à l'image de l'équipe de France qui a présenté le drame comme un terrible accident, les skieurs se refusent à polémiquer.

"Le risque fait partie de notre métier, en particulier en descente, il n'y a personne à blâmer, cela serait même manquer de respect à David", assène ainsi Jansrud.

Si le patron du circuit masculin, Markus Waldner, reconnaît volontiers qu'il faut "toujours tenter d'améliorer la sécurité", il ne voit pas de mesures qui pourraient changer la donne.

- Des stades de descente -

"Il y avait là-bas (à Nakiska) des entraînements depuis vingt ans, ce n'est pas possible d'avoir le même dispositif pour une piste d'entraînement que pour une Coupe de monde, car cela coûte beaucoup d'argent et demande beaucoup de personnel", note le responsable de la Fédération internationale de ski (FIS).

"Il y aura toujours des risques (...), mais il y a 6000 courses par an sous l'égide de la FIS, le précédent mort remontait à très longtemps", rappelle-t-il.

Il y a peut-être une solution, mais elle est coûteuse et n'a pas forcément les faveurs des stations de ski, puisqu'elle monopolise une piste qui est du coup fermée au public: la création de "stades de descente" avec des filets de sécurité permanents, comme il y en a notamment un à Copper Mountain depuis 2011 aux Etats-Unis.

"Ce n'est pas la solution parfaite: si tu as des courses en Amérique, tu ne peux pas te préparer en Europe, il faut être prêt quand la saison commence, car après c'est course sur course", rappelle Markus Waldner.

"Ce qui s'est passé est tragique, mais il est plus dangereux de prendre sa voiture et de circuler sur une autoroute que de faire du ski", conclut-il.

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