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Mondial-2018: Espagne, le retour de la machine à bien jouer

| AFP | 251 | Aucun vote sur cette news
Les Espagnols se congratulent après un but d'Isco face à l'Italie, le 2 septembre 2017 à Madrid
Les Espagnols se congratulent après un but d'Isco face à l'Italie, le 2 septembre 2017 à Madrid ( GABRIEL BOUYS / AFP/Archives )

Dépoussiérée, invaincue depuis un an, l'Espagne a réactivé le jeu bien huilé qui l'avait menée à un triplé Euro-Mondial-Euro entre 2008 et 2012. Et cette belle mécanique paraît programmée pour faire mal à ses adversaires au Mondial-2018. Qui va prendre la "Roja" au tirage?

. Ancien style et nouveau cycle

Nommé à l'été 2016, le nouveau sélectionneur Julen Lopetegui a réussi un tour de force: régénérer une équipe qu'on disait en fin de cycle après le Mondial-2014 (élimination au 1er tour) et l'Euro-2016 (défaite en huitièmes).

Avec lui, la "Roja" n'a perdu aucun de ses 16 matches, avec quatre nuls et douze victoires. Et elle a réussi une brillante campagne de qualification, dont une démonstration début septembre contre l'Italie (3-0), éliminée par la suite en barrages.

C'est la preuve que l'emblématique jeu espagnol, baptisé "toque" ou "tiki-taka", peut encore faire tourner la tête des adversaires, entre jeu au sol, redoublements de passes et confiscation du ballon.

"Je suis un grand fan", savoure Zinédine Zidane, observateur privilégié depuis son banc d'entraîneur du Real Madrid. "J'admire leur jeu, les joueurs qu'ils ont, l'entraîneur qui a repris le relais et qui fait jouer très bien son équipe."

Paradoxalement, victime de son succès et d'adversaires ayant appris à contrer ce type de jeu, le style espagnol a pu parfois se muer en domination stérile.

Mais Lopetegui a introduit des variantes, comme le recours ponctuel à une défense à trois. Et il a revendiqué cette fidélité au "toque", si adapté aux petits gabarits très techniques à sa disposition: "Nous sommes prévisibles à tout moment de par notre style de jeu, et d'ailleurs, nous voulons être prévisibles", souligne le sélectionneur.

. Jeunes pousses, noyau chevronné

Mêler l'insouciance et l'expérience, c'est le rêve de tout technicien. Pourtant, l'ancien sélectionneur Vicente del Bosque (2008-2016), trop fidèle à ses grognards, n'y était pas totalement parvenu.

Lopetegui, ancien patron des Espoirs, a pour sa part amené avec lui une génération prometteuse.

Exit plusieurs figures, comme le capitaine emblématique Iker Casillas (36 ans), et place à De Gea, Asensio, Thiago Alcantara, Koke, Saul et surtout l'excellent Isco, nouvelle figure de l'entrejeu espagnol.

Le tout encadré par un noyau de trentenaires encore solides: Ramos, Piqué, Busquets, Iniesta, Silva... "L'ossature a toujours été là", a résumé Zidane.

Un groupe bien armé qui alimente l'optimisme espagnol: "Cette équipe a une belle opportunité de réussir quelque chose de grand. Il y a les joueurs pour", a souligné l'ex-milieu international Xabi Alonso sur le site internet de l'équipe d'Espagne. "Je ne vois pas de sélection meilleure que celle-ci."

. Gare aux grains de sable

Toutefois, la mécanique espagnole semble à la merci des grains de sable.

Il y a d'abord la question de l'avant-centre, toujours pas réglée depuis 2012, année où l'Espagne avait gagné l'Euro avec un "faux N.9".

Alvaro Morata est le probable titulaire du poste mais il semble bien seul alors que l'Hispano-Brésilien Diego Costa est engagé dans une course contre-la-montre pour retrouver son niveau avec l'Atletico Madrid. Et derrière eux, c'est le désert. D'où les récentes convocations des vétérans David Villa (35 ans) et Aritz Aduriz (36 ans)...

L'autre fragilité de l'Espagne n'est pas sportive, mais politique: la récente poussée indépendantiste en Catalogne a durement secoué le pays et la "Roja".

Le cas Gerard Piqué résume la crispation: favorable au "droit à décider" des Catalans, le défenseur du Barça est régulièrement sifflé par les supporters espagnols, ce qui génère des polémiques interminables et pollue l'atmosphère autour de l'équipe.

Enfin, la grande inconnue pour l'Espagne provient du tirage au sort lui-même: les méandres du classement Fifa ont privé les Espagnols d'une place parmi les têtes de série du chapeau 1. Et la poule de la "Roja" pourrait bien être l'incontournable "groupe de la mort" du tirage. La machine espagnole sera-t-elle assez armée pour ça ?

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