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Les Rohingyas, damnés de la Birmanie

| AFP | 181 | 5 par 1 internautes
Des Rohingyas qui viennent d'arriver à Ukhia au Bangladesh font la queue pour s'enregistrer auprès d'un bureau gouvernemental le 15 septembre 2017
Des Rohingyas qui viennent d'arriver à Ukhia au Bangladesh font la queue pour s'enregistrer auprès d'un bureau gouvernemental le 15 septembre 2017 ( DOMINIQUE FAGET / AFP )

Avant la crise actuelle, environ un million de Rohingyas vivaient en Birmanie, depuis des générations pour la plupart. Mais ils sont depuis 1982 des étrangers dans ce pays, qui leur a retiré la citoyenneté.

A quand remonte l'installation des musulmans dans la région?

La question de leur arrivée en État Rakhine, dans l'ouest de la Birmanie actuelle, divise les historiens: certains font remonter la présence des Rohingyas en Birmanie à plusieurs siècles quand d'autres les considèrent comme des immigrés du Bangladesh voisin. Cette dernière opinion prévaut chez les Birmans.

Certains historiens considèrent en effet que les Rohingyas descendent de commerçants et de soldats arabes, mais aussi mongols ou turcs.

A cette époque, le royaume de l'Arakan (ancien nom de la région) est indépendant et la petite minorité musulmane cohabite pacifiquement avec les bouddhistes. Certains musulmans sont même conseillers des rois d'Arakan.

A la fin du XVIIIème siècle, le royaume déclinant est conquis par les Birmans puis par les Britanniques après la première guerre anglo-birmane (1824-1826). Ces derniers vont pousser des paysans de l'actuel Bangladesh à venir s'y installer.

Les Rohingyas : minorité apatride et en fuite
Les Rohingyas : minorité apatride et en fuite ( Laurence CHU / AFP )

Ce qui vaut aux Rohingyas, musulmans sunnites parlant un dialecte proche du sud du Bangladesh, d'être considérés par la majorité des Birmans comme des immigrés illégaux du Bangladesh.

"Encouragée par les Britanniques, il y a eu dans les années 1830 une arrivée massive de paysans musulmans de la partie orientale du Bengale voisin pour travailler notamment dans le secteur agricole", explique Sophie Boisseau du Rocher, spécialiste de l'Asie du Sud-Est à l'Institut français des relations internationales.

Selon un recensement britannique datant de 1869, les musulmans représentaient alors 5% de la population de l'Arakan, confirme l'historien Jacques Leider, spécialiste de l'Arakan. Quelques années plus tard, en 1912, ce chiffre était passé à 30%.

De quand datent les premières tensions?

Ces bouleversements démographiques ont créé les premières tensions.

Elles se sont accrues ensuite avec la domination des Britanniques, qui ont favorisé les musulmans au détriment des autres ethnies, cherchant ainsi à diviser pour mieux régner.

Villages rohingyas incendiés
Villages rohingyas incendiés ( Gal ROMA / AFP )

"Utilisés comme des supplétifs des Britanniques, ils vont être considérés comme des traîtres par les Birmans", précise Sophie Boisseau du Rocher.

Durant la Seconde guerre mondiale, le Royaume-Uni incite les musulmans à se battre contre les bouddhistes nationalistes birmans alliés aux Japonais.

"Les deux armées, britannique et japonaise, ont exploité les frictions et l'animosité existant au sein des populations locales pour poursuivre leurs propres objectifs militaires", explique le chercheur Moshe Yegar, auteur d'un livre sur les musulmans de Birmanie ("The Muslims of Burma").

En 1942, au moment où les Britanniques quittent la région, des violences intercommunautaires éclatent.

Les grandes vagues d'exode?

L'instauration en 1962 de la dictature militaire tend un peu plus la situation pour les minorités ethniques, très nombreuses dans le pays et dont les droits sont niés par le pouvoir central.

Les acteurs de la crise des Rohingyas
Les acteurs de la crise des Rohingyas ( William ICKES / AFP )

En 1978 puis en 1991-92, une campagne de répression de l'armée pousse quelque 250.000 Rohingyas à se réfugier au Bangladesh. Certains rentrent ensuite en Birmanie, poussés dehors par Dacca. Le Haut-commissariat aux réfugiés (HCR) de l'ONU doute du "caractère volontaire" de ces retours.

Entre ces deux vagues, la loi birmane sur la nationalité de 1982 a laissé les Rohingyas apatrides.

Estimant qu'ils ne pouvaient fournir la preuve de leur présence sur le territoire avant 1823 (soit avant la première guerre anglo-birmane), la nationalité birmane leur est retirée.

L'auto-dissolution de la junte en 2011 marque une nouvelle phase avec une montée du bouddhisme extrémiste, portée notamment par un groupe de moines. Ces tensions aboutissent en 2012 à de violents affrontements intercommunautaires dans le pays, et notamment en État Rakhine.

Quelque 200 personnes sont tuées et 120.000 Rohingyas, chassés de chez eux, sont installés dans des camps près de Sittwe, la capitale régionale.

Ils y vivent toujours mais des dizaines de milliers d'entre eux ont pris le chemin de l'exil ces dernières années en tentant la traversée du golfe du Bengale pour rallier la Malaisie. Des milliers seraient morts en mer.

En octobre 2016, après les premières attaques des rebelles de l'Armée du salut des Rohingyas de l'Arakan (ARSA), l'armée avait lancé une opération de représailles forçant déjà quelque 87.000 Rohingyas du nord de l’État Rakhine à fuir au Bangladesh. S'y ajoutent près de 400.000 réfugiés depuis fin août.

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