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L'affaire Weinstein relance le débat sur l'addiction sexuelle

| AFP | 790 | Aucun vote sur cette news
Le producteur américain Harvey Weinstein et des actrices de renom qui l'accusent de viol et agression sexuelles, certaines datant de plus de 20 ans
Le producteur américain Harvey Weinstein et des actrices de renom qui l'accusent de viol et agression sexuelles, certaines datant de plus de 20 ans ( STAFF / GETTY IMAGES NORTH AMERICA/AFP )

Les accusations de harcèlement et de viol à l'encontre du producteur américain Harvey Weinstein relancent le débat sur la réalité médicale de l'addiction sexuelle, que nombre de psychologues voient surtout comme un symptôme de troubles de la personnalité ou une excuse pour justifier ces agissements.

"On ne peut pas diagnostiquer une addiction sexuelle car il n'existe pas suffisamment de données cliniques indiquant qu'il s'agit d'un trouble mental", explique à l'AFP la psychologue Holly Richmond, une thérapeute sexuelle basé à Los Angeles.

L'American Psychiatric Association a débattu de cette question en 2013 et a décidé de ne pas inclure l'addiction sexuelle dans son manuel de référence pour établir des diagnostics, ajoute-t-elle.

En revanche, poursuit la psychologue, on parle d'impulsivité sexuelle ou de consommation excessive de pornographie sans lien avec des comportements agressifs pour obtenir des faveurs sexuelles.

"C'est un problème de comportement, pas de sexe en tant que tel", insiste Holly Richmond qui doute de l'efficacité des traitements contre l'addiction sexuelle offerts par des centaines de cliniques aux Etats-Unis. Selon des estimations, les coûts varient de 10.000 à 30.000 dollars par mois.

- Traitement douteux -

"Si on a une accoutumance à la drogue, il faut un traitement pour aider à la supprimer mais on ne peut pas être physiologiquement dépendant de la pornographie car il n'y a pas de symptôme de manque si on cesse de regarder ces images", explique la psychologue, critiquant le fait que ces cliniques adoptent cette approche pour traiter leurs patients.

Pour le psychologue David Ley, auteur du livre "Le mythe de l'addiction sexuelle", il n'existe aucune indication de l'efficacité de ces cliniques.

"Depuis quarante ans, il n'y a pas eu une seule étude clinique publiée montrant que ces traitements de l'addiction sexuelle ont un effet positif ou aident réellement les personnes à modifier leur comportement sexuel", dit-il à l'AFP.

Une étude européenne portant sur des patients dans des programmes de traitement pour addiction sexuelle, publiée il y a un an, a déterminé que 90% d'entre eux souffraient d'un trouble mental sérieux, pointe le psychologue.

"Ces comportements sexuels ne sont qu'un symptôme" pas la cause, insiste-t-il.

Si on va chez le médecin pour un rhume, il ne va pas diagnostiquer un trouble de l'éternuement mais va rechercher la cause, qui peut être virale, bactérienne ou une allergie, explique le thérapeute.

Ainsi "le sexe n'est que la partie visible de l'iceberg et il faut regarder les problèmes de la personne dans son ensemble."

"Harvey Weinstein a eu des comportements agressifs sexuellement mais je vous garantis que dans d'autres moments de son existence il a aussi agi de manière très déplaisante, insultante et rude, bref une attitude de domination qui n'a rien à voir avec le sexe mais avec sa personnalité", poursuit-il.

- 'Riches, puissants et égoïstes' -

"L'addiction sexuelle est un concept qui a été utilisé depuis longtemps pour justifier des comportements sexuels irresponsables d'hommes riches, puissants et égoïstes", résume David Ley, qui établit un parallèle entre Harvey Weinstein et, entre autres, Donald Trump.

Le président américain avait été au centre d'un scandale pendant la campagne présidentielle après la publication d'une vidéo le montrant en train de tenir des propos obscènes pour décrire des femmes.

Ces comportements sont "un reflet de la société qui les tolère et peut même encourager des hommes puissants et riches à faire subir des choses aux femmes pour lesquelles il n'y aura pas de conséquences pour eux", estime Le psychologue.

"Il est temps de commencer à parler de responsabilité de l'individu", insiste-t-il.

Moins sévère dans son analyse, le psychanalyste Michael Bader, de San Francisco, voit chez quelqu'un comme Harvey Weinstein, 65 ans, un homme utilisant son pouvoir pour obtenir des faveurs sexuelles des femmes "afin de se rassurer et de se sentir désirable et viril".

Selon lui, "cette attitude pourrait être un antidote au sentiment d'isolement".

Angelina Jolie, Gwyneth Paltrow, Rose McGowan, Léa Seydoux, Judith Godrèche, Ashley Judd, Rosanna Arquette, parmi beaucoup d'autres, ont brisé l'omerta du comportement d'Harvey Weinstein, révélé le 5 octobre dans un article du New York Times qui a déclenché un torrent de révélations à Hollywood.

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