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Au Japon, les liaisons dangereuses entre réseaux sociaux et suicides

| AFP | 345 | 3 par 1 internautes
Takahiro Shiraishi, tueur présumé de neuf jeunes gens dont trois lycéennes, se cache le visage entre les mains dans une voiture de police à Tokyo, le 1er novembre 2017
Takahiro Shiraishi, tueur présumé de neuf jeunes gens dont trois lycéennes, se cache le visage entre les mains dans une voiture de police à Tokyo, le 1er novembre 2017 ( STR / JIJI PRESS/AFP/Archives )

Le débat sur le rôle trouble des réseaux sociaux dans l'expression de tendances suicidaires a été relancé au Japon après les meurtres de plusieurs jeunes gens entrés en relation avec leur tueur présumé via Twitter où ils avaient fait part d'envies suicidaires.

La police a arrêté fin octobre un suspect, Takahiro Shiraishi, 27 ans, après avoir découvert dans son appartement près de Tokyo neuf corps dépecés, dont ceux de trois lycéennes, recouverts de litière pour chat pour masquer l'odeur de décomposition.

Les enquêteurs sont remontés jusqu'à lui en effectuant des recherches sur la récente disparition d'une femme de 23 ans, qui avait tweeté explicitement qu'elle cherchait quelqu'un pour mourir avec elle.

Takahiro Shiraishi l'a attirée jusqu'à lui, selon les médias, en lui assurant sur les réseaux sociaux qu'il pouvait l'aider à réaliser son but.

C'est aussi Twitter qui a entraîné la chute du tueur présumé: la police a convaincu une autre jeune femme de servir d'appât sur le réseau social et d'arranger un rendez-vous avec lui, permettant aux enquêteurs de le piéger.

Quelques jours après la macabre découverte des corps, Twitter a clarifié ses règles d'utilisation, réaffirmant sa politique de lutte contre la promotion du suicide et de l'automutilation, sans pour autant interdire des tweets exprimant de telles envies.

Le gouvernement japonais a aussi réagi à l'affaire la semaine dernière, en déclarant envisager un renforcement de la réglementation contre des sites internet aux contenus sur le suicide jugés "inappropriés".

Le porte-parole de l'exécutif nippon, Yoshihide Suga, a aussi ajouté que le gouvernement pourrait renforcer le soutien des jeunes gens postant des messages désespérés en ligne, mais sans préciser davantage.

- Les jeunes très exposés -

L'archipel nippon a le taux de suicide le plus élevé parmi les pays industrialisés du G7, atteignant 17,6 pour 100.000 personnes en 2014 selon des données de l'OCDE.

Le taux de suicide a continué de progresser ces dernières années parmi les adolescents et les jeunes adultes, des catégories de population qui sont aussi celles les plus présentes sur les réseaux sociaux.

Sur quelque 20.000 suicides par an au Japon, 500 sont le fait de jeunes de moins de 20 ans et une étude de la fondation philanthropique Nippon Foundation a aussi révélé qu'un Japonais sur quatre dans le pays a déjà sérieusement réfléchi au suicide.

Les autorités nipponnes tentent de lutter depuis des années contre l'usage d'internet à des fins suicidaires, notamment depuis 2005, quand le phénomène des suicides collectifs organisés sur internet a atteint un record au Japon, avec un total de 91 personnes mortes de cette façon cette année là.

La police entoure un appartement partiellement masqué d'un drap bleu où ont été découverts les corps de neuf jeunes gens à Zama près de Tokyo, le 31 octobre 2017
La police entoure un appartement partiellement masqué d'un drap bleu où ont été découverts les corps de neuf jeunes gens à Zama près de Tokyo, le 31 octobre 2017 ( Toru YAMANAKA / AFP/Archives )

Pour empêcher de tels événements, la police et le ministère des Communications avaient obligé les fournisseurs d'accès internet à leur signaler toute expression d'envie suicidaire en ligne, et à leur détailler l'heure et l'endroit où l'internaute avait l'intention de passer à l'acte.

Par la suite la police a aussi demandé aux fournisseurs d'accès internet de supprimer des sites incitant au suicide ou recrutant des candidats à des morts collectives. Mais ces efforts n'ont pas complètement endigué le phénomène.

- Un problème 'longtemps tabou' -

Il est toutefois normal que des jeunes se tournent vers les réseaux sociaux pour exprimer leur mal-être, selon certains spécialistes, estimant que bloquer ce moyen d'expression pourrait s'avérer contre-productif.

Les autorités nippones tentent de lutter contre l'usage d'internet à des fins suicidaires
Les autorités nippones tentent de lutter contre l'usage d'internet à des fins suicidaires ( Leon NEAL / AFP/Archives )

"Au Japon parler de la mort et du suicide a longtemps été tabou (...), alors qu'il est facile d'en parler sur les réseaux sociaux", rappelle à l'AFP Akiko Mura, une responsable du centre de prévention du suicide de Tokyo du réseau international Befrienders Worldwide.

L'unité de Tokyo de cette organisation à but non lucratif, qui offre un service d'assistance téléphonique de 20H00 à 06H00 du matin, reçoit des appels en permanence toute la nuit.

Les jeunes victimes du tueur en série près de Tokyo ont "probablement pensé qu'il était la seule personne capable de sincèrement écouter leurs problèmes", selon Mme Mura.

Si elle met en garde contre de tels individus qui exploitent la facilité des réseaux sociaux, elle pense aussi que ce serait "une mauvaise idée" de réglementer les commentaires en ligne exprimant une envie de suicide.

"Les gens ont besoin d'un espace où ils peuvent être écoutés. Sans cela, je crains que le nombre de suicides n'augmente encore davantage", affirme-t-elle.

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