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Les prolétaires du numérique au menu de "Cash Investigation"

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En 2027, Sarah, votre assistante virtuelle vous réveille en douceur, propose un petit déjeuner optimal pour votre santé, prépare le brief de la réunion de 10H... Un futur idyllique que met à bas l'enquête de Cash Investigation, diffusée mardi (21H), sur les petites mains du numérique
En 2027, Sarah, votre assistante virtuelle vous réveille en douceur, propose un petit déjeuner optimal pour votre santé, prépare le brief de la réunion de 10H... Un futur idyllique que met à bas l'enquête de Cash Investigation, diffusée mardi (21H), sur les petites mains du numérique ( JEFF PACHOUD / AFP/Archives )

En 2027, Sarah, votre assistante virtuelle vous réveille en douceur, propose un petit déjeuner optimal pour votre santé, prépare le brief de la réunion de 10H... Un futur idyllique que met à bas l'enquête de Cash Investigation, diffusée mardi (21H), sur les petites mains du numérique.

Car derrière l'expression un peu mystérieuse d'intelligence artificielle, des "travailleurs du clic" effectuent de micro-tâches répétitives comme entourer un piéton sur une image (pour les "véhicules automatiques du futur") ou répéter en boucle "va dans le salon" pour un futur aspirateur intelligent.

L'intelligence artificielle, c'est du "machine learning", résume un cerveau de chez Google, Olivier Bousquet, interrogé à Zurich. La machine, pour fonctionner, doit d'abord apprendre et ce sont des humains de chair et d'os qui fournissent les millions de données nécessaires à cet apprentissage.

Des "invisibles" payés à la tâche, qui se connectent sur des plateformes aux Etats-Unis, en Inde ou en France pour des sommes ridicules (30 cents de l'heure), comme Dawn Carbone.

Cette mère de famille de 46 ans de l'Etat américain du Maine se connecte 8 heures par jour et gagne "en moyenne 250 dollars par mois". Elle peut ainsi rester à la maison pour s'occuper de sa fille autiste.

A l'autre bout de la chaine, une société partenaire de Google, Figure Eight, dont le PDG proclame sans fard qu'avec internet "vous pouvez faire travailler quelqu'un, le payer une misère et le virer quand vous n'en avez plus besoin".

Certes, ces propos datent d'une dizaine d'années, mais ils reflètent l'esprit des plateformes numériques vis-à-vis de ces nouveaux prolétaires sans contrat, sans congés payés, sans chômage.

Le documentaire de 2 heures de Sandrine Rigaud, intitulé "Au secours, mon patron est un algorithme!", aborde trois facettes des plateformes: la livraison des repas, avec Deliveroo et Uber Eats, l'intelligence artificielle, et les modérateurs qui "font le ménage" pour Facebook des contenus violents, haineux ou sexistes, au risque d'être traumatisés.

Fidèle à sa réputation "punchy", le magazine a obtenu des documents accablants, montrant par exemple comment Deliveroo a repéré grâce à la géolocalisation lesquels de ses livreurs ont participé à une manifestation, et tente de réunir contre eux des preuves de fautes professionnelles pour les déconnecter.

L'enquête, fruit d'un an de travail, est suivie d'un débat avec Bérangère Couillard, députée LREM à l'origine d'un article contesté de la loi sur les mobilités instituant des "chartes" facultatives des droits des livreurs, Barbara Gomes, collaboratrice parlementaire PCF qui réclame un vrai statut de salarié pour ces travailleurs, et le spécialiste des syndicats Christophe Degryse.

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