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Souris, poissons, mouches: la petite "ménagerie" de l'espace

| AFP | 259 | Aucun vote sur cette news
Le rat Hector, le 26 décembre 1960, premier animal envoyé dans l'espace par la France à bord d'une fusée Véronique
Le rat Hector, le 26 décembre 1960, premier animal envoyé dans l'espace par la France à bord d'une fusée Véronique ( - / AFP/Archives )

Souris, poissons, mouches...: dans l'espace, les animaux sont utilisés pour faire progresser la recherche médicale notamment sur le vieillissement, explique à l'AFP la biologiste Julie Robinson, scientifique en chef pour la Nasa de la Station spatiale internationale.

Q: A notre époque, serait-il envisageable d'envoyer des chiens, des chats ou des singes dans l'espace comme cela a été le cas dans les premières décennies de la conquête spatiale?

R: Nous ne prévoyons vraiment pas de le faire pour une série de raisons. L'une, c'est que nous n'avons plus les mêmes objectifs lorsque nous envoyions des animaux dans l'espace.

Au départ, on a utilisé ces espèces parce que l'on craignait que les mammifères en général ne soient pas capables de survivre en l'absence de gravité. On pensait que les humains risquaient par exemple de s'étouffer. On ne savait pas du tout ce que cela pouvait donner.

Désormais, on sait que les humains survivent dans l'espace. Donc on n'a plus besoin d'avoir recours à ce genre d'animaux.

Aujourd'hui nous envoyons dans l'espace des petits animaux, en nombre, pour faire de la recherche biomédicale.

Typiquement nous utilisons des rongeurs, des mouches drosophiles, des poissons, des vers. Nous voulons disposer de larges échantillons. Nous cherchons à avoir 20 à 40 animaux pour mener des études statistiquement valides.

Chacun de ces études vise à résoudre une question médicale en particulier, généralement dans le but de progresser dans le domaine de la santé humaine.

Q: Ces petits animaux s'entraînent-ils avant de partir et comment se passe leur adaptation dans l'espace?

R: Pour chaque expérience réalisée dans l'espace les astronautes doivent s'entraîner et c'est pareil pour les expériences avec les animaux. Ils doivent apprendre comment opérer dans leur habitat et comment réaliser les activités prévues.

Les rongeurs vivent dans des cages spéciales, où ils ont de l'eau et de la nourriture.

Les poissons nagent dans des aquariums dont le haut est fermé pour que l'eau ne s'échappe pas en raison de l'apesanteur. Ils s'adaptent très rapidement à la vie dans l'espace.

Les souris vivent un peu ce que ressent l'équipage. Quand elles arrivent dans l'ISS et qu'elles commencent à flotter, elles sont surprises mais rapidement elle apprennent à utiliser leur habitat, à boire, manger et dormir de façon assez normale. Il y en a environ dix par habitat.

Le lancement est une expérience stressante pour elles comme pour les astronautes. Mais une fois dans l'espace, elles vivent une expérience relativement paisible. Elles s'adaptent plutôt bien.

Dans le futur, nous envisageons également d'envoyer des rats dans la station.

Q: Que cherchez-vous à étudier avec ces animaux et vous entourez-vous de précautions sur le bien-être animal?

R: Les recherches menés sur les souris dans l'ISS sont proches de celles que l'on fait sur Terre avec ces animaux.

Elles portent notamment sur des domaines dans lesquels nous essayons d'améliorer la santé humaine, particulièrement l'ostéoporose et la fonte musculaire.

Dans la station spatiale, où ils sont en situation de microgravité, ces petits animaux flottent tout comme les humains et ils perdent de la densité osseuse s'ils ne font pas d'exercice. De même leurs muscles s'affaiblissent.

Sur les souris, ces processus se déclenchent rapidement et leur étude peut permettre de développer des traitements pour agir contre la baisse de la densité osseuse chez l'homme.

Les poissons dans l'espace sont également utiles pour étudier ces processus.

Nos recherches ont généralement un double objectif. Nous voulons réduire les risques pour les astronautes qui participeront aux futures explorations spatiales au-delà de l'orbite terrestre.

Mais nous voulons aussi que nos travaux aient un impact sur Terre. Car ces processus de perte osseuse et de fonte musculaire se produisent aussi avec le vieillissement.

Toutes ces expériences nous semblent extrêmement importantes.

Nous faisons très attention à ce qu'elles remplissent les critères sur l'utilisation des animaux définis par la loi. Un comité indépendant s'assure que tout est fait de façon éthique et que ces recherches sont utiles.

pcm/ial/cam

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