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Venezuela: question de vie ou de mort, elles viennent accoucher en Colombie

| AFP | 552 | Aucun vote sur cette news
La Vénézuélienne Dayana Zambrano, enceinte, est soignée à l'hôpital Erasmo Meoz de Cucuta, le 25 juillet 2017 en Colombie
La Vénézuélienne Dayana Zambrano, enceinte, est soignée à l'hôpital Erasmo Meoz de Cucuta, le 25 juillet 2017 en Colombie ( Luis Acosta / AFP )

Dénutrie, Dayana Zambrano est loin d'avoir le ventre rond d'une femme à presque neuf mois de grossesse. La pénurie d'aliments dans un Venezuela en crise l'a contrainte à migrer en Colombie pour donner la vie sans risquer la mort.

Il y a trois mois, cette jeune Vénézuélienne a été admise à l'hôpital universitaire Erasmo Meoz de Cucuta, après avoir voyagé plus de 1.200 km en autocar depuis Ciudad Bolivar (est du Venezuela) afin de bénéficier d'un suivi médical, comme de plus en plus de femmes enceintes de son pays.

"Quand je suis arrivée, mon poids était très bas pour le nombre de mois de grossesse. Grâce à Dieu, il a augmenté et le docteur m'a dit que le bébé allait bien. Il faut juste que ses poumons se développent un peu", a expliqué à l'AFP cette jeune femme de 21 ans, venue en Colombie avec son compagnon.

Le bébé s'est développé plus lentement que la normale du fait de l'état de dénutrition de la mère. "Je ne mangeais pas trois fois" par jour, dit-elle. Elle préférait nourrir son autre enfant, une fillette d'un an. L'exténuant voyage jusqu'à la ville-frontière de Cucuta a en outre "affecté le placenta et j'ai commencé à saigner".

Les Vénézuéliennes Dayana Zambrano (g) et Joselis Cañas, enceintes, sont soignées à l'hôpital Erasmo Meoz de Cucuta, le 25 juillet 2017 en Colombie
Les Vénézuéliennes Dayana Zambrano (g) et Joselis Cañas, enceintes, sont soignées à l'hôpital Erasmo Meoz de Cucuta, le 25 juillet 2017 en Colombie ( Luis Acosta / AFP )

Pâle et menue, elle est néanmoins heureuse de se sentir mieux maintenant à 34 semaines de grossesse, dans cet hôpital public où les soins sont gratuits.

- Mortalité maternelle à 65% -

La décision de Dayana Zambrano de quitter son pays est le reflet d'une situation de plus en plus dure au Venezuela. Avec la crise politico-économique, la mortalité infantile a atteint 30,12% en 2016, avec 11.466 morts d'enfants entre 0 et 1 an, et le taux de mortalité maternelle a explosé à 65%, selon le ministère de la Santé vénézuélien.

La Vénézuélienne Marbella Niño et son nouveau-né Joshier à l'hôpital Erasmo Meoz, le 25 juillet 2017 en Colombie
La Vénézuélienne Marbella Niño et son nouveau-né Joshier à l'hôpital Erasmo Meoz, le 25 juillet 2017 en Colombie ( Luis Acosta / AFP )

Dans la chambre voisine, Joselys Cañas, 19 ans, est soulagée que son enfant naisse à Cucuta, où elle s'est installée avec sa mère il y a un peu plus d'un an, venant de Maracaibo, état frontalier de la Colombie.

Elle se dit "très chanceuse, surtout parce que là-bas il n'y a pas de médicaments, il n'y a rien. En revanche ici, oui", témoigne cette jeune fille aux yeux couleur de miel, qui attend allongée la visite du médecin.

Le nombre de patients vénézuéliens à Erasmo Meoz "a augmenté de manière exponentielle", a précisé à l'AFP le directeur de l'hôpital, Juan Agustin Ramirez.

Entre septembre et décembre 2015, 655 Vénézuéliens y ont été soignés, 2.300 en 2016, et déjà 1.400 cette année, générant un coût de plus de 1,6 million de dollars, a-t-il ajouté.

Une Vénézuélienne, mineure, vient d'accoucher à l'hôpital Erasmo Meoz, le 25 juillet 2017 en Colombie
Une Vénézuélienne, mineure, vient d'accoucher à l'hôpital Erasmo Meoz, le 25 juillet 2017 en Colombie ( Luis Acosta / AFP )

Les femmes enceintes "arrivent sans avoir bénéficié d'aucun contrôle" prénatal, ce qui "les classe d'office comme à risque".

"Si on aboutit à une tragédie de grandes proportions, à un déplacement de Vénézuéliens, nous devrons en appeler à l'aide internationale, à l'ONU ou à l'OEA (Organisation des états américains) pour organiser des sites d'accueil de réfugiés avec des hôpitaux de campagne", a estimé M. Ramirez.

- Vaccins et médicaments introuvables -

Marbella Niño, 22 ans, a donné naissance à Joshier à Erasmo Meoz. Au Venezuela, elle aurait dû acheter tout le matériel chirurgical pour la césarienne, mais il était "introuvable". "En vérité, je n'ai pas l'argent pour l'acheter", ajoute la jeune mère, à laquelle l'hôpital colombien a même donné des couches pour son bébé, produit rare de l'autre côté de la frontière.

"Je préférais accoucher ici, où il a pu être vacciné et mieux suivi", souligne-t-elle, en se préparant à retourner au Venezuela dans trois semaines, bien que préoccupée par la pénurie de produits alimentaires et de santé. "Imaginez qu'il tombe malade là-bas où on ne trouve pas de médicaments non plus!".

Une mineure de 16 ans a accouché de son bébé la veille. Elle ne se voit pas retourner au Venezuela à cause de la crise et aussi parce qu'elle a fui il y a trois ans les mauvais traitements que lui infligeaient ses parents.

"Ils m'attrapaient comme si j'étais un ballon, me rouaient de coups de pied, m'attachaient les mains (...) C'est pour ça que je suis partie de la maison", raconte-t-elle d'une voix timide. Les mots lui coûtent.

Recueillie par une institutrice à Tibu, localité de la frontière, elle veut travailler pour elle et son bébé, "se battre pour avoir une petite maison", dit-elle, encore marquée des traits de l'enfance.

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