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Neuf ans de batailles autour du maintien en vie de Vincent Lambert

| AFP | 129 | Aucun vote sur cette news
Vincent Lambert, pris en photo le 3 juin 2015, est hospitalisé dans un état végétatif au CHU de Reims depuis 2008
Vincent Lambert, pris en photo le 3 juin 2015, est hospitalisé dans un état végétatif au CHU de Reims depuis 2008 ( FAMILY HANDOUT / FAMILY HANDOUT/AFP/Archives )

La famille de Vincent Lambert se déchire depuis près de neuf ans ans au sujet de son maintien en vie.

- De l'accident au protocole de fin de vie

Vincent Lambert est hospitalisé à Reims depuis qu'un accident de la route, en septembre 2008, l'a plongé dans un état végétatif, sans espoir d'amélioration, disent les médecins en 2011.

Le 10 avril 2013, le CHU engage un protocole de fin de vie avec son épouse Rachel. Vincent Lambert, selon sa soeur Marie et son épouse, avait "clairement" indiqué avant son accident qu'il ne souhaitait pas d’acharnement thérapeutique, mais il n'a laissé aucune consigne écrite.

- Deux décisions pour la poursuite des soins

Le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne, saisi par les parents opposés à l'euthanasie passive, ordonne le rétablissement de l'alimentation. Il reproche aux médecins un manque d'information de la famille.

Cependant, le 11 janvier 2014, le CHU informe la famille qu'il va arrêter nutrition et hydratation artificielles, conformément à la loi Leonetti qui interdit l'acharnement thérapeutique. Sur quatre experts, un seul a plaidé pour le maintien en vie.

Une nouvelle fois, le 13 janvier, le tribunal saisi par les parents, une sœur et un demi-frère, ordonne la poursuite du traitement, "ni inutile, ni disproportionnée". Rachel Lambert et le CHU en appellent au Conseil d’État.

- Conseil d’État et CEDH pour l'arrêt des soins

Après une nouvelle expertise, qui confirme l'incurabilité et une "dégradation" de l'état général, le Conseil d'État se prononce le 24 juin 2014 pour l'arrêt des soins.

Aussitôt saisie par les parents, la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) juge le 5 juin 2015 que cet arrêt ne viole pas le droit à la vie de Vincent Lambert.

Le 10 juillet, le CHU annonce une nouvelle procédure d'arrêt du traitement et convoque la famille. Mais le 23 juillet, contre toute attente, les médecins annoncent qu'ils ne se prononcent pas concernant l'arrêt des soins arguant que les conditions de "sérénité et de sécurité nécessaires" ne sont pas réunies. Ils demandent la nomination d'un représentant légal pour le patient.

- Rachel Lambert, tutrice de son mari

Le 9 octobre, le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne rejette la demande d'arrêt des soins réclamé par son neveu. Les médecins sont en droit, dit-il, "en vertu de leur indépendance professionnelle et morale", de suspendre le processus d'arrêt des traitements malgré les décisions de justice précédentes.

Le 10 mars 2016, le juge des tutelles choisit Rachel Lambert comme tutrice. Les parents Lambert contestent vainement en appel et en cassation.

La cour administrative d'appel de Nancy, saisie du jugement du 9 octobre 2015, décide le 16 juin 2016 que les consultations d'experts pouvant mener à un arrêt des soins doivent reprendre. Les parents forment un nouveau recours auprès du Conseil d'Etat.

- La suspension de la procédure jugée "illégale"

Le 11 janvier 2017, les parents de Vincent Lambert, qui réclament son transfert dans un établissement spécialisé, déclarent avoir porté plainte contre le CHU de Reims pour "délaissement de personne hors d'état de se protéger".

Le 24 mars, la cour d'appel de Reims rejette leur demande de transfert. Les parents se pourvoient en cassation.

Le 19 juillet, le Conseil d'Etat juge "illégale" la suspension de la procédure d'examen de l'interruption des traitements de Vincent Lambert.

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