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Bioéthique - Entre questions de société et fantasmes de science-fiction

| AFP | 290 | Aucun vote sur cette news
Des personnes drapés d'un drapeau arc-en-ciel le 5 août 2017 à Nice
Des personnes drapés d'un drapeau arc-en-ciel le 5 août 2017 à Nice ( VALERY HACHE / AFP/Archives )

PMA, euthanasie, examens génétiques, intelligence artificielle... Tour d'horizon des neuf thèmes abordés par le Comité d'éthique (CCNE) dans son avis, qui ne se retrouveront pas tous forcément dans la loi de bioéthique.

- Procréation et société -

Cinq ans après les débats houleux autour du mariage pour tous, l'ouverture de la PMA (procréation médicalement assistée) aux couples de lesbiennes et aux femmes seules est le thème le plus polémique des États généraux de la bioéthique. Le CCNE a déjà dit en 2017 qu'il y était favorable.

Echaudé par l'expérience de 2013, le gouvernement insiste sur la nécessité d'un "débat apaisé" et assure que l'extension de la PMA ne mènera pas à la GPA (gestation pour autrui), c'est-à-dire le recours aux mères porteuses, notamment pour les couples d'hommes homosexuels.

- Fin de vie -

C'est le deuxième thème sociétal, et non strictement médical, de la réflexion entamée cette année sur la bioéthique. Et là encore, il donne lieu à des débats enflammés, autour d'une question récurrente: faut-il légaliser l'euthanasie?

Le gouvernement a toutefois assuré que la fin de vie ne figurerait pas dans son projet de loi de bioéthique, puisqu'elle fait l'objet d'une loi à part, dite Claeys-Léonetti, datant de 2016.

- Dons d'organes -

Soigner davantage de patients grâce au don d'organes implique d'assouplir les conditions de prélèvement. Mais à quel point?

Pour les prélèvements à partir de donneurs décédés, faut-il créer un registre des donneurs, sur lequel il faudrait s'inscrire de son vivant? Le système actuel fonctionne à l'inverse, avec un registre national des refus.

Pour les prélèvements à partir de donneurs vivants, faut-il autoriser tout le monde à donner, alors que c'est aujourd'hui uniquement permis à la famille et aux proches des receveurs?

- Examens génétiques et médecine génomique -

Prévoir l'apparition d'une maladie en repérant des gènes défectueux. Corriger des gènes dans l'embryon pour épargner au bébé une maladie héréditaire. Tout cela est encore impossible mais ne semble plus irréaliste.

On peut déjà dépister la trisomie 21 dans l'ADN du foetus après une prise de sang chez la mère. Sur internet, des sociétés étrangères vendent des tests génétiques, bien que la France les interdise. Et la recherche sur les gènes progresse à grands pas.

Revers de la médaille: des inquiétudes éthiques dignes du "Meilleur des mondes" d'Aldous Huxley, car l'ombre de l'eugénisme plane sur ces techniques.

- Cellules souches et recherches sur l'embryon -

Les cellules souches embryonnaires seront peut-être l'un des piliers de la médecine du futur. Capables de réparer ou remplacer des tissus endommagés, elles peuvent être multipliées à l'infini.

Mais elles soulèvent aussi de nombreuses questions éthiques, car elles supposent de travailler sur des embryons. Interdites sauf dérogation jusqu'en 2013, les recherches sur l'embryon et les cellules souches embryonnaires humaines sont aujourd'hui strictement encadrées. Faut-il faire évoluer ce cadre?

- Neurosciences -

Grâce aux progrès des techniques d'exploration du cerveau, dont l'IRM (imagerie par résonance magnétique), on connaît un peu mieux le fonctionnement de cet organe aussi essentiel que mystérieux. Mais jusqu'où peut-on pousser les recherches en neurosciences?

Cela rappelle des thèmes chers aux auteurs de science-fiction. Pourra-t-on un jour lire dans le cerveau comme dans un livre ouvert ou en modifier le fonctionnement pour accroître ses capacités?

- Données de santé -

Les données de santé collectées dans le cadre des soins sont couvertes par le secret médical et peuvent être utilisées pour la recherche. Mais hors de ce cadre, nombre de données sont recueillies via des applications grâce auxquelles on peut, par exemple, surveiller son poids ou son rythme cardiaque.

Cela pose des problèmes de confidentialité, alors que la protection des données personnelles sur internet et les réseaux sociaux comme Facebook est une question de première importance. Ces gigantesques masses de données représentent en effet un enjeu économique énorme.

- Intelligence artificielle et robotisation -

La robotisation transforme la médecine: des machines sont désormais capables de réaliser des tâches jusque-là réservées aux personnels soignants, comme par exemple des opérations très pointues de neurochirurgie ou d'urologie.

La question que cela soulève est celle que posait le film "2001: l'Odyssée de l'espace": jusqu'où les robots doivent-ils remplacer les humains?

- Santé et environnement -

Pollution de l'air, pesticides, perturbateurs endocriniens... La crise écologique fait prendre conscience des conséquences que peut avoir la dégradation de l'environnement sur la santé. Et pose une question sans doute loin de trouver une réponse: comment protéger les générations futures?

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