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Tariq Ramadan peut rester en prison, selon une expertise médicale

| AFP | 342 | Aucun vote sur cette news
L'islamologue suisse Tariq Ramadan, à Bordeaux, le 26 mars 2016
L'islamologue suisse Tariq Ramadan, à Bordeaux, le 26 mars 2016 ( MEHDI FEDOUACH / AFP/Archives )

Tariq Ramadan, mis en examen pour viols, peut rester en prison au vu de son état de santé. C'est la conclusion de l'expertise médicale ordonnée par la justice, avant l'examen jeudi du recours déposé par le théologien musulman contre son incarcération.

Ecroué depuis début février à la prison de Fleury-Mérogis (Essonne), l'islamologue suisse a contesté son placement en détention provisoire, en invoquant notamment son état de santé. La cour d'appel de Paris a ordonné jeudi dernier cette expertise et a renvoyé à jeudi prochain sa décision sur sa demande de remise en liberté.

M. Ramadan affirme souffrir de deux maladies, dont une sclérose en plaques. Il a été hospitalisé vendredi soir au Centre hospitalier sud-francilien à Corbeil-Essonnes. Il s'y trouvait encore lundi, selon une source proche du dossier.

Les deux pathologies dont il dit souffrir "ne peuvent être considérées comme certaines au jour de la présente expertise, au vu des documents présentés, des dires de Monsieur Tariq Ramadan et des constatations de l'examen clinique" réalisé jeudi dernier juste après l'audience devant la chambre de l'instruction, selon le contenu de cette expertise révélé lundi à l'AFP par des sources proches du dossier.

Le médecin souligne également dans son rapport "la nécessité d'un bilan neurologique complet et sérieux qui n'a pas été fait depuis les années que semblent durer les troubles allégués", ont ajouté ces sources.

A l'appui de ses dires, l'intellectuel musulman avait produit plusieurs attestations rédigées par ses médecins. Il avait aussi présenté un examen médical réalisé le 13 février par un médecin généraliste de sa prison, qui avait jugé son état de santé "incompatible avec la détention".

En l'état, l'expert médical désigné par la justice estime aussi que les pathologies évoquées par l'islamologue ne peuvent s'aggraver brutalement et "ne peuvent pas engager à court ou plus long terme le pronostic vital".

- Vifs débats -

"Son état de santé s'aggrave, d'autant plus que les juges ont refusé (vendredi) encore de délivrer un permis de visite à sa femme et ses enfants", avait indiqué samedi une personne de son entourage sous couvert d'anonymat.

Deux femmes ont porté plainte fin octobre contre l'intellectuel, accusé par ses détracteurs de dissimuler le projet d'un islam politique, voire radical. Une information judiciaire a été ouverte et confiée à trois juges d'instruction.

Depuis le début de cette affaire, qui a suscité de vifs débats en France, M. Ramadan conteste les accusations portées contre lui pour des faits qui auraient eu lieu le 9 octobre 2009 à Lyon et en mars-avril 2012 à Paris.

La justice avait décidé le placement en détention provisoire du théologien, craignant une fuite à l'étranger ou d'éventuelles pressions sur les plaignantes ou d'autres femmes ayant témoigné sous X - un dispositif destiné à protéger le témoin - lors de l'enquête préliminaire.

Pour obtenir sa remise en liberté, la défense de Tariq Ramadan insiste sur son état de santé et sur le fait qu'il est prêt à rendre son passeport suisse et à verser une caution de 50.000 euros. Ses avocats ont également suggéré un possible placement sous surveillance électronique.

Le théologien est soutenu par l'organisation des Musulmans de France (ex-UOIF), proche de la mouvance des Frères musulmans dont le fondateur est le grand-père de Tariq Ramadan.

Ce mouvement influent avait indiqué espérer que "la santé de Tariq Ramadan ainsi que l'ensemble du dossier fassent l'objet d'un examen rigoureux, loin de toute pression médiatique ou idéologique".

Sa femme a également pris la parole pour la première fois depuis le début de l'affaire dans une vidéo sur Facebook.

Elle y juge que son mari est victime d'un "lynchage médiatique" et d'"accusations mensongères" et affirme qu'"il n'a jamais tenté d'échapper à la justice".

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