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Séminaire dominical du gouvernement, pour préparer les futures réformes

| AFP | 410 | 1 par 1 internautes
Le Premier ministre Edouard Philippe le 6 octobre 2017 à Nantes
Le Premier ministre Edouard Philippe le 6 octobre 2017 à Nantes ( LOIC VENANCE / AFP/Archives )

Le gouvernement s'est réuni dimanche après-midi à Matignon pour un séminaire destiné à préparer les grands chantiers d'ici à la fin de l'année, dans un climat social tendu, marqué par les critiques contre une politique jugée trop favorable aux "riches".

Deux premiers exercices de ces réunions gouvernementales, se voulant plus informels, l'un à Nancy fin juin, l'autre à l'Elysée à la rentrée autour d'Emmanuel Macron, ont été considérés comme utiles dans la coordination de l'exécutif.

"Un gouvernement, c'est un orchestre : pour qu'un orchestre joue bien, il faut que chacun joue sa partition, mais aussi que chacun sache quelle partition joue l'autre", a résumé Edouard Philippe en arrivant à la réunion à Matignon.

"Faire en sorte que les ministres s'écoutent, qu'ils sachent qui va faire quoi et à quel moment, dans une atmosphère assez décontractée", a poursuivi le Premier ministre, lui-même en tenue détendue, jean moutarde et chemise bleu jean, sans cravate.

Le "séminaire", pour lequel ne manquait que trois ministres, a duré un peu plus de quatre heures et s'est achevé vers 20h30. Mais "la plupart" des convives sont restés dîner autour du Premier ministre.

Selon Matignon, la réunion visait essentiellement à préparer les plans gouvernementaux d'ici la fin de l'année, notamment le lancement de la concertation sur la réforme de l'assurance-chômage et de la formation professionnelle, et le "plan étudiant" actuellement préparé par la ministre Frédérique Vidal.

L'exécutif entendait aussi faire davantage "émerger" des mesures, nouvelles ou déjà incluses dans les feuilles de route des ministres, qui montrent qu'il veut aussi mieux "protéger" les Français, pour illustrer le slogan "libérer et protéger" porté par Emmanuel Macron durant sa campagne.

"La volonté du président de la République, c'est de montrer qu'on est bien sur deux jambes, et sortir de la cristallisation sur l'ISF", glisse un conseiller.

La réforme de l'impôt sur la fortune (ISF), dont le recentrage sur le seul immobilier a été dénoncé par la gauche comme un cadeau du "président des riches" aux plus aisés, a parasité la communication gouvernementale autour d'un budget vanté comme "équilibré".

Selon un sondage Elabe publié jeudi, 45% des Français jugent la politique de l'exécutif équilibrée, mais 40% "trop à droite".

- La copie a été revue -

Face à la polémique sur les yachts ou autres lingots d'or qui échapperaient à l'ISF, la copie a dû être revue.

Richard Ferrand, patron du groupe LREM à l'Assemblée, portera finalement lui-même un amendement visant à taxer, à raison de 30 à 200.000 euros par an, les résidents français propriétaires de bateaux de plus de 30 mètres. La taxe sur la cession des matières précieuses devrait être alourdie et une taxe sur les voitures de grand luxe créée.

Dimanche, le président LREM de l'Assemblée nationale, l'ex-EELV François de Rugy, a aussi évoqué la possibilité que les maisons de retraite répercutent la baisse de la taxe d'habitation pour compenser la hausse de la CSG qui va toucher principalement les retraités.

Jeudi et vendredi, le président Macron ouvre le bal des concertations sociales autour de la future réforme de l'assurance-chômage et de la formation professionnelle, en recevant les syndicats à l'Elysée, comme il l'avait fait fin mai sur le droit du travail. Edouard Philippe prendra le relais, sans doute la semaine suivante.

Si l'exécutif tente de tourner la page des ordonnances travail, qui doivent encore être ratifiées par le Parlement fin novembre, ces mêmes syndicats n'ont sans doute pas encore dit leur dernier mot.

Lundi, les dirigeants des grandes centrales discutent d'une action commune. La contestation a été relancée chez FO et la CFDT, dont les dirigeants, conciliants sur ce dossier, sont soumis à une pression de leur base.

Pour le Premier ministre, invité d'Europe 1 lundi matin, la concertation s'étendra à d'autres domaines cette semaine.

Il reçoit jeudi et vendredi plusieurs représentants des collectivités locales, qui grognent contre les contraintes budgétaires fixées par l'exécutif.

Lundi, il recevra à Matignon les dirigeants des deux principaux syndicats étudiants, la Fage et l'Unef, en vue du plan préparé dans le sillage de la future réforme des règles d'inscription à l'université.

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