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Retraites: l'étape 1 du marathon s'achève à l'Assemblée, sans la gauche ni LR

| AFP | 371 | 3 par 2 internautes
Le dirigeant de La France Insoumise (LFI) Jean-Luc Mélenchon, lors de l'examen des motions de censure à l'Assemblée nationale, le 3 mars 2020
Le dirigeant de La France Insoumise (LFI) Jean-Luc Mélenchon, lors de l'examen des motions de censure à l'Assemblée nationale, le 3 mars 2020 ( Ludovic Marin / AFP )

L'Assemblée nationale a adopté jeudi le volet organique de la réforme des retraites, marquant la fin d'un premier marathon parlementaire acharné, conclu par un baroud d'honneur de la gauche et de la droite, dénonçant de concert une "mascarade".

Deux jours après l'adoption en première lecture du volet principal via le recours à l'arme critiquée du 49-3, les députés ont voté le projet de loi organique par 98 voix contre 1. Les oppositions de gauche, en dénonçant une "mascarade", puis LR, faute de vote solennel, avaient quitté l'hémicycle avant le scrutin.

Après le vote, le secrétaire d'Etat Laurent Pietraszewski a vanté un projet "qui réécrit le pacte social que nous voulons passer avec la nation", le groupe LREM évoquant "un texte fondamental pour le futur système universel de retraite".

Les députés étaient mobilisés depuis un mois sur cette réforme emblématique et avaient entamé mercredi l'examen du texte organique.

Il fixe notamment une "règle d'or" sur l'équilibre financier du futur système et prévoit une application anticipée de la réforme dès 2022 pour les parlementaires. D'ultimes retouches ont été apportées en séance sur les retraites des membres du Conseil constitutionnel ou la gouvernance du système.

Les oppositions, mobilisées depuis le début des travaux en commission le 3 février, n'ont pas relâché la pression critiquant encore et toujours une réforme qui "manque de coeur" selon la gauche, et qui n'est pas financée d'après la droite. Les mêmes accusations peu ou prou que sur la première partie, interrompue après 13 jours d'un débat hors norme, dénoncé à droite comme à gauche comme un "fiasco".

L'hémicycle de l'Assemblée nationale, le 3 mars 2020
L'hémicycle de l'Assemblée nationale, le 3 mars 2020 ( Ludovic Marin / AFP )

Mais alors que les députés devaient siéger un troisième week-end consécutif avec 1.800 amendements au menu, le rythme s'est considérablement accéléré, dans un hémicycle assez dégarni.

D'emblée, la rapporteure Cendra Motin (LREM) avait indiqué qu'elle ne commenterait pas les amendements de forme, le secrétaire d'Etat se contentant souvent d'un simple avis défavorable.

De quoi susciter des protestations récurrentes à gauche sur un débat en train de "s'étioler", l'Insoumis Jean-Luc Mélenchon, fustigeant la "déroute morale" d'une majorité "même pas capable" de défendre son "affaire".

- "On se barre!"

A la mi-journée, les élus PS, PCF et LFI ont quitté d'un bloc jeudi l'hémicycle, dénonçant une "mascarade de débat" et une "triste comédie".

Pour le communiste Sébastien Jumel, "les choses vont se jouer ailleurs". Il a promis une "raclée monumentale" pour la majorité lors des municipales des 15 et 22 mars.

"Pour reprendre les termes de l'écrivaine Virginie Despentes, nous aussi on se lève et on se barre!", a enchaîné Clémentine Autain (LFI). Même décision pour Valérie Rabault (PS).

Le chef de file des élus LREM Gilles Le Gendre a dénoncé après le départ de la gauche une manoeuvre "montée à la va vite", le MoDem Bruno Millienne regrettant sur Twitter cette "politique de la chaise vide".

Thierry Benoit (UDI-Agir) a jugé que cela donne une image encore "déplorable de l'Assemblée", un "mauvais film" pour sa collègue Agnès Firmin Le Bodo.

La bataille s'est poursuivie dans les couloirs de l'Assemblée où M. Le Gendre a raillé les "mauvais acteurs d'une mauvaise pièce", tandis que Jean-Luc Mélenchon invitait de son côté la majorité à "parler avec les murs".

Juste avant le vote, les députés LR sont partis à son tour, dénonçant l'absence de scrutin solennel. Le chef de file du groupe de droite Damien Abad a souligné auprès de l'AFP que les élus de sa formation avaient "joué le jeu jusqu'au bout", sans obstruction, mais ne pouvaient accepter "cette mascarade de vote", "en catimini".

La bataille est loin d'être achevée. Côté rue, une nouvelle journée de mobilisation est annoncée le 31 mars. Côté Parlement, la réforme est attendue au Sénat fin avril, où les élus communistes ont d'ores et déjà promis "un long débat".

Le gouvernement, déjà sous tension entre coronavirus et élections municipales, n'a pas fermé la porte à un éventuel report de 15 jours pour attendre les conclusions de la "conférence de financement".

La réforme reviendra ensuite à l'Assemblée, le gouvernement tablant sur une adoption définitive avant l'été.

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