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RDC: une longue crise politique émaillée de violences

| AFP | 152 | Aucun vote sur cette news
Des partisans de l'opposant Felix Tshisekedi, proclamé vainqueur de la présidentielle, fêtent sa victoire, le 10 janvier 2019 à Kinshasa, en RDC
Des partisans de l'opposant Felix Tshisekedi, proclamé vainqueur de la présidentielle, fêtent sa victoire, le 10 janvier 2019 à Kinshasa, en RDC ( John WESSELS / AFP )

La République démocratique du Congo, où le candidat de l'opposition Félix Tshisekedi a été déclaré vainqueur de l'élection présidentielle historique, est minée depuis plusieurs années par une crise politique qui s'est aggravée avec le maintien au pouvoir de Joseph Kabila après l'expiration de son deuxième et dernier mandat constitutionnel fin 2016.

Elections controversées

Joseph Kabila est investi président en janvier 2001, après l'assassinat de son père Laurent-Désiré Kabila.

Le 29 octobre 2006, il est élu face à Jean-Pierre Bemba, du Mouvement de libération du Congo (MLC, opposition), lors des premières élections libres depuis l'indépendance, après un entre-deux-tours émaillé de violences.

En mars 2007, des combats entre l'armée et la garde rapprochée de Jean-Pierre Bemba font plus de 300 morts. Bemba quitte la RDC.

Le 28 novembre 2011, M. Kabila est réélu lors d'élections marquées par des violences et entachées d'irrégularités. L'opposant Etienne Tshisekedi rejette les résultats.

Le président congolais Joseph Kabila lors des élections, le 30 décembre 2018 à Kinshasa
Le président congolais Joseph Kabila lors des élections, le 30 décembre 2018 à Kinshasa ( Luis TATO / AFP/Archives )

A partir de janvier 2015, des manifestations contre un possible maintien au pouvoir de Kabila après la fin de son dernier mandat fin 2016 font des dizaines de morts.

Accord sous l'égide de l'épiscopat

Le 31 décembre 2016, pouvoir et opposition signent un accord sous l'égide de l'épiscopat autorisant M. Kabila à rester jusqu'à "fin 2017", en contrepartie de la création d'un Conseil national de suivi de l'accord et la nomination d'un Premier ministre issu de l'opposition.

Le 7 avril 2017, Bruno Tshibala est nommé Premier ministre, poste que briguait Félix Tshisekedi, fils d'Étienne Tshisekedi décédé en février.

Kabila au pouvoir jusqu'au début 2019

Le 5 novembre 2017, la Commission électorale annonce plusieurs scrutins, dont la présidentielle, pour le 23 décembre 2018. M. Kabila restera jusqu'en janvier 2019. L'opposition exige son départ dès fin 2017.

L'opposant congolais Felix Tshisekedi proclamé vainqueur de la présidentielle, le 10 janvier 2019 à Kinshasa, en RDC
L'opposant congolais Felix Tshisekedi proclamé vainqueur de la présidentielle, le 10 janvier 2019 à Kinshasa, en RDC ( Caroline Thirion / AFP )

L'épiscopat déplore "l'usage disproportionné de la force" par la police, citant "au moins" 56 morts dans des manifestations entre avril et octobre 2017.

Fin 2017 et début 2018, plusieurs marches interdites de catholiques contre le maintien au pouvoir de Kabila sont réprimées et font plusieurs morts. La communauté internationale durcit le ton contre Kinshasa.

Dauphin et opposition divisée

Le 8 juin 2018, la Cour pénale internationale (CPI) acquitte en appel l'ancien chef de guerre Jean-Pierre Bemba, arrêté en 2008 et condamné en première instance à 18 ans de prison pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité en Centrafrique.

Le 8 août 2018, Kabila désigne l'ex-ministre de l'Intérieur Emmanuel Ramazani Shadary comme son dauphin à la présidentielle, s'engageant "à quitter le pouvoir".

Le 19 septembre, la commission électorale publie la liste des 21 candidats à la présidentielle, excluant Jean-Pierre Bemba et l'opposant en exil Moïse Katumbi.

Le 11 novembre, sept ténors de l'opposition choisissent un candidat unique, Martin Fayulu. Le lendemain Félix Tshisekedi et le président de l'UNC Vital Kamerhe se retirent de l'accord. Kamerhe se rallie à Tshisekedi pour former "un ticket".

Elections encore reportées

Le 20 décembre, trois jours avant le scrutin, celui-ci est repoussé pour la troisième fois, au 30 décembre.

Le 26 décembre, les élections sont reportées en mars dans deux zones touchées par une épidémie d'Ebola et des tueries, Béni-Butembo (est) et Yumbi (ouest).

La veille du scrutin Martin Fayulu et Félix Tshisekedi refusent de signer un document rejetant toute violence, parce qu'il n'intégrait par leurs amendements en faveur de la transparence des opérations de vote et de dépouillement.

Les résultats des élections tardent

Le 31 décembre, au lendemain des élections, internet est suspendu. L'Eglise relève des anomalies dans le comptage des voix.

Le 2 janvier 2019, Kinshasa retire son accréditation à la correspondante de RFI et coupe le signal de cette radio très écoutée.

Les appels de la communauté internationale à respecter le choix des électeurs se multiplient.

Le 5 janvier, la publication des résultats provisoires, prévue le 6, est reportée.

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