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"Parlement" du Front national : jeunesse, débats et vieux démons

| AFP | 151 | Aucun vote sur cette news
Le site internet de campagne de Marine Le Pen (Front national) pour la présidentielle de 2012
Le site internet de campagne de Marine Le Pen (Front national) pour la présidentielle de 2012 ( BERTRAND LANGLOIS / AFP/Archives )

L'un fait "don de sa personne" au FN, l'autre juge que la "dédiabolisation ne suffit pas". Les 409 candidats au comité central du parti peuvent, pour la première fois, publier leurs professions de foi, renvoyant l'image de militants plutôt jeunes et traversés par les débats post-présidentielle.

D'habitude, les candidats à cette instance représentative du Front national donnaient leur nom, leur profession et leurs mandats. Cette fois, ils ont pu développer leurs idées dans une courte déclaration publiée sur le site du FN. Environ 300 d'entre eux se sont pliés à l'exercice. Les adhérents en éliront 100.

Il en ressort une très forte majorité de permanents politiques, "qui montre que le FN offre des carrières mais participe aussi au verrouillage de l'appareil en raison du lien salarial", analyse le politologue Jean-Yves Camus.

Ces salariés du FN sont le fruit des victoires électorales récentes (européennes et municipales de 2014, régionales de 2015) et davantage d'élus que dans les années 90.

Bernard Dubuisson se présente comme "un des rares candidats (...) à ne pas avoir de mandat électoral". "Je puis donc sans contrainte aucune" militer.

Les candidats sont plutôt jeunes, "correctement diplômés pour des carrières politiques", et leur féminisation "assez perceptible", note M. Camus.

Beaucoup ont pris leur carte après l'arrivée de Marine Le Pen à la tête du parti en 2011 comme Edwige Diaz, 30 ans, conseillère régionale en Nouvelle-Aquitaine et engagée depuis 2014 "sans réserve auprès de Marine".

- 'Creux de la vague' -

Jean-Patrick Fillet, secrétaire du FN en Vendée, qui fut DJ au Palace de 1973 à 1982 et a vécu 22 ans en Californie, est très atypique.

Les professions les plus représentées sont les forces de l'ordre. Une trentaine de candidats se réclament de leur passé militaire ou policier, affichant à la retraite leur engagement après des années de devoir de réserve.

Ces manifestes se font aussi l'écho des débats au sein d'un parti en pleine refondation depuis l'échec de Marine Le Pen à la présidentielle.

Alain Breuil, militant de Rhône-Alpes, pointe "les difficultés" de l'ancienne finaliste dont la capacité à diriger le mouvement suscite des interrogations jusqu'en interne. Mais il soutient que "la marque FN est encore porteuse".

"Dans le creux de la vague nous devons rester unis", veut croire Cyril Gamba, étudiant des Hautes-Alpes.

Le conseiller économique de Mme Le Pen, Bruno Lemaire, va jusqu'à "déplorer notre maladresse collective à être crédible, voire audible, sur la question de l'euro au cours de la campagne présidentielle, nos explications tenant davantage de la cacophonie que d'une vision stratégique compréhensible par tous".

L'euro a divisé le FN après les élections et conduit au départ fin septembre de l'ex numéro deux Florian Philippot, qui soutenait une sortie immédiate de la monnaie européenne avant que le FN renonce à en faire sa priorité.

- Vieux démons -

Certains candidats se revendiquent de La Manif pour Tous, comme Tiffany Joncour, 28 ans, du Rhône, proches de la mouvance conservatrice de l'ex députée Marion Maréchal-Le Pen et de l'eurodéputé Bruno Gollnisch "avec une sensibilité catholico-sociétale", explique M. Camus.

La nièce de Marine Le Pen, qui a quitté la politique en mai et incarne un libéralisme-conservateur aux antipodes du souverainisme de M. Philippot, est citée par une vingtaine de militants, souvent du Sud-Est, sa région.

En revanche le nom du parti, que Mme Le Pen espère changer, n'est quasiment pas mentionné sauf pour demander son maintien.

Philippe Dubois, vétérinaire en Gironde, ne se retrouve pas dans le clivage "mondialistes-nationaux" de Mme Le Pen. Il défend le clivage droite-gauche et souhaite "l'union des droites" promue par Nicolas Dupont-Aignan, quand Marine Le Pen aspire au rassemblement de tous bords.

Quelques candidats écornent l'image d'un parti que Mme Le Pen affirme avoir débarrassé de ses vieux démons d'antisémitisme ou d'homophobie.

Parmi eux figurent Samuel Potier, à qui la direction du FN avait retiré l'investiture aux législatives après plusieurs tweets antisémites et islamophobes, ou Pascal Fort, qui affiche son appartenance à Génération Identitaire, frange radicale de l'extrême droite.

Axel Loustau, ancien du Gud (syndicat étudiant d'extrême droite) visé en mars par des soupçons d'antisémitisme, est candidat pour la première fois.

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