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Ordonnances sur le code du travail: les députés LR en position acrobatique

| AFP | 140 | Aucun vote sur cette news
La ministre du Travail Muriel Pénicaud à l'Assemblée nationale, le 22 novembre 2017 à Paris
La ministre du Travail Muriel Pénicaud à l'Assemblée nationale, le 22 novembre 2017 à Paris ( FRANCOIS GUILLOT / AFP )

Peut encore mieux faire, mais déjà très bien: les députés Les Républicains sont replacés en position d'équilibristes face à la politique économique et sociale de l'exécutif sur les ordonnances réformant le code du travail.

Pour le premier "groupe d'opposition" à l'Assemblée nationale, le dilemme ressemble à celui sur l'emblématique réforme de l'impôt de solidarité sur la fortune: difficile de défendre des mesures portées par la majorité d'Emmanuel Macron, mais compliqué de s'opposer à des changements souhaités de longue date à droite.

A une large majorité (81 sur 100), les députés LR avaient déjà voté l'habilitation du gouvernement à passer cette réforme par ordonnances. S'il a porté "quelques amendements", le groupe votera aussi largement la ratification lors du vote solennel mardi, a confirmé son chef de file Christian Jacob.

"Ces cinq ordonnances modifient grandement la législation du travail", dont la "complexité" et la "lourdeur sont des freins au développement de l’emploi" dans une France toujours en proie à un chômage de masse, a salué le principal orateur LR, Gérard Cherpion, mardi en discussion générale, soulignant que "pendant la dernière législature nous avions préconisé ce que vous proposez".

Un des vice-présidents du groupe, Damien Abad, a renchéri mercredi sur LCP: "C’est ce que nous avons toujours demandé: la question de l’accord de l’entreprise, du barème des indemnités prud’homales, des fusions des instances de personnel. Et donc les Français ne comprendraient pas que ce qu’on a toujours défendu, eh bien finalement parce que d’autres le feraient à notre place on ne le voterait pas".

- Série de bémols -

Et, dans un contexte d'affaiblissement des partis traditionnels et de recomposition sous l'effet du macronisme, ce soutien de Laurent Wauquiez pour la présidence de LR a vanté "une droite libre et responsable qui vote en fonction des intérêts des Français, et non en fonction des intérêts partisans".

"Ce n'est pas notre semaine à nous: on ne va pas être en désaccord avec ce qu'on a proposé, mais philosophiquement ça n'est qu'un début", a résumé Fabien Di Filippo à l'AFP.

A un LR disant aborder cette ratification d'ordonnances "en confiance", le communiste Sébastien Jumel a lâché dans l'hémicycle: "c’est bien cela qui nous inquiète!".

Bien moins loquaces dans l'hémicycle que les trois groupes de gauche à l'offensive, le groupe présidé par Christian Jacob a exprimé cependant une série de bémols. Il a aussi martelé que les changements ne doivent "pas s’arrêter" à cette "première pierre" pour renforcer la "compétitivité" de la France face à ses concurrents européens et mondiaux, demandant entre autres de réduire encore le "coût du travail" ou d'enlever des "charges" et "contraintes".

Un peu plus critique que d'autres LR même s'il votera la ratification, Jean-Charles Taugourdeau a affirmé rester "sur sa faim", alors que "les promesses du candidat Macron nous laissaient entrevoir une véritable libération du travail", à l'image notamment de l’Allemagne. Il a regretté entre autres le passage d'une série de règles de "la loi à la branche, mais pas totalement jusqu’à l’entreprise" ou des indemnités de licenciement abusifs à "un niveau sensiblement supérieur à celui pratiqué aujourd’hui dans les tribunaux" prud'homaux.

Les députés LR se sont également plaints que "le Parlement a été largement oublié, voire ignoré par le gouvernement" pour cette réforme, passée par ordonnances et avec peu de modifications à l'Assemblée.

"Ce n’est pas parce que vous avez une majorité facile et docile, peut-être aux ordres, que vous devez en oublier que le Parlement comporte aussi une opposition, notamment une opposition de droite qui ne fait pas dans l’idéologie et est prête au travail commun sur ces sujets", a lancé Stéphane Viry.

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