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Norvège: les têtes d'affiche des législatives

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Le chef du Parti travailliste Jonas Gahr Store vote à Oslo le 10 septembre 2017
Le chef du Parti travailliste Jonas Gahr Store vote à Oslo le 10 septembre 2017 ( Terje PEDERSEN / NTB Scanpix/AFP/Archives )

L'une se présente comme le choix de la continuité, l'autre comme le héraut de la lutte contre les inégalités: la Première ministre conservatrice Erna Solberg et son challenger travailliste, Jonas Gahr Støre, ferraillent pour diriger la Norvège après les législatives lundi.

- Erna Solberg, le choix de la sécurité -

Native de Bergen, cité hanséatique de l'Ouest, cette femme blonde et corpulente de 56 ans dirige la Norvège depuis 2013 au prix d'une alliance avec le parti du Progrès, formation populiste "light" aux relents anti-immigration.

Créditée d'avoir surmonté deux défis majeurs --la crise migratoire et l'effondrement du prix du pétrole--, "Erna l'étoile", comme l'appellent ses partisans, veut réaliser ce qu'aucun conservateur n'a réussi dans le pays depuis plus de 30 ans: rempiler pour un deuxième mandat consécutif.

"Nous avons démontré au cours des quatre dernières années que nous savons maîtriser des crises difficiles", fait-elle valoir, se posant comme le choix "sûr", celui de la continuité. "Le chômage pointe vers le bas, la croissance vers le haut et on crée de plus en plus d'emplois", a-t-elle martelé pendant la campagne.

Flegmatique et connaissant ses dossiers, Mme Solberg a consacré toute sa carrière à la politique.

Élue députée dès l'âge de 28 ans, elle gagne une réputation de fermeté et le surnom d'"Erna de fer" au poste de ministre des Collectivités locales, chargée des affaires d'immigration, entre 2001 et 2005.

La Première ministre norvégienne, Erna Solberg, conservatrice, en campagne à Oslo, le 9 septembre 2017
La Première ministre norvégienne, Erna Solberg, conservatrice, en campagne à Oslo, le 9 septembre 2017 ( Cornelius POPPE / NTB scanpix/AFP/Archives )

Cette année-là, elle frôle l'éviction de la présidence de son parti, un an seulement après en avoir pris les rênes, à cause de résultats électoraux calamiteux.

Elle infléchit alors la ligne officielle en mettant l'accent sur les questions sociales. "Les gens, pas l'argent" devient son mot d'ordre.

Devenue cheffe du gouvernement - la deuxième femme à ce poste en Norvège après Gro Harlem Brundtland -, elle est perçue comme proche du peuple, un atout dans un pays très égalitariste. On l'a vue jouer à Pokémon Go sur son smartphone en pleine session parlementaire ou encore dans les rues de Bratislava entre deux réunions de travail.

- Jonas Gahr Støre, le millionnaire à l'assaut des inégalités -

Porté à la tête des travaillistes au terme d'un inhabituel "voyage de classes", ce multimillionnaire, diplômé de Sciences Po Paris, inscrit ses pas dans ceux de son mentor et ami, Jens Stoltenberg.

Âgé de 57 ans, cet homme au verbe facile et aux cheveux désormais plus sel que poivre veut renverser la coalition sortante en promettant de renforcer l'État-providence cher aux Norvégiens. Quitte à devoir revenir sur certaines baisses d'impôts décidées par la droite.

Aux Affaires étrangères d'abord (2005-2012), puis à la Santé (2012-2013), M. Støre a occupé des fonctions-clés, avec un bilan jugé généralement positif, dans les gouvernements de M. Stoltenberg.

Quand celui-ci part diriger l'Otan, son protégé "Jonas" prend sa place à la tête du parti travailliste, formation dominante de l'après-guerre en Norvège.

Au prix d'une désascension sociale. Car sa coquette fortune, héritée de la vente de l'entreprise familiale et qui dépasse aujourd'hui 64 millions de couronnes (près de 7 millions d'euros), ses brillantes études, ses allures d'élégant technocrate et même le fait qu'il soit francophone font tiquer, surtout l'aile gauche du parti.

Pour faire taire les critiques, il met notamment un point d'honneur désormais à hisser le drapeau norvégien chez lui le 1er mai, fête des travailleurs.

Aujourd'hui encore, certains lui trouvent pourtant "des airs d'homme de droite" et sa fortune l'a rattrapé pendant la campagne, la presse s'interrogeant sur l'éthique des fonds dans lesquels son argent est placé.

Ayant longtemps joui d'une confortable avance, le parti travailliste est aujourd'hui à la peine dans les sondages, ce qui le rend tributaire d'autres petits partis d'opposition pour espérer une alternance.

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