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Nikki Haley, une étoile qui avait récemment pâli à l'ONU

| AFP | 368 | Aucun vote sur cette news
L'ambassadrice américaine à l'ONU Nikki Haley, qui a annoncé sa démission mardi, photographiée dans le bureau oval de la Maison Blanche le 9 octobre 2018.
L'ambassadrice américaine à l'ONU Nikki Haley, qui a annoncé sa démission mardi, photographiée dans le bureau oval de la Maison Blanche le 9 octobre 2018. ( Olivier Douliery / AFP )

L'ambassadrice américaine, Nikki Haley, 46 ans, démissionnaire mardi de l'ONU, a vu pâlir son étoile au cours des derniers mois à l'ONU tandis que son intérêt pour la politique américaine semblait toujours au firmament.

L'arrivée à l'ONU début 2017 de cette jeune femme élancée à la longue chevelure noire avait été fracassante et elle a longtemps occupé le devant de la scène, profitant d'un secrétaire d'Etat, Rex Tillerson, très absent sur la scène mondiale comme au sein de l'administration américaine.

Sur la politique étrangère, elle avait "un boulevard", pouvait-on entendre dans les couloirs feutrés de l'ONU.

Ces derniers mois cependant, avec de nouveaux poids-lourds entrés au gouvernement - Mike Pompeo aux Affaires étrangères, John Bolton à la Sécurité nationale -, Nikki Haley avait perdu de l'influence et de son aura.

Celle qui se targuait d'avoir un accès direct quand elle le voulait à Donald Trump a commis plusieurs erreurs, comme celle de vouloir faire présider en septembre au chef d'Etat américain une réunion du Conseil de sécurité centrée sur l'Iran, ce qui aurait permis à ce pays d'avoir un droit de réponse au cours de la même session.

A la suite d'une intervention de la Maison Blanche, la réunion a été opportunément rebaptisée session sur les armes de destruction massive, permettant de ne plus avoir l'Iran comme seul sujet mais d'aborder aussi la Corée du Nord ou la Syrie.

Lors du récent débat sur l'élection du juge Brett Kavanaugh à la Cour suprême, Nikki Haley avait fait entendre sa voix pour souligner l'importance d'être à l'écoute de ses victimes présumées.

Aux Etats-Unis, l'ancienne gouverneure de Caroline du Sud d'origine indienne a une popularité croissante, comme en témoigne la très forte activité sur son compte Twitter, où nombreux sont les fans à vouloir la voir devenir la première présidente femme des Etats-Unis. Comme Donald Trump, elle utilise beaucoup ce réseau social, notamment pour raconter sa vie de famille ou sa passion du sport.

Au vue de son comportement depuis un an et demi, Nikki Haley semblait viser tous les électorats. Lors de la toute dernière Assemblée générale des Nations unies, elle n'avait ainsi pas hésité à se mêler dans la rue près de l'ONU à des manifestants sud-américains, en utilisant même un mégaphone pour réclamer la démission du président vénézuélien.

- Bec et ongles -

"On ne peut plus avoir une discussion avec elle sans penser qu'elle vise un autre poste", résumait ces derniers mois sous couvert d'anonymat un de ses homologues au Conseil de sécurité.

Evoquée un temps pour remplacer Rex Tillerson, la diplomate avait écarté cette option et assuré se consacrer à son travail onusien, sans visées sur le plan de la politique intérieure. Mardi, elle a affirmé qu'elle ne serait pas candidate à la Maison Blanche en 2020.

"Elle a toujours été tournée vers la politique intérieure", estime toutefois Alexandra Novosseloff de l'International Peace Institute (IPI). "C'est d'abord la politique intérieure chez elle", confirme un ambassadeur sous couvert d'anonymat.

Les premiers mois aux Nations unies de l'ex-gouverneure de Caroline du Sud, sans expérience internationale, avaient été salués par ses partenaires, certains soulignant son "pragmatisme" face à des dossiers complexes.

Mais pour d'autres, elle était trop "idéologue" et "déconnectée de la réalité" dans ses approches. "Elle a des positions conservatrices, pro-israéliennes, qui visent l'électorat américain", soulignait ainsi en début d'année une source diplomatique.

En plus d'un an et demi à l'ONU, son fait de gloire reste d'avoir uni le Conseil de sécurité à trois reprises en 2017 pour imposer des sanctions économiques sans précédent à la Corée du Nord.

Elle s'est aussi rendue sur le terrain, en Israël, au Soudan du Sud, en République démocratique du Congo ou en Amérique latine.

Parmi ses déboires, Nikki Haley n'a pas réussi à emporter l'adhésion de ses pairs concernant la décision de Donald Trump de reconnaître fin 2017 Jérusalem comme la capitale d'Israël. Elle s'est aussi mis à dos les plus proches alliés européens des Etats-Unis, Paris et Londres, lors du retrait américain de l'accord sur le nucléaire iranien de 2015, qu'elle a soutenu bec et ongles.

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