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Mélenchon juge "décevant" le "leadership" des syndicats sur le mouvement social

| AFP | 300 | Aucun vote sur cette news
Le leader de La France insoumise Jean-Luc Mélenchon, le 10 octobre 2017 à l'Assemblée nationale à Paris
Le leader de La France insoumise Jean-Luc Mélenchon, le 10 octobre 2017 à l'Assemblée nationale à Paris ( Bertrand GUAY / AFP )

Jean-Luc Mélenchon s'est dit déçu lundi de la manière dont les syndicats conduisent le mouvement social contre les ordonnances modifiant le Code du travail, disant craindre une "victoire de Macron par KO".

Rappelant avoir demandé "aux syndicats de prendre l'initiative" après avoir lui-même réuni des dizaines de milliers de partisans place de la République à Paris le 23 septembre, le chef de file de la France insoumise a jugé "la suite (...) bien décevante".

"Car de ce leadership, que sort-il ? Fort peu. À vrai dire: rien", a estimé M. Mélenchon dans une note postée sur son blog.

"La réunion syndicale unitaire (du 9 octobre, ndlr) a convoqué une autre réunion unitaire (le 24 octobre) pour +envisager une journée d’action en novembre+", a-t-il encore déploré.

Le front syndical apparaît désuni contre les ordonnances. La CGT, ensuite rejointe par Solidaires, a annoncé seule une nouvelle journée de grèves et manifestations, le 19 octobre.

"Tout semble se dessiner pour une défaite du mouvement ouvrier traditionnel. Elle sera sans précédent", a prévenu M. Mélenchon, en soulignant que "les corporations, abandonnées à elles-mêmes, négocient séparément".

"De son côté, le groupe parlementaire +La France insoumise+ continue ses rencontres bilatérales en vue d’une large action commune de tout le champ impliqué dans cette lutte", a poursuivi le député des Bouches-du-Rhône.

"Il est clair que les confédérations CGT, FO et CFDT n’en veulent pas. Pour l’instant la probabilité de la victoire de Macron par KO sur ces ordonnances augmente d’un bon cran", a-t-il encore anticipé, en demandant "que l’on réalise la violence de ce que nous sommes en train de subir, pieds et poings liés. Et l’ampleur de la défaite qui se dessine sous nos yeux".

Dans ce contexte, M. Mélenchon a épinglé sans détailler "le +vieux monde+ impuissant à vouloir et à changer quoi que ce soit".

"Les directions des corps intermédiaires peuvent-elles être autre chose que des rouages à l’intérieur d’une réalité qui fonctionne comme un bloc ?", s'est-il encore interrogé.

M. Mélenchon et Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT, ont été présentés comme en froid en septembre. Le chef de file de La France insoumise a d'ailleurs admis qu'il fallait "réduire le niveau de tension créé par les remarques acides du secrétaire général de la CGT et de celui de FO", Jean-Claude Mailly.

"J'appelle le mouvement social à se ressaisir, parce que pour ce qui concerne La France Insoumise, on a fait notre part de travail, à l'Assemblée, tout seuls dans la rue en juillet, puis en appelant à une grande marche", a lancé ensuite M. Mélenchon sur TF1.

"Si ça continue comme ça, en dépit des efforts de certains syndicats qui ont tout porté sur leur dos, on pourrait aboutir à la plus grosse défaite du mouvement ouvrier qu'on a jamais vu depuis ces 30 dernières années", a-t-il poursuivi.

"Là on parle de code du travail, du renversement de la hiérarchie des normes. Mais pour nous c'est une affaire sacrée, c'est 100 ans de compromis social", a souligné le leader de La France Insoumise.

"Vous avez vu hier soir, (Emmanuel Macron) vous a fait le numéro, il a dit, +vous avez vu, j'y suis arrivé en cinq mois+", a-t-il relevé, mettant en garde le chef de l'Etat: "Attends bonhomme, ce n'est pas réglé".

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