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Les rebondissements de l'affaire Ferrand

| AFP | 225 | Aucun vote sur cette news
Le chef de file des députés de la République en marche, Richard Ferrand, à l'Assemblée nationale, le 17 octobre 2017
Le chef de file des députés de la République en marche, Richard Ferrand, à l'Assemblée nationale, le 17 octobre 2017 ( Patrick KOVARIK / AFP/Archives )

Le chef de file des députés de la République en marche (LREM), Richard Ferrand, a été au cœur d'une polémique sur des soupçons de favoritisme qui a conduit à l'ouverture mardi d'une enquête par le juge d'instruction parisien Renaud Van Ruymbeke.

- Révélations du "Canard" -

Le 24 mai 2017, Le Canard Enchaîné met en cause celui qui est alors ministre de la Cohésion des territoires pour des tractations immobilières en 2011.

L'hebdomadaire raconte comment les Mutuelles de Bretagne, dont M. Ferrand était le directeur général, avaient souhaité louer des locaux à Brest et avaient opté pour la proposition d'une société immobilière appartenant à la compagne du ministre. M. Ferrand rétorque qu'il s'agissait de "la meilleure offre".

- Nouvelles accusations -

Le 29 mai, les Mutuelles de Bretagne assurent que M. Ferrand a agi en "parfaite conformité avec les mandats tenus par le conseil d'administration". Mais, le même jour, Le Parisien publie le témoignage d'un ancien bâtonnier de Brest évoquant un "enfumage" dans cette affaire.

Le 30 mai, le journal Le Monde assure que M. Ferrand "a fait bénéficier de plusieurs contrats des proches, dont son ex-femme et sa compagne". Le ministre "réfute" tout mélange des genres et le Premier ministre Édouard Philippe lui renouvelle sa "confiance".

- Enquête préliminaire -

Des voix à droite et à gauche affirment que le ministre doit démissionner, comme une large majorité de Français, selon un sondage Harris Interactive.

Le 31 mai, Richard Ferrand assure être "un homme honnête" tandis que le président Macron appelle le gouvernement à la "solidarité" et estime que la presse ne doit "pas devenir juge".

Le 1er juin, le procureur de la République de Brest annonce l'ouverture d'une enquête préliminaire. L'association anticorruption Anticor adresse de son côté au parquet de Brest une plainte simple sur le fondement du délit d'abus de confiance.

Le 6 juin, les Mutuelles de Bretagne sont perquisitionnées.

- Ferrand évincé du gouvernement -

Le 19 juin, au lendemain de sa réélection comme député du Finistère, M. Ferrand quitte le gouvernement à la faveur d'un remaniement et brigue la présidence du groupe LREM à l'Assemblée. Il obtient ce poste le 24 juin.

Le 27 juin, Le Canard enchaîné affirme que Richard Ferrand a embauché en 2000 sa compagne, alors étudiante et âgée de 25 ans, aux Mutuelles de Bretagne pour deux emplois, dont celui de directrice du personnel. L'entourage de M. Ferrand conteste toute illégalité.

Le 7 juillet, M. Ferrand est interrogé par la police à Rennes, dans l'enquête préliminaire ouverte par le parquet de Brest. Le 27 juillet, le parquet juge nécessaires "des investigations complémentaires".

- Enquête classée et relancée -

Le 13 octobre, le parquet de Brest classe l'enquête sans suite en invoquant la prescription s'agissant d'un éventuel délit de prise illégale d'intérêts. "Les infractions d'abus de confiance et d'escroquerie" ne sont, elles, "pas constituées, faute d'un préjudice avéré".

En réponse, le 9 novembre, l'association Anticor dépose une plainte avec constitution de partie civile auprès du doyen des juges d'instruction du pôle financier de Paris, Renaud Van Ruymbeke, pour prise illégale d'intérêt et recel.

Le 12 janvier 2018, Renaud Van Ruymbeke ouvre une information judiciaire pour "prise illégale d'intérêts" à la suite de cette plainte et mènera les investigations, selon des sources judiciaire et proche du dossier.

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