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Les Gardiens de la Révolution iraniens, une armée idéologique

| AFP | 201 | 4 par 2 internautes
Des Gardiens de la Révolution iraniens lors d'un défilé militaire, le 22 septembre 2018 à Téhéran
Des Gardiens de la Révolution iraniens lors d'un défilé militaire, le 22 septembre 2018 à Téhéran ( STRINGER / afp/AFP/Archives )

Les Gardiens de la Révolution iraniens, désormais sur la "liste des organisations terroristes étrangères" dressée par les Etats-Unis, sont une armée parallèle dont l'influence s'étend au-delà de la seule sphère militaire, jusque dans l'économie et en politique.

"Idéologie religieuse"

Créés le 22 avril 1979, à peine plus de deux mois après la victoire de la révolution contre le pouvoir du Chah et alors que les nouvelles autorités avaient une confiance limitée dans l'armée héritée de l'ancien régime, le Corps des Gardiens ("Sepah-yé Pasdaran" en persan) de la Révolution islamique est une armée idéologique.

A la différence de l'armée nationale, les "Pasdaran" n'ont pas pour rôle premier d'assurer la protection de l'intégrité territoriale du pays: selon la Constitution, leur mission est "la sauvegarde de la Révolution et de ses acquis".

"L'objectif [des Gardiens] est donc non pas la promotion d'un nationalisme iranien traditionnellement largement sécularisé, mais de promouvoir une idéologie religieuse qui s'incarne dans le régime politique de la République islamique", explique Clément Therme, chercheur sur l'Iran à l'Institut international pour les études stratégiques (IISS).

Des milliers de Gardiens ont néanmoins perdu la vie aux côtés des soldats de l'armée pour la défense des frontières lors de la guerre entre l'Irak et l'Iran (1980-1988).

Le président Hassan Rohani a loué mardi l'engagement des Gardiens à "défendre le pays et la population".

Ces dernières années, ils ont payé le prix du sang pour leur engagement au nom de la "lutte contre le terrorisme" jihadiste en Irak et en Syrie, où ils sont déployés en nombre indéterminé, officiellement comme "conseillers militaires" auprès des forces loyalistes.

"Déstabilisation"

Cet engagement à l'extérieur des frontières, dévolu à l'unité d'élite des Gardiens --la Force Qods-- est dénoncé par les Etats-Unis et certains pays occidentaux comme une entreprise de "déstabilisation".

Pour l'Iran, au contraire, il s'agit d'aider ses voisins et d'assurer la "stabilité" de la région contre les ingérences occidentales.

Mais pour des pays riverains alliés de Washington comme l'Arabie saoudite, les Emirats arabes unis et Bahreïn, il s'agit d'"exporter les valeurs de la Révolution islamique en violant la souveraineté des Etats en s'adressant directement aux (citoyens chiites) de ces pays", selon M. Therme.

Influence militaire et politique

Selon le rapport "Military Balance 2019" de l'IISS, les Gardiens de la Révolution comptent plus de 125.000 membres (dont plus de 20.000 dans la marine), soit, en comparaison, plus du tiers des effectifs de l'armée nationale.

Les "Pasdaran" exercent leur tutelle sur le Bassidj ("Mobilisation" en persan), mouvement de volontaires islamiques de tous âges, fonctionnant sur un modèle paramilitaire et constituant un vivier de recrutement.

Les Gardiens sont aussi chargés par l'Iran d'assurer la sécurité du Golfe et du détroit d'Ormuz, par où passent de nombreux navires de guerre américains et des pétroliers, et de gérer des programmes de développement balistique décriés par les Occidentaux.

Mais leur emprise dépasse largement le seul cadre militaire.

On trouve d'anciens officiers de ce corps dans toutes les structures de pouvoir du système politique à l'image du président du Parlement, Ali Larijani, un conservateur modéré allié de M. Rohani, ou de l'ultraconservateur Mohsen Rezaï, ancien commandant en chef des Gardiens, et aujourd'hui secrétaire du Conseil de discernement, une institution clef.

Contrôle d'entreprises

Les Gardiens sont également présents dans l'économie par l'intermédiaire de nombreuses compagnies qu'ils contrôlent directement ou indirectement.

Khatam-ol-Anbia, conglomérat dépendant des Gardiens, s'est distingué ces dernières années en remportant de nombreux contrats de premier ordre dans le secteur des mines, des infrastructures, de l'industrie ou de l'extraction pétrolière.

Au pouvoir depuis 2013, M. Rohani a tenté, en vain jusqu'ici, de réduire l'influence des Gardiens dans la sphère économique.

Il n'est pas le premier chef de gouvernement à se heurter à la puissance des "Pasdaran", placés sous l'autorité directe du guide suprême, l'ayatollah Ali Khamenei.

Les Gardiens avaient ainsi perturbé en 2004 la cérémonie d'inauguration du nouvel aéroport international de Téhéran en empêchant physiquement le président Mohammad Khatami, réformateur, d'accueillir un avion à cause d'un désaccord avec lui à propos de la gestion de l'aéroport.

Même l'ultraconservateur Mahmoud Ahmadinejad, en poste de 2005 à 2013, qui bénéficiait du soutien total des Gardiens à ses débuts, avait vu ses relations avec eux se détériorer à mesure qu'il s'en prenait à ce qu'il dénonçait comme leur incursion croissante dans le domaine réservé au président.

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