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Le dirigeant catalan tiraillé de toutes parts

| AFP | 125 | Aucun vote sur cette news
Le président catalan Carles Puigdemont, le 17 octobre 2017 à Barcelone
Le président catalan Carles Puigdemont, le 17 octobre 2017 à Barcelone ( PAU BARRENA / AFP/Archives )

La crise politique entre Madrid et les dirigeants séparatistes catalans s'approfondit de jour en jour, forçant la société catalane à prendre position, parfois à se déchirer.

Partis politiques, clubs de foot, entreprises et organisations civiques se sont prooncé pour ou contre l'indépendance, pour ou contre un référendum. Chacun émet son point de vue et exerce des pressions sur le président séparatiste de la région Carles Puigdemont.

Les clubs de foot

Le Barça, "c'est beaucoup plus que du foot", aiment dire ses supporters, et son stade, le Camp Nou, fut le "seul endroit pendant la dictature où nous pouvions nous exprimer, chanter nos chants, parler notre langue", racontait à l'AFP, lors d'un match, Joan Guilla, un supporter de 60 ans.

Au coeur de l'histoire catalane, le Barça l'est aussi des évènements.

Mercredi face à l'Olympiakos, le club qui compte des millions de supporters dans le monde entier a réclamé via une banderole officielle "dialogue, respect et sport".

Il réclame un référendum d'autodétermination mais ne veut pas se prononcer sur une éventuelle sécession. Ses supporters les plus radicaux, qui scandent "Independencia!" à chaque rencontre, réclament la démission du président Josep Marie Bartomeu jugé trop tiède.

L'autre club de première division de Barcelone, l'Espanyol, a lui refusé de se positionner, considérant "qu'aujourd'hui, être courageux, c'est ne pas attiser le conflit dans la société catalane".

Le troisième club catalan de l'élite espagnole, Gérone, réclame quant à lui, comme le Barça, que les Catalans puissent trancher la question de l'indépendance par référendum.

Les partis

Aux dernières élections régionales, en septembre 2015, trois partis ont obtenu ensemble la majorité absolue au parlement catalan avec un programme indépendantiste.

Mais beaucoup de choses séparent le Parti démocrate européen catalan (PDeCAT, conservateur) de Carles Puigdemont, la Gauche républicaine de Catalogne (ERC) et la Candidature d'unité populaire (CUP, extrême gauche).

Les deux premiers, plus modérés, avaient fait en 2015 candidature commune avec la liste Ensemble pour le oui.

Mais la CUP, dont les députés ont le sort du gouvernement catalan entre leurs mains, ne cesse de les pousser à aller plus vite et à déclarer l'indépendance sans plus attendre.

Parmi leurs adversaires aussi, les divisions sont nombreuses.

Les libéraux de Ciutadans, les socialistes et la droite du Parti populaire soutiennent la suspension de tout ou partie de l'autonomie catalane par le gouvernement central, considérant que les séparatistes ont violé la Constitution en organisant un référendum d'autodétermination malgré son interdiction.

Mais la coalition de gauche "Catalogne oui c'est possible" défend elle le dialogue comme sortie de crise.

Les entreprises

Plus de mille entreprises ont délocalisé leur siège social hors de Catalogne depuis le début du mois, parmi lesquelles plusieurs géants.

Des sept groupes cotés à l'indice principal de la Bourse de Madrid, l'Ibex 35, que comptait la Catalogne au début du mois, six ont transféré leur siège social hors de la région, dont les deux plus grandes banques, CaixaBank et Banco de Sabadell.

La seule entreprise de l'Ibex 35 restée dans la région est le fabricant de dérivés sanguins Grifols, dont le président Victor Grifols est l'un des seuls grands patrons à s'être ouvertement prononcé en faveur de l'indépendance.

Les associations

Les dirigeants des deux grandes associations indépendantistes catalanes, Omnium Cultural et l'Assemblée nationale catalane (ANC), Jordi Cuixart et Jordi Sanchez, sont devenus le 16 octobre les premières personnalités indépendantistes incarcérées, en détention provisoire dans l'attente de leur jugement pour "sédition".

Ils sont accusés d'avoir entravé une opération policière contre l'organisation du référendum en incitant la foule à bloquer la sortie des gardes civils d'un bâtiment officiel.

Leur emprisonnement, comme les violences policières contre des électeurs le jour du référendum, fait peser sur les épaules de Carles Puigdemont une lourde responsabilité.

Face à ces "lobbies" séparatistes, une autre association, la Société civile catalane, est parvenue à organiser le 8 octobre une manifestation unioniste massive dans les rues de Barcelone.

Elle se présente comme la voix de la "majorité silencieuse" qui ne veut pas de l'indépendance, alors que la société catalane est divisée presque à parts égales sur la question.

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