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REM: vers une validation des statuts malgré les contestations

| AFP | 427 | Aucun vote sur cette news
Emmanuel Macron lors d'un meeting du mouvement En Marche !, le 28 avril 2017 à Châtellerault dans la Vienne
Emmanuel Macron lors d'un meeting du mouvement En Marche !, le 28 avril 2017 à Châtellerault dans la Vienne ( Eric FEFERBERG / AFP/Archives )

La République en marche, dont la justice a approuvé mardi la procédure de validation des statuts, parvient à se structurer dans le contexte inédit d'un parti créé il y a un peu plus d'un an et devenu largement majoritaire après avoir conquis l'Elysée et l'Assemblée nationale.

Créé le 6 avril 2016 par Emmanuel Macron, le mouvement En Marche!, devenu entre-temps La République en marche, est peu à peu en train de devenir un parti politique à part entière sans pour autant ressembler à aucun parti traditionnel.

Ses statuts, présentés le 16 juillet, créent un "Conseil", sorte de parlement du parti, composé pour un quart de militants, tirés au sort, et pour le reste de députés, sénateurs et élus locaux désignés et non élus.

Ce Conseil élira à son tour le bureau exécutif, composé d'une trentaine de membres dont dix de la société civile. Il élira également la direction du nouveau parti, probablement collégiale au moins dans un premier temps, pour trois ans dans la limite de deux mandats consécutifs.

Ces statuts ont été soumis au vote des adhérents entre le 23 et le 30 juillet. Mais, une poignée d'entre eux, réunis en collectif "la démocratie en marche", a contesté le procédé devant la justice, trouvant dans ces règles de fonctionnement un "défaut de transparence et de démocratie" dans la mesure où le parti fonctionnera sans recours à aucun vote militant, hors l'homologation des statuts.

Mardi, le tribunal de Grande instance de Créteil a rejeté leur demande et validé le vote achevé dimanche. La chambre des référés du tribunal a néanmoins ordonné "la prorogation de la date de la fin de la consultation d'un nouveau délai de 15 jours à compter de la diffusion de la présente ordonnance" sur le site de la REM.

Le parti devait initialement dévoiler les résultats de la consultation mardi.

Dans un communiqué, la REM a pris acte de cette prolongation et précisé que les nouvelles dates de vote "seront communiquées dans les plus brefs délais après décision du conseil d'administration".

- Empêcher les baronnies locales -

Pour la REM, les statuts ont été soumis à une large consultation, du 8 au 16 juillet, et ont été modifiés pour tenir compte des demandes des adhérents, faisant notamment passer de 20 à 25% la part de militants composant le Conseil.

Mais le collectif regrette qu'ils "cantonnent les adhérents à un rôle de supporteurs et les excluent de la gouvernance aussi bien locale que nationale" du parti. Il a été soutenu notamment par la présidente de Cap 21, Corinne Lepage, soutien d'Emmanuel Macron pendant la présidentielle.

"On a des statuts où les marcheurs sont quasiment privés de tout pouvoir. Ca n'est pas conforme à ce qu'on a proposé", a-t-elle notamment affirmé.

"Nous ne sommes pas là pour être des enquiquineurs juridiques", a réagi mardi devant la presse le porte-parole de "La Démocratie en marche", Rémi Bouton, dénonçant à nouveau "un système trop vertical". Le collectif a critiqué une consultation "au coeur de l'été, dans des délais trop courts", se réjouissant donc de l'obligation faite à la REM de prolonger le scrutin.

Il a cependant assuré ne pas avoir l'intention de poursuivre sa démarche judiciaire car il n'a "rien à dire sur la philosophie d'En Marche!".

Une fois les statuts validés, les instances seront constituées officiellement "à l'automne", selon la REM.

Reste que d'autres membres d'En Marche, autodésignés "Marcheurs en colère", protestent également mais contre la "toute-puissance" des référents départementaux du mouvement qui seront désignés par les instances centrales et non élus localement. Revendiquant plus de 9.000 adhérents d'En marche - qui en compte plus de 300.000 -, ce collectif n'a pas entamé d'action en justice.

Pour l'état-major du parti, les statuts ont été pensés pour refuser "la structuration en courants" et empêcher la constitution de "baronnies locales".

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