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La guerre d'Algérie, un conflit dont les plaies sont encore vives

| AFP | 377 | Aucun vote sur cette news
Une automitrailleuse positionnée à l'entrée de la casbah d'Alger, le 10 janvier 1957, au cours de la bataille d'Alger
Une automitrailleuse positionnée à l'entrée de la casbah d'Alger, le 10 janvier 1957, au cours de la bataille d'Alger ( / INTERCONTINENTALE/AFP/Archives )

En reconnaissant jeudi que le communiste Maurice Audin, arrêté à Alger par l'armée française en 1957, était mort sous la torture, le président français Emmanuel Macron revient sur un conflit sanglant qui a laissé des plaies encore vives.

- Huit ans d'un sanglant conflit -

Dans une Algérie colonisée par la France depuis 1830 et dont les revendications ont été réprimées dans le sang en 1945, une soixantaine d'attaques et d'attentats simultanés, signés par un FLN (Front de libération nationale) jusqu'ici inconnu, créent la stupeur à la Toussaint 1954.

Les troupes françaises en opération pénètrent dans un village entre Tablat et Bir Rabalou, le 21 avril 1956
Les troupes françaises en opération pénètrent dans un village entre Tablat et Bir Rabalou, le 21 avril 1956 ( / AFP/Archives )

Commence alors un conflit qui fit près de 500.000 morts civils et militaires, dont quelque 400.000 Algériens, selon les estimations de la plupart des historiens.

Pendant huit ans, la répression implacable de l'armée française répond aux massacres et aux attentats du FLN, qui élimine aussi ses concurrents nationalistes du MNA (Mouvement national algérien) de Messali Hadj.

- La bataille d'Alger et la torture -

Début 1957, des bombes posées par le FLN explosent dans des cafés et des stades d'Alger, faisant 15 morts et des dizaines de blessés. Le général Jacques Massu, doté des pleins pouvoirs de police, se lance alors dans un combat sans merci contre le FLN et tous ceux qui sont soupçonnés de l'aider.

Jusqu'en octobre 1957, des milliers de suspects, à l'instar de Maurice Audin, un jeune mathématicien et militant communiste, sont arrêtés, emprisonnés et torturés, en particulier à l'électricité, et beaucoup ensuite éliminés.

Dès 1958, une des victimes de ces tortures, le communiste Henri Alleg, livre son témoignage dans un livre choc, aussitôt interdit, "La Question".

Des militaires français examinent les dégâts causés sur un pont qui a été barré avec des pierres entre Batna et Arris en Algérie, le 08 novembre 1954
Des militaires français examinent les dégâts causés sur un pont qui a été barré avec des pierres entre Batna et Arris en Algérie, le 08 novembre 1954 ( / AFP/Archives )

Plus de quatre décennies plus tard, en 2001, le général Paul Aussaresses avouera dans un livre avoir pratiqué la torture et, la même année, dans "Algérienne", la militante du FLN Louisette Ighilahrizen raconte avoir été torturée et violée.

- Indépendance, rapatriés et harkis -

Le conflit provoque un changement de régime politique en France. En mai 1958, sous la pression des militaires et des colons français en Algérie, le général de Gaulle revient au pouvoir et remplace la IVe République par la Ve.

Mais Charles de Gaulle, après avoir maté en 1961 une tentative de coup d'Etat des généraux qui s'estiment trahis, négocie avec le FLN.

Le 19 mars 1962, les accords d'Evian proclament un cessez-le-feu immédiat et ouvrent la voie, pour le mois de juillet, à l'indépendance de l'Algérie, dont le dirigeant du FLN Ahmed Ben Bella deviendra le premier président.

S'ensuivent alors plusieurs mois de chaos, qui voient les partisans de l'Algérie française de l'OAS (Organisation de l'armée secrète) fomenter à leur tour des attentats et les colons s'enfuir. Au total, près d'un million de "rapatriés" arriveront en France, où, souvent, ils n'avaient jamais vécu.

Quelque 60.000 harkis, les auxiliaires algériens de l'armée française, les accompagnent avec leurs familles. Mais 55.000 à 75.000 sont abandonnés à leur sort par la France en Algérie et, pour la plupart, massacrés.

- Introspection douloureuse -

La France essaie aussitôt d'oublier cette page douloureuse de son histoire qu'elle ne qualifiera officiellement de guerre que dans une loi de 1999.

Pas plus que son prédécesseur Valéry Giscard d'Estaing, le premier chef d'Etat français à avoir effectué, en 1975, une visite officielle dans l'Algérie indépendante, François Mitterrand se garde de condamner la colonisation. Il en ira de même avec Jacques Chirac.

En 2007, en visite à Alger, Nicolas Sarkozy déclare que "le système colonial a été profondément injuste" mais souligne qu'"à l'intérieur de ce système, il y avait beaucoup d'hommes et de femmes qui ont aimé l'Algérie, avant de devoir la quitter". Il évoque aussi les "crimes terribles" commis pendant cette guerre qui "a fait d'innombrables victimes des deux côtés".

En 2012, François Hollande, aussi à Alger, reconnaît "les souffrances que la colonisation a infligées au peuple algérien", ajoutant que "pendant 132 ans, l'Algérie a été soumise à un système profondément injuste et brutal". Il se recueille, dans la capitale algérienne, devant une plaque en l'honneur de Maurice Audin.

Le 19 mars 2016, il est le premier président de la République à commémorer la fin de la guerre d'Algérie, une initiative qui provoque une levée de boucliers.

vdr/alc/lv/bds

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