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La cohésion des députés REM, aussi une affaire de générations

| AFP | 162 | 5 par 1 internautes
Les députés réunis à l'Assemblée nationale, le 4 juillet 2017
Les députés réunis à l'Assemblée nationale, le 4 juillet 2017 ( CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFP/Archives )

Entre des jeunes loups fougueux et leurs aînés plus expérimentés, le courant a parfois eu du mal à passer au sein des députés de la République en marche, qui compte sur un nouveau séminaire pour mieux apprendre à s'apprivoiser.

Ils ont à peine la trentaine, de l'ambition et une confiance en eux parfois irritante pour ceux qui les découvrent au sein du groupe REM à l'Assemblée.

"Il y a tout un réseau +Jeunes avec Macron+, des +Séjourné-boys+ qui viennent parfois du Mouvement des jeunes socialistes", décrypte une source parlementaire, en référence à l'association de soutien au chef de l'Etat lancée dès l'été 2015, et à la galaxie formée par l'influent conseiller parlementaire de l'Elysée, Stéphane Séjourné.

"Ils ont des affinités, ont milité ensemble et ont entretenu un côté arrogant. Ils ont débarqué sur le mode +on est la relève+. Il faut qu'ils fassent attention", juge cette même source, pensant à la bande de députés incarnée sur les plateaux télé par les ex-jeunes pousses socialistes Pierre Person, Sacha Houlié, Gabriel Attal, Pacôme Rupin ou Aurélien Taché, rejoints par l'ancienne juppéiste Aurore Bergé.

"Il y a un groupe de +marcheurs historiques+, qui fonctionnent entre eux, avec (la messagerie) Telegram. Ils sont restés très +noyautés+", décrit la députée (REM) du Pas-de-Calais Jacqueline Maquet qui, dans son troisième mandat, regarde avec un mélange de circonspection et d'"optimisme" ces "jeunes gens un peu pressés mais qui ont une très belle formation".

"Il y a un petit clivage entre les nouveaux arrivants et les plus vieux", abonde un de ces primo-députés, jugeant ses aînés "peu présents dans l'hémicycle".

La première étincelle entre la trentaine de députés sortants et leurs cadets s'est produite en juin lors de la répartition des postes-clés (vice-présidents de l'Assemblée, présidents de commission etc) que les jeunes ont décrochés.

"L'attribution du poste de premier questeur, qui est normalement un peu plus +fin de carrière+, à Florian Bachelier (député d'Ille-et-Vilaine, 38 ans, ndlr), a un peu crispé", commente ainsi une source parlementaire.

D'un peu plus loin, un centriste a observé ces "jeunes avec la volonté d'accéder aux responsabilités, et des vieux un peu effarés parfois de se voir challenger".

Du coup, les plus expérimentés ont pu se sentir mis sur la touche.

- "Revoir la méthode" -

"Ils s'attendaient à ce que les nouveaux députés viennent leur demander des conseils, s'appuient sur eux", résume un député dépassant tout juste le quart de siècle. "Mais ça ne s'est pas tout à fait passé comme ça..."

Les ruades de certains aînés ont en retour agacé. La sortie d'Alain Tourret (Calvados), redoutant de devoir aller manger "au McDo" lors des débats sur la suppression de l'enveloppe pour frais de mandat, ou de François-Michel Lambert (Bouches-du-Rhône), contre l'interdiction de l'emploi de collaborateurs familiaux, a hérissé la jeune génération.

Des deux côtés, on se renvoie ainsi les torts sur les couacs et dysfonctionnements de juillet.

En coulisses, les plus téméraires des novices ont tenté alors de faire souffler un vent de révolte contre le président du groupe Richard Ferrand, accusé d'être trop absent et de laisser le contingent REM à la dérive.

Les députés sortants épinglent, eux, "l'inexpérience érigée en vertu. C'est une faute majeure qui, d'ailleurs, a produit les effets attendus", cingle une élue LR.

"Je pense que le mois de juillet a été profitable", rembobine Jacqueline Maquet. "Quand vous êtes très sûrs de vous mais qu'en même temps vous vous prenez une beigne, puis une deuxième et une troisième, vous savez qu'il faut revoir la méthode", souligne-t-elle, se réjouissant du séminaire, lundi et mardi prochain, pour régler la mire.

"J'ai l'impression que l'arrogance est un peu retombée", tempère une source parlementaire, tout en assurant que certains jeunes songent à un hypothétique "remaniement gouvernemental" de mi-quinquennat.

Dans cette perspective, "ils se disent qu'ils doivent être présents médiatiquement et parfaits techniquement. Ils ont de l'ambition et ne se cachent pas", relève cette même source.

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