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L'ultradroite en France, nébuleuse de groupuscules à la capacité de nuisance limitée

| AFP | 274 | Aucun vote sur cette news
Un membre de l'Action française vendant la publication du mouvement royaliste, place de l'Opéra à Paris le 15 juin 2018
Un membre de l'Action française vendant la publication du mouvement royaliste, place de l'Opéra à Paris le 15 juin 2018 ( ALAIN JOCARD / AFP/Archives )

L'arrestation ce week-end de dix personnes soupçonnées de préparer des actes antimusulmans illustre la résurgence en France de l'ultradroite, une nébuleuse de groupuscules soudés par un virulent racisme antimaghrébin et dont la capacité de nuisance reste a priori limitée.

. Qui sont-ils ?

L'ultradroite en France est portée par des groupuscules concurrents unis par un "racisme antimaghrébin" et agissant en ordre dispersé, relève une note de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) dont l'AFP a eu connaissance.

Souvent implantés localement, ces groupuscules naissent, croissent et périclitent "en fonction du charisme et de l'investissement de leur leader local", notent les renseignements, avec un "engouement d'individus souvent jeunes".

Compétition entre les groupes, individus qui vont et viennent "au gré des amitiés et des inimitiés personnelles", cette mouvance est "assez difficile à suivre", relève le politologue Jean-Yves Camus, évoquant un fonctionnement sur le mode de la "scissiparité" (reproduction par partage en deux cellules).

"On ne sait jamais (...) si ces gens vont au-delà de l'échange sur internet, s'ils se rencontrent, s'ils mettent véritablement en commun un certain nombre d'idées et de plans", poursuit-il.

"Internet joue un rôle primordial dans la constitution de ces groupes et la diffusion des idées", confirme Stéphane François, spécialiste de l'extrême droite au CNRS, générant plus de "ravages" que l'ancienne "feuille de choux ronéotypée ou vendue par correspondance".

. Combien sont-ils ?

Les spécialistes s'accordent à dire que les plus actifs ne sont que quelques milliers.

Pour Jean-Yves Camus, la nébuleuse doit "représenter un millier de personnes véritablement actives, dont les plus virulents sont fichés S au même titre que les islamistes radicaux".

"Les éléments les plus radicaux tournent autour de 1.500 à 3.000", selon Stéphane François, même si la "propagande" affiche parfois des chiffres bien supérieurs.

L'Action française (AF), le Groupe Union Défense (GUD), le Mouvement populaire nouvelle aurore (MPNA), Bloc Identitaire, l'Organisation d'armées sociales (OAS) ou le Parti Nationaliste Français (PNF) sont les plus visibles.

Selon Mediapart, le groupuscule Action des Forces Opérationnelles (AFO), visé par l'opération de dimanche, est un groupe dissident des Volontaires pour la France (VPF), qui a émergé après les attentats du 13-Novembre. L'AFO, créée en 2017 par deux hommes dont Guy S., arrêté dimanche, se destine "à mener de réelles opérations clandestines".

D'autres comme Troisième Voie, les Jeunesses Nationalistes Révolutionnaires (JNR), l'Oeuvre Française (OF), ont été dissous en juin 2013 après le décès du militant antifasciste Clément Méric dans une rixe avec l'extrême droite.

. Quelle est leur idéologie?

Etat "défaillant", "impuissance de l'armée", ces groupuscules partagent une vision de "l'immigration invasion", d'une"'islamisation de la France" qu'ils relient à "l'explosion de l'insécurité", selon les renseignements.

Les attaques jihadistes de 2015 ont renforcé ce sentiment: ils se placent dans une "posture défensive", prônent la nécessité de s'armer (pratique du tir sportif, permis de chasse...) et se forment, pour certains, au survivalisme (techniques pour survivre en milieu hostile), détaille la DGSI.

Au delà du "racisme antimaghrébin", ils se fédèrent autour de "l'idée d'une immigration-colonisation, une substitution ethnique à venir", alliée à "l'idée que nous sommes dans une guerre civile à venir ou en cours", affirme Stéphane François.

. Quelle est leur dangerosité ?

"C'est une toute petite minorité militante de l'ultradroite qui ne peut pas compter sur le concours de la population pour mener à bien ses projets", estime Jean-Yves Camus.

Ils possèdent des capacités opérationnelles "limitées", selon les renseignements: "Seules des dégradations de biens de type incendies volontaires et des agressions" ont été constatées ces dernières années dans l'Hexagone.

Selon les services, "la principale menace reste l'action d'un individu solitaire, à l'image du terroriste norvégien Anders Behring Breivik" ou d'affrontements avec des militants d'extrême gauche.

Stéphane François se montre plus préoccupé: "Il y a un risque de passage à l'acte qui ne viendra pas des groupes constitués enclins à contrôler leur troupes, mais plutôt d'individus en roue libre, en rupture de ban". "Pour l'instant, on a eu affaire à des pieds nickelés. Mais un groupe restreint, qui n'utilise pas internet, là, ça peut faire des dégâts".

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