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Philippe défend sa proposition controversée de contreparties aux aides sociales

| AFP | 436 | 5 par 1 internautes
Une agence de la Caisse d'allocations familiales (CAF) à Lille, le 31 janvier 2019
Une agence de la Caisse d'allocations familiales (CAF) à Lille, le 31 janvier 2019 ( PHILIPPE HUGUEN / AFP/Archives )

Le Premier ministre Édouard Philippe a défendu mardi sa proposition controversée de renforcer les "contreparties" aux aides sociales, malgré des remous dans la majorité LREM et des attaques à gauche.

Accusé d'aller dans le sens des attaques de son ancien parti des Républicains contre "l'assistanat", le chef du gouvernement a élargi sa proposition formulée vendredi dans le Finistère, en soulignant qu'elle pouvait aussi valoir pour les aides "aux acteurs économiques".

"Se poser la question des contreparties aux versements - soit liés à l'aide sociale, soit liés à la solidarité, soit liés à des politiques publiques qui permettent d'accompagner le développement de tel ou tel acteur, y compris économique - est une bonne question", a affirmé le Premier ministre devant les députés.

"Il n'est pas scandaleux, je le dis comme je le pense, de poser la question des droits et des devoirs", s'est-il défendu.

L'idée de débattre de "contreparties" aux aides sociales, sujet qu'il a lui-même qualifié d'"explosif" lors d'une déclinaison du "grand débat" vendredi dans le Finistère, a fait vivement réagir mardi à l'Assemblée nationale.

"Avec constance, vous allez piocher toujours dans le même panier, celui de la droite", a fustigé le député communiste Pierre Dharréville dans l'hémicycle, déplorant une idée qui "rend les victimes coupables". "Comptez vous rétablir l'esclavage?", a lancé le député LFI de La Réunion Jean-Hugues Ratenon, lui-même ancien bénéficiaire du RSA.

"Nous voulons savoir si le Premier ministre parle en son nom ou si c'est une question que le gouvernement se pose, notamment dans la réforme de l'assurance chômage ou de l'allocation universelle d'activité qu'il envisage", a demandé lors d'un point presse Boris Vallaud, porte-parole du groupe PS. Et d'ajouter: "Pour nous, les minima sociaux sont déjà une contrepartie aux injustices de la vie".

- "Division inutile"-

Les propos d'Édouard Philippe ont suscité des réticences jusque dans les rangs de la majorité, notamment au sein de son aile gauche.

La présidente de la commission des Affaires sociales, Brigitte Bourguignon (LREM), a ce week-end appelé à "arrêt(er)de stigmatiser nos concitoyens les plus fragiles en reprenant les propositions de Laurent Wauquiez et des tenants du +cancer de l’assistanat+", ce qui "ajoute de la division inutile entre les Français".

La députée "marcheuse" Olga Givernet s'était dite dès vendredi "certaine qu’il s’agit là d’une maladresse" de la part du chef du gouvernement.

Porte-parole des députés MoDem, Isabelle Florennes a jugé mardi que "sur tous ces sujets qui font débat, il faut toujours faire attention à ne pas stigmatiser". "Une partie de la population au RSA n'a pas choisi cette situation", a-t-elle souligné.

Le Premier ministre a en revanche reçu des soutiens à droite. "Aurez-vous l'audace, le courage d'aller au bout de votre proposition?", a lancé le député LR du Haut-Rhin Éric Straumann. Le département alsacien avait suscité la polémique en 2016 en réclamant de faire sept heures de bénévolat par semaine au risque de se voir priver de l'allocation du RSA.

Pour Jean-Christophe Lagarde (UDI-Agir), "contrairement à ce que l’on dit, l’obligation d'avoir une activité du fait qu’on est indemnisé, ce n’est pas une punition ou une compensation, mais un instrument de réinsertion".

La ministre des Solidarités Agnès Buzyn avait jugé dimanche que "tout le monde ne pouvait pas retourner vers l'emploi". La question posée par Édouard Philippe est "une question que tout le monde peut se poser et qui figure dans le grand débat national", a-t-elle pointé mardi à l'Assemblée, tout en rappelant les efforts pour augmenter le nombre de bénéficiaires effectifs du RSA, dont 30% des ayants droits ne font pas la demande.

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