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Joe Biden, d'ex-grand favori des primaires démocrates à candidat en danger

| AFP | 275 | 5 par 1 internautes
L'ancien vice-président Joe Biden lors d'un meeting de campagne à Manchester,le 8 février 2020 dans le New Hampshire
L'ancien vice-président Joe Biden lors d'un meeting de campagne à Manchester,le 8 février 2020 dans le New Hampshire ( Joseph Prezioso / AFP/Archives )

Pendant des mois, Joe Biden avait paradé en tête des sondages des primaires démocrates, l'ancien vice-président de Barack Obama se présentant en meilleur candidat pour battre le républicain Donald Trump lors de la présidentielle américaine de novembre.

Mais après deux revers cuisants dans l'Iowa et le New Hampshire, où le modéré est arrivé respectivement quatrième et cinquième, sa candidature semble désormais en péril.

Sans attendre le résultat d'une défaite qu'il pressentait, Joe Biden a quitté mardi le New Hampshire pour une réunion publique en Caroline du Sud.

"Ce n'est pas fini mon gars, nous ne faisons que commencer", a-t-il lancé, tentant de convaincre que les quelque 8% obtenus au New Hampshire n'étaient qu'une péripétie. Huit jours auparavant, c'est moins de 16% qu'il avait glanés dans l'Iowa.

Tout est question de dynamiques dans les élections américaines et en essuyant ces deux revers consécutifs, le vétéran de la politique, 77 ans, aura désormais bien plus de mal à se présenter en seul démocrate capable de battre Donald Trump "à plate couture".

Celui qui dit se battre pour "l'âme de la nation" avait stupéfié ces mêmes observateurs en démarrant un débat électoral très attendu la semaine dernière par cette phrase défaitiste: "J'ai pris un coup dans l'Iowa et j'en prendrai probablement un autre ici".

Certes, cela s'inscrivait dans une stratégie visant depuis quelques jours à limiter les dégâts.

Objectif: minimiser les mauvais résultats dans ces deux Etats, dont la population très peu diverse ne reflète pas la réalité de l'Amérique, en pariant sur des réussites à venir fin février dans le Nevada et surtout la Caroline du Sud, car il bénéficie de forts soutiens dans la population noire, majoritaire parmi les électeurs démocrates de cet Etat.

Mais un engrenage dangereux semble bien s'être enclenché. Et le temps lui est peut-être désormais compté.

Pour la première fois depuis son entrée en lice dans la course à l'investiture démocrate, en avril, il a perdu la première place dans les sondages nationaux, doublé par le sénateur indépendant Bernie Sanders.

Si ses soutiens financiers venaient à le déserter, il ne faudrait pas longtemps avant que la poursuite de sa campagne soit fortement compromise. Car les campagnes électorales coûtent cher aux Etats-Unis.

Et au sein des démocrates modérés, la concurrence est désormais rude avec Pete Buttigieg, Amy Klobuchar et aussi Michael Bloomberg.

Happé par l'affaire ukrainienne

Gaffes, gestes déplacés envers les femmes, doutes sur sa forme physique : beaucoup chez les démocrates s'étaient inquiétés ouvertement, avant son entrée en lice, d'une candidature Biden.

Mais l'ancien sénateur, pendant plus de 35 ans, puis vice-président pendant huit ans, avait défié les Cassandre en caracolant au sommet de la moyenne des sondages nationaux jusqu'à l'Iowa.

Sa grande notoriété, la popularité de l'ex-président Barack Obama, qu'il ne manque jamais de mentionner, sa longue expérience politique jouaient en sa faveur. Sa bonhommie et son histoire familiale marquée par la tragédie aussi.

Il était même parvenu à tirer un certain profit des flèches continues de Donald Trump pour se présenter en adversaire le plus craint par le républicain.

Mais les attaques du président ont aussi contribuer à saper sa candidature.

Un surnom dont le président a le secret, "Joe l'endormi", a tapé là où ça fait mal chez ce septuagénaire qui apparaît parfois en petite forme, dérape, s'égare dans ses discours. A 73 ans, Donald Trump donne une image plus vigoureuse.

Mardi encore, M. Biden a semé un nouveau doute en déclarant: "Je pense qu'on pourrait présenter Mickey Mouse contre ce président et avoir une chance de gagner". Sans apparemment se rendre compte que cette formule maladroite affaiblissait son propre credo, selon lequel il est le seul à même de battre Donald Trump.

Surtout, Joe Biden a été happé par l'affaire ukrainienne qui a valu au président américain une procédure en destitution.

Car c'est parce que Donald Trump a demandé à Kiev d'enquêter sur lui et son fils Hunter Biden, qui siégeait au Conseil d'administration d'une entreprise ukrainienne, que Donald Trump a été accusé par les démocrates d'abuser de son pouvoir présidentiel. Avant d'être acquitté par un Sénat à majorité républicaine.

Donald Trump et de nombreux élus républicains continuent d'accuser, sans fournir de preuves, Joe Biden et son fils d'être "corrompus".

Le candidat démocrate dément fermement et rejette les attaques d'un président "dangereux".

Mais, en ouvrant un flanc vulnérable chez Joe Biden, l'affaire a conforté les démocrates qui s'inquiétaient déjà auparavant à l'idée de le voir affronter, en duel, Donald Trump.

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