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Jean-Marie Le Pen fixé le 9 février sur son exclusion du FN

| AFP | 256 | Aucun vote sur cette news
L'ancien président du Front national Jean-Marie Le Pen le 11 décembre 2017 à Versailles
L'ancien président du Front national Jean-Marie Le Pen le 11 décembre 2017 à Versailles ( Philippe LOPEZ / AFP )

Restera-t-il président d'honneur du parti qu'il a cofondé et présidé pendant près de 40 ans ? La cour d'appel de Versailles a réexaminé lundi l'exclusion de Jean-Marie Le Pen du Front national en août 2015, et tranchera le 9 février.

"J'espère que nous allons avoir une décision satisfaisante, comme à chaque fois d'ailleurs. Chaque fois que nous avons plaidé contre le Front national, nous avons gagné", a déclaré au sortir du procès M. Le Pen, 89 ans, sous le porche de la cour d'appel, balayé par le vent et la pluie.

Suspendu en mai 2015 de son propre parti, l'ex-dirigeant frontiste avait été exclu trois mois plus tard en raison notamment de ses propos réitérés sur les chambres à gaz, décrites comme un "détail" de l'Histoire de la Seconde guerre mondiale - ce qui lui a valu une condamnation à 30.000 euros d'amende - ou de sa défense du maréchal Pétain.

Des provocations jugées pénalisantes pour la stratégie de "dédiabolisation" menée par sa fille Marine, à la tête du parti d'extrême droite depuis 2011.

Le 17 novembre 2016, le tribunal de grande instance (TGI) de Nanterre avait intimé au FN de conserver M. Le Pen comme président d'honneur, tout en confirmant son exclusion en tant que membre, une décision alors jugée "aberrante" par Mme Le Pen. Le parti avait fait appel.

C'est "une personne dont l'exclusion a été prononcée de son domicile" mais que "la juridiction maintient dans le même domicile. Ca n'existe nulle part en droit !", a souligné lundi Georges Sauveur, avocat du FN.

Parmi les "15 motifs de la décision d'exclusion, les derniers propos en date tenus ont fait l'objet d'une condamnation (...) confirmée en appel. Evidemment que cette décision est valablement justifiée, fondée", a-t-il lancé, en référence au propos sur les chambres à gaz.

Répétant que M. Le Pen était devenu "un détail de l'histoire du FN", il a estimé que, dépourvu de "tribune" politique, ce dernier voulait "essayer de trouver une tribune judiciaire".

"Je vous demande simplement de faire du droit en faisant abstraction du bruit médiatique", a-t-il conclu.

- "Parti voyou" -

"Il y a des Etats voyous et il y a des partis voyous, et le FN est devenu un parti voyou", a répliqué l'avocat de M. Le Pen, Frédéric Joachim, ironisant : "Pourquoi sommes-nous là, puisque de toutes façons le FN fait fi de toutes les décisions de justice qui sont rendues ?"

"Il s'agit d'une exécution politique, d'un assassinat politique", avec "préméditation", a-t-il poursuivi.

Selon lui, "les adhérents aiment Jean-Marie Le Pen, ils savent ce qu'ils lui doivent". "Ce président d'horreur (...) ce président détestable, en l'assimilant à un voyou, un escroc", est "quelqu'un d'extrêmement populaire en France", a-t-il assuré.

"Finalement", le FN demande à la justice "de faire le sale boulot à sa place. Seulement vous êtes la cour d'appel de Versailles, vous n'êtes pas les adhérents du FN", a-t-il conclu.

A trois reprises en 2015, la justice avait donné raison à M. Le Pen, d'abord en annulant sa suspension du parti puis en suspendant, par deux fois, le congrès par correspondance censé supprimer le poste de président d'honneur, crée en 2011.

Cet énième round judiciaire survient alors que le FN est en crise et que Mme Le Pen a engagé au soir du second tour de la présidentielle perdue une "refondation" du parti frontiste, qui doit se parachever au congrès à Lille en mars.

Jean-Marie Le Pen ira-t-il à ce congrès ? "Oui, j'irai sans doute. On devrait m'y inviter mais si on ne m'y invite pas, j'irai quand même. Parce qu'il faut que la force reste au droit", a-t-il dit au sortir du procès, ajoutant : "J'ai l'habitude des tempêtes".

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