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Homéopathie: une victoire politique pour la ministre-médecin

| AFP | 138 | 5 par 1 internautes
La ministre des Solidarités et de la Santé Agnès Buyzn, le 24 juin 2019 à Paris
La ministre des Solidarités et de la Santé Agnès Buyzn, le 24 juin 2019 à Paris ( Alain JOCARD / AFP )

La fin du remboursement de l'homéopathie conforte Agnès Buzyn dans son image de ministre faisant primer les arguments scientifiques sur les considérations politiques et économiques, un positionnement revendiqué par cette médecin de formation depuis sa nomination.

"On ne doit pas mêler la politique à des décisions scientifiques", a-t-elle martelé mercredi sur RTL, pour justifier la décision de mettre fin en 2021 à la prise en charge par la Sécurité sociale de certains traitements homéopathiques.

On ne peut pas "décider par pétition, par du lobbying, du taux de remboursement d'un médicament", a-t-elle fait valoir, disant assumer "de ne pas être populaire auprès des Français qui prennent de l'homéopathie".

Malgré le verdict de la Haute autorité de santé, qui a conclu que "ces médicaments n'ont pas démontré scientifiquement une efficacité suffisante pour justifier d'un remboursement", de nombreux élus ont défendu ces dernières semaines les arguments des pro-homéopathie (popularité de ces petites granules chez les Français, risques pour l'emploi, faible coût pour la Sécurité sociale...)

Et certains ministres du gouvernement semblaient y être sensibles, comme la porte-parole du gouvernement, Sibeth Ndiaye, qui estimait la semaine dernière qu'une "balance" devait être réalisée entre "ce qu'on sait scientifiquement de l'apport de l'homéopathie, des questions évidemment économiques, puisque derrière il y a des emplois, mais aussi (le) bien-être de la population française".

Or l'arbitrage à l'Elysée a donné raison à Agnès Buzyn, une victoire politique pour cette hématologue, ancienne présidente de l'Institut national du cancer (INCa) et qui dirigeait la Haute autorité de santé (HAS) avant d'être nommée ministre.

Une façon de conforter la "bonne élève" du gouvernement alors qu'elle s'apprête à porter plusieurs dossiers cruciaux politiquement dans les prochaines semaines (révision des lois de bioéthique et réforme des retraites)...

"Elle s'est battue pour que cette décision soit prise", reconnaît Jérémy Descoux, président du collectif Fakemed, à la pointe du combat contre le remboursement.

"Toute décision contraire à une décision scientifique, qui aurait répondu à des visées électoralistes n'aurait pas été très glorieuse", ajoute le médecin, interrogé par l'AFP.

Déremboursement des médicaments contre Alzheimer, jugés eux-aussi peu efficaces, extension du nombre de vaccins obligatoires chez les jeunes enfants pour contrer la méfiance vaccinale, hausse à marche forcée du prix du paquet de cigarettes... En deux ans, Agnès Buzyn aura eu plusieurs fois l'occasion de mettre en avant la science pour justifier ses décisions.

Quitte à incarner pour ses détracteurs le mépris du "sachant", s'étonnant que l'évidence scientifique ne s'impose pas d'elle-même.

Raté sur l'alcool

"La parole d'un ministre est immédiatement analysée, décortiquée, critiquée, alors que la parole d'experte que j'ai portée pendant des années n'était jamais mise en cause", découvrait-elle peu de temps après sa nomination, dans un entretien au Figaro Madame.

"Elle a eu des difficultés au tout départ, c'était compliqué de se plonger dans ce monde politique", observe Corinne Vignon, députée (LREM) de Haute-Garonne.

Mais "elle a pris une force terrible politiquement" et "tous les médecins trouvent qu'ils ont enfin un ministre à la hauteur", affirme la membre de la commission des Affaires sociales de l'Assemblée.

Son engagement pour une medecine fondée sur les preuves lui a donné une forte crédibilité chez les professionnels de santé.

Mais cela n'empêche pas les économies réclamées aux hôpitaux, soulignent les syndicalistes, qui voudraient voir une médecine partant davantage des besoins des patients.

Son combat pour la science connaît aussi des ratés. Elle doit en rabattre sur l'alcool début 2018, quand Emmanuel Macron confie "boire du vin le midi et le soir" et affirme que tant qu'il sera président, il n'y aurait pas "d'amendement pour durcir la loi Evin" restreignant la publicité pour les boissons alcoolisées.

Le Plan national contre les addictions publié fin 2018 laissera sur leur faim les spécialistes, poussant l'Académie de médecine à réclamer au gouvernement de "revenir à une politique basée sur les preuves et de mettre en oeuvre les mesures qui ont une efficacité démontrée et reconnue".

"L'alcool, c'est un peu le point aveugle des politiques de santé publique", constate Michel Reynaud, président du Fonds Actions Addictions, interrogé par l'AFP.

"On soutient la ministre dans ses actions, qui nous paraissent malgré tout encore insuffisantes", ajoute-t-il, estimant qu'"elle fait ce qu'elle peut".

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