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"Grenelle des violences conjugales": ce que demandent les associations

| AFP | 153 | 5 par 1 internautes
Alors que s'ouvre mardi 3 septembre 2019 le
Alors que s'ouvre mardi 3 septembre 2019 le "Grenelle des violences conjugales", les associations féministes demandent des moyens supplémentaires pour l'hébergement des victimes, une réforme du fonctionnement de la justice et une meilleure formation des policiers et gendarmes à ces sujets ( Christophe ARCHAMBAULT / AFP/Archives )

Alors que s'ouvre mardi le "Grenelle des violences conjugales", les associations féministes demandent des moyens supplémentaires pour l'hébergement des victimes, une réforme du fonctionnement de la justice et une meilleure formation des policiers et gendarmes à ces sujets.

"Nos priorités, ce sont une meilleure prise en compte de l'autorité parentale et un meilleur accès à l'hébergement des femmes victimes de violences", explique à l'AFP Françoise Brié, directrice générale de la Fédération nationale Solidarité femmes (FNSF).

La FNSF souhaite que la possibilité de "dissimulation de l'adresse de la mère" soit étendue aux situations non couvertes par les "ordonnances de protection" délivrées par des juges aux affaires familiales. Une solution pour éviter que l'ex-conjoint violent ait accès aux coordonnées de son ancienne compagne s'il partage avec elle l'autorité parentale sur un ou plusieurs enfants.

Cette fédération demande en outre un "renforcement de l'arsenal législatif" passant par la création de "tribunaux spécialisés". Une préconisation récurrente des associations, alors que des victimes de violences conjugales se plaignent de n'avoir pas été entendues par les juges les ayant auditionnées.

La présidente de la Fondation des femmes, Anne-Cécile Mailfert, a appelé elle aussi de ses voeux une justice "plus rapide, coordonnée et accessible, avec des instances spécialisées", dans une récente tribune publiée par Le Parisien.

"Il faut qu'on ait des référents spécialisés dans les brigades de police et de gendarmerie", souligne de son côté Françoise Brié. Si policiers et gendarmes "sont tenus de recevoir les plaintes déposées par les victimes d'infractions pénales", stipule la "charte de l'accueil du public et des victimes", les associations croulent sous les témoignages faisant état de manquements à cette obligation.

La FNSF demande enfin la création de centres d'hébergement ouverts 24 heures sur 24, "encore très rares en France".

Des places doivent notamment être débloquées pour les jeunes, estime Marie Cervetti, directrice de l'association "FIT, une femme, un toit", qui gère un centre d'hébergement pour femmes de 18 à 25 ans victimes de violences.

En novembre 2018, la FNSF, la Fondation des femmes et trois autres organisations dont le CESE avaient estimé, dans un rapport intitulé "Où est l'argent contre les violences faites aux femmes?", à au moins 193 millions d'euros le budget annuel nécessaire à l'hébergement des femmes victimes de violences, loin des 15 millions actuels.

Caroline De Haas, membre du collectif #NousToutes, met l'accent en particulier sur l'éducation. "Mon gamin a eu une formation à la sécurité routière, il en aura encore au collège. Les enfants sont conditionnés à la sécurité routière, pourquoi on ne les conditionnerait pas à la non-violence?", interroge-t-elle.

"Il faudrait 1 milliard pour que ces politiques publiques soient efficaces", a estimé #NousToutes jeudi. Les crédits de l'Etat spécifiquement alloués à la lutte contre les violences envers les femmes sont de 79 millions d'euros, selon une étude menée par cinq organisations.

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