5 542.55 PTS
-0.11 %
5 488.0
-0.16 %
SBF 120 PTS
4 430.65
-0.03 %
DAX PTS
12 938.01
+0.65 %
Dowjones PTS
24 753.09
-0.24 %
6 960.92
+0.16 %
Nikkei PTS
22 450.79
+0.06 %

Glyphosate: de la difficulté de concilier écologie et économie

| AFP | 265 | Aucun vote sur cette news
Le ministre de l'Agriculture Stéphane Travert à Pomacle le 27 novembre 2017
Le ministre de l'Agriculture Stéphane Travert à Pomacle le 27 novembre 2017 ( FRANCOIS NASCIMBENI / AFP/Archives )

Dans un apparent cafouillage, la réaction du ministre de l'Agriculture au renouvellement du glyphosate en Europe illustre la difficulté de concilier aspirations écologiques et réalités économiques des agriculteurs, qui redoutent une explosion de leurs coûts de revient s'ils doivent de nouveau utiliser la charrue.

Lundi, alors que le président Emmanuel Macron, annonçait une interdiction du glyphosate en France "au plus tard dans trois ans", Stéphane Travert s'était félicité que les Etats membres de l'UE aient voté un renouvellement pour cinq ans de cet herbicide controversé.

Une déclaration qui a fait sensation au point que M. Travert a dû démentir mardi tout "cafouillage" dans la communication du gouvernement dans ce dossier.

"Mobilisons l'ensemble des professionnels pour trouver des alternatives durables dans le temps demandé par le président de la République: trois ans", a ajouté le ministre sur LCI.

Car pour les agriculteurs, l'utilisation du glyphosate est aujourd'hui une nécessité économique. Ce n'est pas un hasard si cet herbicide est le plus vendu au monde: il est terriblement efficace pour un prix modeste et permet par exemple de contenir les coûts de revient des céréales alors que les cours mondiaux sont très bas.

S'il n'existe aujourd'hui aucun produit chimique pouvant s'y substituer, les agriculteurs travaillent avec les instituts de recherche pour en mettre au point.

Mais il n'y a "pas de solution miracle" encore pour en réduire l'usage, selon les chercheurs. Pour atteindre l'objectif de réduire de 50% les produits phytosanitaires à l'horizon 2030, l'Inra travaille sur une "combinaison de plusieurs approches": une amélioration de la sélection génétique, des progrès en agronomie et sur le biocontrôle, expliquait tout récemment le président de l'Institut national de recherches agronomiques, Philippe Mauguin, aux députés.

Cependant, "le désherbage mécanique, le labour et l'allongement des rotations culturales sont moins efficaces, plus chers et plus compliqués à mettre en oeuvre", souligne la Plateforme glyphosate France, qui réunit la plupart des entreprises commercialisant en France des produits à base de glyphosate.

"Nous réaffirmons que les alternatives techniques existent", mais "si elles ne sont pas massivement utilisées par les paysans aujourd'hui, c'est en grande partie pour des raisons économiques", assure pour sa part la Confédération paysanne, syndicat agricole opposé aux pesticides chimiques.

- Distorsion de concurrence -

Seul consensus entre les acteurs, le coût important des solutions de substitution.

Alors que l'agriculture française connaît un marasme depuis plusieurs années, voir la France limiter l'utilisation du glyphosate au bout de trois ans, quand les autres pays européens y auront droit durant cinq ans, refait surgir le spectre d'une distorsion de concurrence avec ceux qui deviennent de féroces adversaires quand il s'agit d'exporter.

Les producteurs de blé français, qui ont cédé leur place de premiers exportateurs européens aux Allemands en 2016, sont les premiers à s'en inquiéter.

"Cinq ans pour un plan de sortie du glyphosate, c'est déjà beaucoup trop court quand on vit au quotidien dans le principe de réalité économique qui veut qu'au niveau international, les autres producteurs peuvent l'utiliser sans contrainte", regrette l'interprofession des céréales et oléagineux (AGPB, AGPM, CGB, FOP) dans un communiqué commun mardi.

"Il y a eu deux ans de débat et un vote à la majorité qualifiée, et deux heures après, le président français dit +moi, je m'assois dessus+. Que deviennent les agriculteurs là-dedans?" s'est emporté le secrétaire général adjoint de la FNSEA Eric Thirouin, qui craint que, comme avec le Ceta, le traité de libre échange Europe-Canada, on "interdise de produire en France ce que les Français ont le droit de manger".

M. Travert a répondu à cette inquiétude devant l'Assemblée nationale en indiquant "qu'il y aurait surtransposition si nous restions inactifs pendant trois ans, en attendant le couperet de l'échéance. Ce n'est évidemment pas ce que souhaite le président de la République", a-t-il assuré.

"Il faudrait une clause de sauvegarde, comme pour le diméthoate" interdit l'an dernier en France sur les cerisiers, a argué Laurent Pinatel, porte-parole de la Confédération paysanne.

Après avoir interdit cet insecticide en France en 2016, le gouvernement avait aussi interdit l'importation de fruits traités avec ce produit des autres pays européens, tant pour éviter les distorsions de concurrence que pour protéger les consommateurs français.

 ■

Copyright © 2018 AFP. Tous droits de reproduction et de représentation réservés.

Toutes les informations reproduites dans cette rubrique (dépêches, photos, logos) sont protégées par des droits de propriété intellectuelle détenus par l'AFP. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, transmise, rediffusée, traduite, vendue, exploitée commercialement ou utilisée de quelque manière que ce soit sans l'accord préalable écrit de l'AFP. l'AFP ne pourra être tenue pour responsable des délais, erreurs, omissions, qui ne peuvent être exclus ni des conséquences des actions ou transactions effectuées sur la base de ces informations.

Votez pour cet article
0 avis
Note moyenne : 0
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote

ÉVÈNEMENT

IMMERSION EXCLUSIVE AU COEUR DE LA BOURSE
DU 28 MAI AU 1erJUIN 2018

EN PARTENARIAT AVEC

INSCRIVEZ-VOUS DÈS MAINTENANT ! Cliquez ici

À LIRE AUSSI SUR BOURSE DIRECT
Publié le 25/05/2018

BLEECKER         COMMUNIQUE DE PRESSE         RESULTATS SEMESTRIELS AU 28.02.2018       Paris, le 25 mai 2018       Le Groupe BLEECKER publie aujourd'hui ses…

Publié le 25/05/2018

A la suite de l'accord du conseil d'administration de Beni Stabili, le 24 mai, le conseil d'administration de Foncière des Régions a approuvé à l'unanimité le projet de fusion entre les deux…

Publié le 25/05/2018

Safran annonce que son Assemblée générale des actionnaires 2018 a décidé le versement d’un dividende de 1,60 euro par action et approuvé l’ensemble des résolutions proposées. La mise en…

Publié le 25/05/2018

HF COMPANY Société anonyme au capital de 1 670 631.50 EUROS Siège social : Node Park Touraine 37310 Tauxigny 405 250 119 R.C.S. TOURS       Tauxigny, le 25 mai…

Publié le 25/05/2018

Faible croissance...