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"Gilets jaunes": Éric Drouet dénonce une interpellation "politique" avant de nouvelles manifestations

| AFP | 832 | 2.33 par 3 internautes
Eric Drouet, accompagné de son avocat (g), sort de sa garde à vue Paris, le 3 janvier 2018
Eric Drouet, accompagné de son avocat (g), sort de sa garde à vue Paris, le 3 janvier 2018 ( Bertrand GUAY / AFP )

Le médiatique et controversé "gilet jaune" Éric Drouet a dénoncé une interpellation "politique", en sortant d'une garde à vue qui a provoqué l'indignation, à deux jours d'un huitième samedi de manifestations en France.

Interpellé mercredi soir près des Champs-Élysées pour "organisation d'une manifestation sans déclaration préalable", il affirme qu'il devait juste rencontrer d'autres "gilets jaunes" pour un "rendez-vous au restaurant".

"On cherche à nous mettre des responsabilités sur le dos, alors qu'il y en a pas du tout ", a déclaré jeudi le chauffeur routier de Seine-et-Marne, 33 ans.

Il a été convoqué devant le tribunal correctionnel pour le 15 février pour les faits de mercredi et pour ceux du 22 décembre, qui lui avaient déjà valu une garde à vue, où il sera jugé pour "organisation d'une manifestation sans déclaration préalable". Il sera par ailleurs jugé le 5 juin pour "port d'arme prohibé" lors de la manifestation du 22 décembre.

La garde à vue de trois autres personnes interpellées avec lui mercredi soir a été levée jeudi matin, selon une source proche du dossier.

"Éric Drouet est libre aujourd'hui, dans une opération purement et bassement politique, qui n'a rien de juridique", a commenté son avocat, Me Kheops Lara. À Lille, une cinquantaine de personnes s'étaient rassemblées pour réclamer sa "libération".

Son interpellation avait provoqué l'indignation de responsables politiques de l'extrême droite à l'extrême gauche en passant par le centre.

Eric Drouet, accompagné de son avocat, sort de sa garde à vue le 23 décembre 2018, après son interpellation lors d'une manifestation de
Eric Drouet, accompagné de son avocat, sort de sa garde à vue le 23 décembre 2018, après son interpellation lors d'une manifestation de "gilets jaunes" à Paris ( FRANCOIS GUILLOT / AFP/Archives )

Soutien affiché du mouvement, la responsable du Rassemblement national Marine Le Pen a dénoncé une répression de l'exécutif.

"Abus de pouvoir. Une Police politique cible et harcèle désormais les animateurs du mouvement gilet jaune", avait tweeté Jean-Luc Mélenchon (La France insoumise), juste après l'arrestation de celui pour lequel il avoue sa "fascination".

Taxant le gouvernement d'"amateurisme", le président des Centristes Hervé Morin a appelé à "sortir de l'arrogance et du mépris" vis-à-vis des "gilets jaunes", mobilisés depuis un mois et demi pour réclamer notamment plus de pouvoir d'achat.

Le gouvernement et la majorité ont justifié cette interpellation. "Quand quelqu'un organise une manifestation alors qu'elle n'est pas déclarée, c'est qu'il ne respecte pas l'État de droit", a estimé le ministre de l'Économie Bruno Le Maire.

Trouver une "personnalité respectable"

La mobilisation a nettement décru ces dernières semaines, mais de nouveaux appels à manifester samedi sur "les places symboliques" à Paris, à Lyon, Bordeaux, Toulouse, Strasbourg, Besançon, Clermont-Ferrand ou Nice, ont été lancés ces derniers jours sur les réseaux sociaux.

Dans la capitale, les "gilets jaunes" sont invités à se rassembler place de l'Hôtel de ville à 14H00, avant de marcher jusqu'à l'Assemblée nationale.

Le groupe de "gilets jaunes" dénommé "La France en colère", qui refuse de participer au grand débat national annoncé par Emmanuel Macron, a demandé jeudi au président, dans une lettre ouverte, la nomination d'une "personnalité respectable" pour "commencer les discussions (...) autour de la reprise de souveraineté du peuple".

"Trouvez donc une personnalité respectable qui n'ait pas été visée par des enquêtes judiciaires, qui n'ait été politisée en aucune façon, qui n'ait pas été l'objet de polémiques et qui soit sans reproches et non corrompue par le système financier", détaille ce collectif, lancé par Éric Drouet et Priscillia Ludosky.

"Drouet s'est fait arrêter pour rien", a affirmé à l'AFP Fabrice, un fonctionnaire "gilet jaune" lyonnais de 46 ans. "On ne lâche rien, les +gilets jaunes+ sont encore là. On est remontés après les vœux de Macron, qui pour nous ont été une déclaration de guerre. Il croit qu'on est une poignée, mais il ne voit pas qu'il parle au peuple", dit-il.

Après avoir annoncé le 10 décembre des mesures sociales et un débat national, Emmanuel Macron a adopté un ton offensif lors de ses voeux, en appelant à "l'unité retrouvée" et en affirmant que "l'ordre républicain sera assuré sans complaisance" face aux violences.

Une majorité de Français (55%, +1) souhaite que le mouvement des "gilets jaunes" se poursuive et l'amélioration du pouvoir d'achat est désormais en tête des attentes pour 2019, selon un sondage Odoxa Dentsu consulting publié jeudi.

45% des 1.004 personnes interrogées souhaitent au contraire que le mouvement s'arrête, soit un point de moins que lors d'une enquête réalisée début décembre.

burs mig/blb/bma/cam/spi

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