Gabriel Attal candidat à la présidentielle, mêlée ouverte dans le bloc central
Fin du faux-suspense: Gabriel Attal a officialisé vendredi depuis l'Aveyron sa candidature à l'élection présidentielle et son ambition de succéder à Emmanuel Macron, avec qui il est en froid depuis la dissolution, à condition de supplanter Édouard Philippe au sein du bloc central.
C'est depuis la place du village de Mur-de-Barrez (Aveyron), en conclusion d'un débat "citoyen" organisé par le maire Renaissance Pierre Ignace, avec environ une centaine de participants, que l'ancien Premier ministre a franchi l'étape décisive vers la candidature.
"En ayant occupé les plus hautes fonctions de l'Etat, en ayant voyagé dans le monde, en ayant eu beaucoup de déplacements en France et de rencontres avec les Français, je me suis forgé une conviction, une conviction très forte, c'est qu'on a encore nos plus belles pages à écrire", a expliqué M. Attal sous un soleil de plomb.
"Je me suis forgé aussi une détermination à agir" pour "apaiser, élever, s'élever, grandir, conquérir, renouer avec un optimisme. Parce que moi, je n'en peux plus de cette politique française où c'est 50 nuances de gestion du déclin", a-t-il ajouté.
Une drôle de primaire qui pourrait déboucher sur un ralliement en faveur du mieux placé au début de l'année 2027 face au risque de l'accession à l'Elysée du Rassemblement national, en tête des sondages.
En froid avec Macron
A un an du scrutin, pour lequel M. Macron ne peut plus concourir, Constitution oblige, le candidat du RN, de Marine Le Pen ou Jordan Bardella, n'est pas encore connu puisque le sort de la triple candidate à la présidentielle est suspendu à la décision de la Cour d'appel dans l'affaire des assistants parlementaires européens, attendue le 7 juillet.
A gauche, Jean-Luc Mélenchon a déjà lancé une quatrième candidature à l'Elysée tandis que la social-démocratie affiche sa désunion, de François Hollande à Raphaël Glucksmann en passant par Bernard Cazeneuve.
Souvent présenté comme le "clone" d'Emmanuel Macron, Gabriel Attal ambitionne donc de battre son record de plus jeune président élu: il aura 38 ans au moment de l'élection.
Mais la succession n'a rien d'arrangé: les deux hommes sont en froid depuis la dissolution de l'Assemblée, qui a mis un terme à la courte expérience à Matignon de ce jeune Premier ministre laissé hors de la confidence.
Il s'est depuis emparé du groupe macroniste à l'Assemblée puis du parti et trace son sillon, au risque de perdre des macronistes en cours de route, comme Elisabeth Borne qui s'est récemment retirée des instances dirigeantes.
Ce qui n'a pas empêché le député LFI Hadrien Clouet d'ironiser sur la Constitution qui "interdit pourtant à Macron de faire 3 mandats consécutifs". "Macron, stop ou pire?", a demandé sa collègue du RN Laure Lavalette.
Campagne "permanente"
Le cadre aveyronnais ne doit rien au hasard: Renaissance, critiqué depuis sa création pour son faible ancrage local, entend prouver son "implantation nouvelle". Le parti s'est emparé du chef-lieu du département, Rodez, avec l'élection en mars du député Stéphane Mazars.
"Le jour où on reste enfermé dans des bureaux parisiens, dans des ministères, c'est le jour où la politique s'arrête", a expliqué M. Attal en entamant ses échanges avec les habitants, qui l'ont interrogé sur l'éducation, l'intelligence artificielle ou l'accès aux soins.
Cette annonce de candidature sur la place d'un village vise aussi à prendre le contre-pied de l'image de Gabriel Attal, enfant des beaux quartiers de la capitale et député du cossu département des Hauts-de-Seine.
Le patron de Renaissance arpentera le département sur deux jours, du viaduc de Millau à Rodez jusqu'à la transhumance des troupeaux en Aubrac samedi.
Peu après sa déclaration, il s'est attablé à la mi-journée, au son de l'accordéon, pour un saucisse-aligot. "Parler de la France, de ses traditions, depuis la France, surtout pour quelqu'un comme Gabriel, c'est nécessaire", souligne un de ses soutiens.
Alors qu'Édouard Philippe tiendra un meeting le 5 juillet et ne devrait dévoiler son programme qu'à l'automne, les équipes de Gabriel Attal entendent "ouvrir un nouveau cycle" de campagne "permanente". Avec la ferme intention de supplanter le maire du Havre, nettement moins pressé de se lancer tous azimuts.
Un grand meeting Renaissance est programmé le 30 mai à Paris, Porte de Versailles.
La présidente de l'Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, a fait savoir qu'elle ne s'y rendrait pas. D'autres figures de la macronie hésitent. "On verra la désunion dans le parti, on verra ceux qui ne seront pas là", prévient une figure du parti.
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