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France: la réforme du travail, défi pour le président Macron

| AFP | 156 | Aucun vote sur cette news
Le Premier ministre français Edouard Philippe (G) et la ministre du Travail Muriel Pénicaud quittent l'Elysée le 30 août 2017 à Paris.
Le Premier ministre français Edouard Philippe (G) et la ministre du Travail Muriel Pénicaud quittent l'Elysée le 30 août 2017 à Paris. ( ALAIN JOCARD / AFP )

Le président français Emmanuel Macron, en forte chute dans les sondages, affronte son premier défi avec la présentation jeudi par son gouvernement de la réforme très attendue du droit du travail.

Ce grand chantier, avant la refonte prévue de l'assurance chômage, des retraites et de la fiscalité, marque la première étape d'une "rénovation du modèle social" promise par le chef de l'État élu le 7 mai dans un pays que lui-même a décrit comme "pas réformable".

Cinq ordonnances, concoctées durant l'été, doivent être dévoilées dans la matinée aux partenaires sociaux puis détaillées par le Premier ministre et la ministre du Travail lors d'une conférence de presse.

L'objectif est de donner plus de flexibilité aux entreprises et, in fine, de les encourager à embaucher alors que le chômage, préoccupation numéro un des Français, reste massif, touchant 9,5% de la population active, et avant tout les jeunes.

Pour le président Macron, il s'agit d'une "transformation profonde et (...) ambitieuse", comme il l'a expliqué dans un entretien-fleuve à l'hebdomadaire Le Point publié jeudi. Mais le but n'est pas de réformer en soi, "ce sont des moyens, des instruments pour parvenir à autre chose: la libération des énergies", affirme-t-il dans cet entretien très détaillé qui marque un revirement dans la stratégie de "parole rare" adoptée après son élection.

Les enjeux ne sont pas seulement nationaux, car le président Macron "représente un espoir pour tous ceux qui attendent une réforme de la France, en particulier l'Allemagne", souligne le professeur Christian Lequesne, du centre de Recherches internationales de l'Institut d'études politiques de Paris.

"C'est un test", alors que "ce qui ressort toujours de la perception de la France dans les pays environnants, c'est l'incapacité de ce pays à réussir la réforme des politiques publiques sans que ce soit immédiatement la guerre sociale", estime-t-il.

Le président français Emmanuel Macron (C) préside le conseil des ministres le 28 août 2017 à Paris
Le président français Emmanuel Macron (C) préside le conseil des ministres le 28 août 2017 à Paris ( CHRISTIAN HARTMANN / POOL/AFP )

Pour M. Macron, qui voit la France en moteur d'une Europe "relancée", "leader du monde libre", l'enjeu est de taille. "De plus en plus, le leadership que l'on peut avoir dans l'espace international ou transnational européen dépend de sa capacité à mener à bien son propre pays", selon le chercheur.

Mercredi, le chef de la diplomatie allemande Sigmar Gabriel, invité à assister au Conseil des ministres à l'Élysée, s'est dit "assez impressionné" par le projet de réforme.

- Mobiliser les dépités -

Au plan intérieur, les attentes du patronat sont fortes, l'hostilité de certains syndicats est déjà affirmée et la partie ne s'annonce pas simple.

Pour ses opposants, la réforme en cours équivaut à une "démolition sociale" ou encore une "loi Travail XXL". En 2016, la loi adoptée pendant le quinquennat du précédent chef de l'État, le socialiste François Hollande, avait jeté dans la rue des mois durant des milliers de manifestants, signant la pire crise sociale jamais subie par un gouvernement de gauche en France.

Un des principaux syndicats français, la CGT, a appelé à la mobilisation le 12 septembre, sans trouver pour l'instant d'écho chez les autres grandes organisations de salariés.

Du côté des partis politiques, la gauche radicale de La France insoumise a également pris date, pour le 23 septembre, appelant à "déferler" sur Paris contre "le coup d'état social".

Reste à savoir si son leader, l'ancien candidat à la présidentielle Jean-Luc Mélenchon, réussira à mobiliser ceux qui ne font pas partie du socle électoral d'Emmanuel Macron, dans un paysage politique marqué par l'effondrement des partis traditionnels.

Car trois mois après son élection, fruit d'un vote de barrage à l'extrême droite, la cote de popularité du centriste de 39 ans a accusé une baisse impressionnante dans les sondages.

Le dernier, publié mercredi, le voit chuter de 11 points en un mois et de 19 points en trois mois. Désormais, une majorité de Français (55%) a une mauvaise opinion de lui.

Au point que le porte-parole du gouvernement reconnaissait dimanche "une difficulté" pour l'exécutif, l'imputant notamment à "un manque d'explication et de pédagogie".

"Pédagogie" est d'ailleurs le mot d'ordre de cette rentrée sous tension.

"Ce que nous voulons, c'est que les Français comprennent pleinement, pour ensuite juger, la totalité de ce que nous voulons faire, la cohérence, le sens", déclarait lundi le Premier ministre Edouard Philippe. Le président Macron s'attend néanmoins à "vivre pendant des mois avec l'impatience du peuple", comme il l'a dit dans son entretien au Point.

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