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Familles de jihadistes: Macron pour des retours au "cas par cas"

| AFP | 314 | Aucun vote sur cette news
 Emmanuel Macron à Dubaï, le 9 novembre 2017
Emmanuel Macron à Dubaï, le 9 novembre 2017 ( LUDOVIC MARIN / AFP )

Les éventuels retours de femmes et enfants de jihadistes français capturés en Irak et Syrie seront examinées "au cas par cas", a déclaré Emmanuel Macron, provoquant l'inquiétude de leurs familles qui l'exhortent à les rapatrier pour ne pas en faire "des bombes à retardement".

"Pour les femmes et les enfants, ce sera du cas par cas (...) Cela dépend à chaque fois des pays et des situations", a déclaré le chef de l’État, interrogé mercredi par France 2 sur l'épineuse question des "revenants" de l'ancien territoire tenu par le groupe État islamique (EI)à en Irak et Syrie.

En Irak, "nous avons des échanges permanents avec la justice (locale), que nous reconnaissons. Et quand des crimes sont identifiés pour des ressortissants français (...), ils doivent être jugés", a-t-il précisé dans cet entretien mis en ligne sur le site de franceinfo.

"Il y en a qui peuvent revenir sans qu'ils soient rapatriés, il y en a qui peuvent être rapatriés, et il y en a qui seront jugés avec leurs familles, dans certaines circonstances, dans les pays où ils sont, en particulier l'Irak", a ajouté M. Macron qui s'exprimait en marge de l'inauguration du Louvre Abu Dhabi.

Il n'a pas fourni de précisions sur la Syrie, où se trouvaient jusqu'à cette année, selon des sources concordantes, la plupart des femmes et enfants de jihadistes français combattant pour le groupe État islamique (EI) aujourd'hui en pleine déconfiture sur le terrain.

Fin octobre, une vingtaine de "parents, grands parents et proches des jeunes filles partis en Syrie ou en Irak" avaient envoyé une lettre à M. Macron pour lui demander de rapatrier en France les femmes françaises et leurs enfants et de faire en sorte que les premières y soient jugées en fonction de leurs actes.

Ils n'avaient jusqu'ici pas eu de réponse, le gouvernement redoublant de prudence sur le sujet dans un pays toujours marqué du souvenir des sanglants attentats de 2015, en partie perpétrés par des "revenants" de Syrie.

Les déclarations du président ont aussitôt été dénoncées par un représentant et un avocat des familles concernées.

Ces propos sont "indignes" et "irresponsables", a déclaré à l'AFP Amine Elbahi, dont la sœur, qui avait quitté la France en 2014 à 19 ans pour gagner la Syrie et y a eu deux enfants d'un combattant de l'EI tué depuis.

"Les enfants sont innocents. En faisant du cas par cas, par exemple en fonction de l'âge, on va décomposer les familles. Or c'est cette décomposition familiale qui a favorisé en France le terreau de la radicalisation. Nous sommes en train de reproduire notre Histoire", a-t-il prévenu.

"Le retour de ces enfants est un enjeu sociétal prioritaire. Les abandonner à leur sort serait faire d'eux des bombes à retardement", a abondé Samia Maktouf, avocate en lien avec certaines familles. "Il devraient être pris en charge par leurs grands-parents dans un cadre adapté. Ils sont français, c’est un devoir de la France de les accueillir, n’en faisons pas des apatrides".

Selon le gouvernement, environ 1.700 Français sont partis rejoindre les zones jihadistes irako-syriennes depuis 2014. Sur ce total, 278 sont morts - chiffre qu'il admet lui-même sous-évalué - et 302 sont revenus en France, dont 66 femmes et 58 mineurs, la plupart de moins de 12 ans. Les autres ont été capturés en Syrie ou Irak, tués dans les combats ou ont fui vers les derniers territoires tenus par l'EI ou d'autres foyers jihadistes (en Libye notamment).

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