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Européennes: 12 têtes de liste lancent la campagne, déjà chahutée

| AFP | 418 | 2.33 par 3 internautes
Manon Aubry tête de liste de La France Insoumise (LFI), à Paris, le 9 janvier 2019
Manon Aubry tête de liste de La France Insoumise (LFI), à Paris, le 9 janvier 2019 ( JOEL SAGET / AFP/Archives )

Certaines ont obtenu leur place au forcing: pas moins de 12 têtes de liste lancent la campagne des européennes jeudi soir sur France 2, mais la joute pourrait tourner au chahut vu le peu de temps qu'elles auront pour exposer leurs propositions sur l'Europe.

La chaîne publique n'avait invité au départ que sept têtes de listes en vue du scrutin du 26 mai: Manon Aubry (LFI), Jordan Bardella (RN), François-Xavier Bellamy (LR), Nicolas Dupont-Aignan (DLF), Raphaël Glucksmann (liste commune Place publique-PS), Yannick Jadot (EELV), et Nathalie Loiseau (LREM).

Se sont ajoutés ensuite Ian Brossat (PCF) et Jean-Christophe Lagarde (UDI), qui avaient vivement protesté de n'avoir pas été conviés.

Puis mardi, la chaîne a consenti à accueillir trois autres candidats, Benoît Hamon (Générations), Florian Philippot (Les Patriotes) et François Asselineau (UPR), après une décision de justice ordonnant à France 2 de les inviter ou à défaut de les inclure dans un rendez-vous similaire, considérant que leur absence portait atteinte au pluralisme.

Mais les chaînes pourront continuer d'organiser librement leurs débats dans la mesure où elles respectent le pluralisme, avant le début de campagne officielle le 15 avril: France 2 a obtenu gain de cause en appel jeudi devant le Conseil d'Etat dont les arrêts font jurisprudence.

Il a estimé que France 2 était libre de choisir les participants à ses débats car, "hors période électorale", elle n'est pas tenue à "une stricte égalité de traitement".

Freiner les ardeurs

Les 3 petits candidats seront quand même sur le plateau de France 2 jeudi, mais cette décision du Conseil d'Etat pourrait freiner les ardeurs de ceux qui frappent déjà à la porte de France Télévisions, comme le parti animaliste, qui a été débouté, le député Jean Lassalle ou le "gilet jaune" Jean-François Barnaba.

A douze, "ça va complètement plomber l'émission", a estimé jeudi le député RN Gilbert Collard, pour qui "ce n'est pas le boulot de la justice" de décider qui peut participer au débat.

Attaquant son ancien collègue et ex-bras droit de Marine Le Pen, Florian Philippot, il estime que lorsqu'un candidat "ne représente rien, ce qui est le cas de Florian Philippot, il ne faut pas pourrir, abîmer la qualité d'un débat".

Le fondateur de Génération.s Benoît Hamon, au meeting de présentation des candidats, à Paris, le 3 avril 2019
Le fondateur de Génération.s Benoît Hamon, au meeting de présentation des candidats, à Paris, le 3 avril 2019 ( BERTRAND GUAY / AFP )

Dans l'entourage de Nicolas Dupont-Aignan, qui avait saisi en vain le Conseil d'Etat lors de la présidentielle pour être invité à un débat sur TF1, on juge "légitime" d'inviter tout le monde.

Une autre tête de liste souligne le risque que les plus petits soient "noyés" dans les échanges.

Dans les sondages, les listes LREM et RN sont au coude-à-coude, à environ 22% des intentions de vote, loin devant les autres partis, dont plusieurs peinent à dépasser les 2%.

Chaque participant disposera au total de 12 minutes de temps de parole, au lieu de 15, sur deux heures d'émission. Alix Bouilhaguet, rédactrice en chef, promet malgré tout de "garder le jeu de ping-pong entre les participants".

Mélenchon-Hamon d'accord

L'émission s'articulera autour de deux thèmes: sur l'Europe et ses frontières/la gouvernance, puis l'Europe fiscale/ l'environnement, l'économie.

Florian Philippot, seul candidat à proposer, avec l'UPR, que la France sorte de l'UE (Frexit), ne manquera pas de se distinguer de Jordan Bardella, qui n'entend plus sortir de l'euro, mais aussi de François Asselineau, qui fustige déjà "l'ego" de son concurrent.

M. Bardella s'est préparé avec l'eurodéputé Nicolas Bay, après s'être emmêlé les pinceaux sur RTL sur les votes de son parti à Strasbourg.

Nathalie Loiseau et l'écologiste Pascal Canfin, à la tête de la liste La République En Marche (LREM), à Aubervilliers, le 30 mars 2019
Nathalie Loiseau et l'écologiste Pascal Canfin, à la tête de la liste La République En Marche (LREM), à Aubervilliers, le 30 mars 2019 ( STEPHANE DE SAKUTIN / AFP/Archives )

Nathalie Loiseau donne le ton dans une tribune, publiée par Libération avec l'écologiste Pascal Canfin, "Quelles années 30 voulons-nous ?", opposant une Europe des nationalistes "qui se fragmente" à une Europe qui "tire la mondialisation vers le haut" notamment sur le climat.

François-Xavier Bellamy lui "ne croit pas que (l') ennemi soit le populisme" ou le Brexit mais "tout ce qui a produit le Brexit".

La télévision réunira-t-elle la gauche ? Pourtant rivaux, Benoît Hamon et Jean-Luc Mélenchon, chef de LFI, se sont défendus l'un l’autre, sur Twitter, de pouvoir participer à tous les débats télévisés, à l'approche d'une joute le 10 avril qui fait aussi polémique.

Mais sur le plateau, Benoît Hamon, Yannick Jadot et Raphaël Glucksmann, qui étaient main dans la main à la présidentielle, se retrouveront adversaires, au risque de désorienter leurs électeurs.

Le débat sera un test pour des novices comme Manon Aubry, dont un député insoumis attend un discours "tranchant".

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