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Enregistrement Benalla: l'opposition dénonce la tentative de perquisition visant Mediapart

| AFP | 499 | 2 par 5 internautes
Alexandre Benalla après son audition devant la commission d'enquête du Sénat, le 21 janvier 2019
Alexandre Benalla après son audition devant la commission d'enquête du Sénat, le 21 janvier 2019 ( Alain JOCARD / AFP/Archives )

L'opposition est montée au front mardi pour dénoncer la tentative de perquisition de Mediapart la veille dans le cadre de la tentaculaire affaire Benalla, accusant le pouvoir d'"utilisation de la justice à des fins politiques" ou de "dérive autoritaire".

"J'aimerais savoir qui a demandé au parquet d'ouvrir une enquête préliminaire; aujourd'hui on ne peut pas répondre", a noté le député RN et membre du bureau exécutif du parti Louis Aliot sur BFMTV/RMC.

"J'ai du mal à soutenir Mediapart alors qu'il se réjouit des perquisitions des autres. Mais sur cette perquisition-là, si l'enquête préliminaire a été ouverte sans plainte de M. Benalla ou des gens mis en cause, c'est là que ça devient grave et qu'on voit que le pouvoir utilise les services de l'Etat et de la justice à des fins politiques", a-t-il accusé.

Le parquet de Paris a tenté de perquisitionner Mediapart lundi après la diffusion fin janvier d'une conversation entre l'ancien conseiller d'Emmanuel Macron et Vincent Crase, ex-employé de LREM et gendarme réserviste, quelques jours après leur mise en examen en juillet.

Cette nouvelle enquête a été ouverte pour "atteinte à l'intimité de la vie privée" et "détention illicite d'appareils ou de dispositifs techniques de nature à permettre la réalisation d'interception de télécommunications ou de conversations", autrement dit sur les conditions dans lesquelles cet enregistrement a été réalisé, selon une source judiciaire.

Si "ça s'est vu sous Vichy", "aller perquisitionner une rédaction, ça ne se fait pas, pas dans une démocratie", a critiqué l'ancien ministre et actuel président de l'Assemblée des départements de France Dominique Bussereau (ex-LR) mardi sur LCI.

Un des porte-parole des Républicains, Gilles Platret, avait exprimé lundi dans un tweet son "sentiment de malaise profond".

Le chef de file de La France Insoumise Jean-Luc Mélenchon a dressé mardi sur Twitter un parallèle entre les perquisitions visant son parti à l'automne et celle de Mediapart.

"Ce qui est fait à Mediapart prépare d'autres mauvais coups de même nature contre d'autres médias ou d'autres formations politiques", avait-il écrit lundi sur son blog, en estimant que "la Macronie est devenue dangereuse pour la liberté".

Les députés communistes ont "condamné solennellement" mardi la tentative de perquisition au siège de Mediapart, l'un de leur porte-parole Sébastien Jumel dénonçant au cours d'une conférence de presse une "atteinte inquiétante" à la liberté de la presse et rappelant la nécessité de "sanctuariser le secret des sources".

Yannick Jadot, tête de liste EELV, avait aussi défendu lundi "la protection des sources" des journalistes, et le premier secrétaire du PS Olivier Faure considéré que "la violation de ce principe est une entame grave à la liberté de la presse et à son indépendance".

"L'ingérence du pouvoir dans le travail de Mediapart est une nouvelle dérive autoritaire", s'est inquiété le chef de file de Générations Benoît Hamon.

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