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En Corse, Macron ferme face aux nationalistes qui déplorent "une occasion manquée"

| AFP | 1315 | Aucun vote sur cette news
Le président Emmanuel Macron, le 7 février 2018 à Bastia, en Corse
Le président Emmanuel Macron, le 7 février 2018 à Bastia, en Corse ( Hamilton DE OLIVEIRA / POOL/AFP )

Emmanuel Macron a affiché sa fermeté mercredi face aux nationalistes au pouvoir en Corse, qui ont qualifié "d'occasion manquée" la première visite du président français sur l'île méditerranéenne.

Lors d'un discours très attendu à Bastia, le chef de l'Etat s'est bien déclaré "favorable à ce que la Corse soit mentionnée dans la Constitution" française, ce qui serait "une manière de reconnaître son identité et de l'ancrer dans la République".

Mais le président a aussi rejeté sans équivoque deux des principales revendications des nationalistes: le statut de résident et la co-officialité de la langue corse.

Les deux dirigeants insulaires ont aussitôt dénoncé un discours "très en deçà des attentes et des enjeux".

Symbolisant les crispations, plusieurs élus corses ont aussi critiqué l'absence du drapeau corse à la tête de Maure, omniprésent sur l'île, aux côtés de ceux de la France et de l'Europe lors du discours.

"Nous considérons que c'est une occasion manquée", a déclaré l'autonomiste Gilles Simeoni, le président de l'exécutif de la collectivité territoriale.

Son allié indépendantiste Jean-Guy Talamoni, président de l'Assemblée de Corse, s'est même dit "consterné par le niveau des réponses qui sont données". "C'est un soir triste pour la Corse", a-t-il déploré.

Le président Emmanuel Macron (g) échange quelques mots avec Gilles Simeoni (2e d), président de l'exécutif de la collectivité territoriale, Michel Castellani (c), président de l'Assemblée de Corse, et Jean-Guy Talamoni (d), le 7 février 2018 à Bastia
Le président Emmanuel Macron (g) échange quelques mots avec Gilles Simeoni (2e d), président de l'exécutif de la collectivité territoriale, Michel Castellani (c), président de l'Assemblée de Corse, et Jean-Guy Talamoni (d), le 7 février 2018 à Bastia ( Hamilton DE OLIVEIRA / POOL/AFP )

Les dirigeants corses ne demandent pas l'indépendance de l'île mais un "véritable statut d'autonomie". Ils réclament un statut fiscal et social spécial, la co-officialité de la langue corse, le rapprochement et l'amnistie des prisonniers corses qu'ils disent "politiques" et détenus en France continentale.

- "Vents mauvais" -

Plus tôt, les élus nationalistes avaient déjà montré leur dépit en refusant de s'asseoir à table avec le chef de l'Etat pour un "déjeuner républicain" à Bastia. Ils lui ont reproché "la teneur assez violente" des propos tenus la veille à Ajaccio au cours de l'hommage rendu au préfet Claude Erignac, vingt ans jour pour jour après son assassinat par un militant indépendantiste.

Emmanuel Macron avait notamment exclu toute amnistie pour les prisonniers car ils ont été condamnés pour des faits de terrorisme.

La Corse, île de quelque 330.000 habitants, a été pendant des décennies le théâtre de violences avec plus de 4.500 attentats - provoquant très majoritairement des dégâts matériels - en grande partie revendiqués par le Front de libération nationale de la Corse (FLNC). La violence a culminé il y a vingt ans avec l'assassinat de Claude Erignac, premier préfet tué en France depuis la Seconde Guerre mondiale.

Le nationalisme corse a tourné en 2014 la page de la clandestinité et des attentats, avant de triompher dans les urnes, en obtenant une majorité absolue aux élections territoriales en décembre.

Avant la visite de deux jours de M. Macron, les dirigeants nationalistes avaient multiplié les appels au président à engager un "dialogue sans tabou" pour donner à l'île encore plus d'autonomie.

Mais Emmanuel Macron a surtout fait preuve de fermeté. "Etre Corse supposerait d'être contre la République ? Ce n'est pas ça l'identité corse", a-t-il déclaré mercredi. Avant d'avertir: "ceux qui veulent dissocier la Corse de la République se trompent et font souffler des vents mauvais".

Concernant la langue corse, Emmanuel Macron a affirmé que, "dans la République, il y a une langue officielle, le français", tout en souhaitant que "le bilinguisme" soit "pleinement reconnu".

Quant au statut de résident que les nationalistes réclament pour donner priorité aux insulaires dans l'accès au logement, il estime qu'il n'est "pas la bonne réponse" aux problèmes immobiliers de l'île.

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