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Devin Nunes, le républicain défendant Trump contre le FBI

| AFP | 186 | Aucun vote sur cette news
Devin Nunes, président de la commission du Renseignement de la Chambre des représentants, à Washington, le 25 juillet 2017
Devin Nunes, président de la commission du Renseignement de la Chambre des représentants, à Washington, le 25 juillet 2017 ( Brendan Smialowski / AFP/Archives )

C'est un élu qu'un de ses collègues républicains a autrefois comparé à l'inspecteur Clouseau, ce personnage de policier français gaffeur de la "Panthère rose": Devin Nunes, président de la commission du Renseignement de la Chambre des représentants, par qui le dernier scandale politique de Washington arrive.

Fort de son poste à la commission, cet allié indéfectible du président Donald Trump a fait rédiger une note, pour l'instant confidentielle, détaillant ce que certains républicains qualifient d'abus de pouvoir du FBI et du département de la Justice, accusés d'avoir mis sur écoute un membre de l'équipe de campagne Trump durant la campagne présidentielle pour des raisons partisanes. Ce "mémo Nunes" devrait être rendu public dans les prochains jours, après le feu vert attendu du président lui-même.

Cette initiative de Devin Nunes, 44 ans, fait revenir à la une ce parlementaire déjà empêtré dans une polémique en mars dernier. Il avait alors été accusé d'utiliser ses pouvoirs de président de commission, ayant accès aux informations les plus sensibles du monde du renseignement, pour défendre Donald Trump qui affirmait alors que Barack Obama avait placé son équipe sur écoute.

Non seulement les démocrates mais aussi certains républicains l'avaient vivement critiqué. "Il s'est mis dans le pétrin tout seul en lançant une enquête comme l'inspecteur Clouseau", avait ironisé le sénateur républicain Lindsey Graham, en citant le détective empoté synonyme d'incompétence aux Etats-Unis.

Ce père de trois enfants n'a pas toujours appartenu à l'aile trumpiste du parti républicain. Elu en 2002 dans une circonscription du sud de la Californie, il ne sort du lot qu'à partir de 2013, quand il est remercié de sa capacité à lever des fonds pour le parti républicain par une place prestigieuse au sein de la commission du Renseignement.

Il dénonce à l'époque l'intransigeance extrémiste de ses collègues du Tea Party, les comparant à des "lemmings kamikazes".

Consécration, il est nommé fin 2014 à la présidence de cette commission, qui d'après la tradition américaine entretient une atmosphère collégiale et non partisane entre la majorité et l'opposition, contrairement au reste du Congrès.

Tout change en 2016 avec l'élection de Donald Trump à la Maison Blanche. Devin Nunes rejoint l'équipe de transition présidentielle, et quand sa commission est sous pression pour lancer une enquête sur une éventuelle collusion entre l'équipe Trump et la Russie, il rechigne mais cède. L'incident de mars 2017 signe la rupture avec les démocrates de sa commission, et il est forcé de se récuser dans l'enquête russe.

Il persiste pourtant à s'intéresser à la partialité supposée du FBI contre Donald Trump.

"J'ai toujours dit que le président de la commission du Renseignement, M. Nunes, était un agent de la Maison Blanche au lieu d'être un enquêteur indépendant", a dit cette semaine un membre démocrate de la commission, Mike Quigley.

Les défenseurs du 45e président américain le considèrent à l'inverse comme un héros. La publication de la note marquera sa "réhabilitation", a assuré au New York Times le républicain Matt Gaetz.

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