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Détournements de fonds: 3 ans ferme requis en appel contre l'ex-député Paul Giacobbi

| AFP | 429 | 5 par 1 internautes
Paul Giacobbi le 1er décembre 2016 dans la salle du tribunal de Bastia lors de son premier procès
Paul Giacobbi le 1er décembre 2016 dans la salle du tribunal de Bastia lors de son premier procès ( PASCAL POCHARD-CASABIANCA / AFP/Archives )

Fustigeant "une atteinte à la démocratie" et une "trahison de la population", l'avocate générale a requis jeudi 3 ans de prison ferme, 100.000 euros d'amende et 5 ans d'inéligibilité contre l'ex-député DVG Paul Giacobbi, jugé en appel à Bastia pour détournement de fonds publics.

Les réquisitions de Clémence Caron correspondent exactement à la peine qu'avait infligée à Paul Giacobbi le tribunal correctionnel de Bastia en janvier 2017 dans cette affaire dite des gîtes ruraux.

Réclamant une peine à la "hauteur de l’atteinte à la démocratie" et "à la hauteur du sentiment de trahison de la population", l'avocate générale a estimé dans son réquisitoire que M. Giacobbi, 60 ans, était "à la tête de tout" et le "commanditaire" du système mis en place au conseil général de Haute-Corse, qu'il présidait de 1998 à 2010.

En première instance, les juges avaient reconnu M. Giacobbi responsable du détournement de 480.000 euros de subventions, censées être accordées à des propriétaires de gîtes ruraux, pour promouvoir le développement du tourisme insulaire, mais qui avaient en fait été détournées pour entretenir un système clientéliste. 22 autres prévenus, membres de l'administration et qui avaient joué un rôle dans l'attribution des subventions ou bénéficiaires, avaient été condamnés en première instance.

Outre M. Giacobbi, cinq sont rejugés en appel, et des peines allant d'un an de prison avec sursis à trois ans de prison dont deux avec sursis ont été requises contre eux, accompagnées pour certains d'amendes allant jusqu'à 12.000 euros, de peines d'inéligibilité ou de peines d'interdiction d'exercer dans la fonction publique.

Devant la cour d'appel, l'ancien homme fort de Haute-Corse, député de 2002 à 2017, a reconnu mercredi qu'il y avait eu "fraude" et "détournement d'argent public" dans cette affaire mais il a incriminé ses conseillers qu'il a accusé de l'avoir "trahi".

Cette accusation directe à l'encontre de ses conseillers - un changement de stratégie de défense par rapport au procès en première instance - vise Jean Leccia, assassiné en mars 2014, Dominique Domarchi, assassiné en mars 2011, et Augustin dit "Mimi" Viola qui avait été placé sous statut de témoin assisté dans cette affaire mais n’a pas été renvoyé devant les tribunaux.

Pour l'avocate générale, M. Leccia, dont la "loyauté" était louée, a été "tué une deuxième fois" par les déclarations et insinuations prononcées lors du procès en appel.

Après sa condamnation en première instance M. Giacobbi avait dénoncé, par la voix de son avocat, un "assassinat politique". En juin 2017, il ne s'était pas représenté aux élections législatives, après avoir été l'un des premiers à soutenir Emmanuel Macron dans l'île.

Il a depuis été mis en examen en juin 2017 dans un autre dossier de détournement de fonds, cette fois autour d'emplois présumés fictifs qu'il aurait validés, ainsi que de "dépenses somptuaires injustifiées", selon le parquet. Les faits remonteraient à l'époque où Paul Giacobbi dirigeait l'exécutif corse, entre mars 2010 et décembre 2015, avant l'élection des nationalistes à la tête de la collectivité territoriale.

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